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Jurassic World : la licence qu’on n'aurait jamais dû ressusciter

Jurassic World : la licence qu’on n'aurait jamais dû ressusciter
**Attention, légers « spoilers » dans cet article (même si bon, vous risquez de n’être surpris par aucune scène du film vu qu’un stagiaire de 3ème s’est certainement chargé d’écrire le scenario)**

Voici mes réactions à chaud, 15 min après la sortie de Jurassic World, que je n’aurais sans doute pas vu jusqu’à la fin si je n’avais pas eu un tant soit peu de conscience professionnelle (et puis de toute façon, mes réactions à froid auraient probablement été pires).

Jurassic World est tout simplement le plus mauvais blockbuster (vous noterez les efforts effectués pour vous convaincre : gras, souligné, en couleur) que j’ai eu la malchance de regarder au cours de ces 10 dernières années .

Combien de temps dure le film ?
2H10.
Ben voilà, vous savez qu’en allant le voir, vous allez perdre 2h10 de votre vie. Vous êtes prévenus.

Commençons par le scénario. Non en fait on finira avec ça puisque c’est ce qu’il y a de plus mauvais dans le film.

Commençons donc avec les acteurs.

Les acteurs

Je ne suis pas particulièrement fan de Chris Pratt. En fait, je me demande juste ce que les gens lui trouvent mais passons. Comparativement aux autres acteurs, il s’avère qu’il passe plutôt bien à l’écran et que son personnage est finalement le seul qui ait l’air d’avoir sa place dans ce film.

Vient ensuite Bryce Dallas Howard, qui interprète (j’ose à peine prononcer ce mot) le rôle de Claire Dearing, la « manager des opérations » du parc. Elle versera des larmes à deux reprises dans ce film. Deux fois de trop. Elle incarne le personnage froid et glacial qui traite les gens et les dinosaures de la même façon : avec beaucoup de distance, jusqu’au moment où elle finit par tomber sur un dinosaure agonisant et là… Ho my god  ! Comment avez-vous deviné ? Elle deviendra soudainement plus gentille avec les nenfants parce qu’elle a compris que les gens étaient réels ! Wahou.

On a ensuite les deux gosses Nick Robinson et Ty Simpkins qui ne jouent pas trop mal, mais qui ont la malchance d’interpréter des personnages vides, en place des deux frangins dont les parents divorcent et qui se rendent à Jurassic World retrouver leur “affectueuse” tante. Ils sont en charge, au cours du film, de permettre aux plus petits spectateurs de s’identifier à eux et surtout de mettre des bâtons dans les roues des adultes. C’est à peu près tout.

Je passerai largement sur les rôles secondaires qui n’apportent pas grand chose et terminent tous dans la gueule d’un Dino à un moment ou un autre, à l’exception notable de notre frenchie bien aimé Omar Sy qui ne brille ni par son jeu, ni par son personnage. Je lui souhaite d’avoir encaissé un bon gros paquet de fric.

Bref, le traitement des personnages est ultra classique et en plus, beaucoup de choses mises en place mais qui ne sont pas suivies jusqu’au bout (le divorce des parents par exemple).

La musique

C’est finalement ce qu’il y a de moins pire dans ce film, uniquement parce qu’on retrouve le thème principal composé par John Williams. Mais en dehors de celle-ci, tout le reste n’est que remplissage.

Allez, je vous la mets parce qu’elle est exceptionnelle mais elle ne sauve pas ce dernier film.

Les effets spéciaux

Force est de constater que les effets du Jurassic Park original valent toujours mieux que les animations 3d qu’on nous sert dans cette suite. Rien que la première entrée des Raptors est foirée. C’est dire.

Il y a quand même quelques scènes assez jolies, genre celle du grand bassin, que vous avez tous vue dans la bande annonce. Heu… en fait, j’en vois pas d’autres. Allez si, j’ai quand même apprécié le fait de voir un joli parc d’attraction dans une jungle.

Mais c’est finalement ce qui m’attriste le plus dans ce film : que le scénario soit à chier, je peux le concevoir. Ce n’est pas le premier nanard qui s’aventure sur les traces des dinosaures. Mais en plus, que pour une telle licence, beaucoup d’effets spéciaux soient si mal réalisés, que les dinosaures soient parfois si mal animés, je ne peux l’accepter. C’est une HONTE.

Jurassic World : la licence qu’on n'aurait jamais dû ressusciter #2

Finalement, le seul truc potable du film. Vous avez vu ça, vous avez vu le plus intéressant.

Le scénario, enfin.

Pour être très franc, il n’y a rien à sauver. Que ce soit la réalité scientifique balayée comme un château de cartes (il y en a eu des découvertes, pourtant, depuis 1993, je vous le lien en bas vers un article qui explique quelques uns de ces points mais je vous rassure, il y en a d’autres), les vides scénaristiques sans cohérence, sans logique, sans intérêt, les retournements de situation totalement invraisemblables et improbables, les clichés bidons à foison, l’absence totale de suspens (aucune surprise, aucun frissons, pas même dans la réalisation), une volonté d’insérer des « émotions » et des “histoires d’amour” et de l’humour médiocre forcé à la batte de baseball… Je ne parlerai même pas des scènes reprises du premier, ou des clins d’œil de mauvais goût à Jurassic Park.

Quelques palmes d’or des scènes les plus affligeantes du cinéma :

l’héroïne se tape tout le film en talons aiguille

la mort du méchant dinosaure à la fin (je ne spoilerai pas là-dessus mais tout le monde a ri dans la salle tellement c’était mauvais alors que ça devrait être super intense)

la pseudo histoire d’amour entre les deux acteurs principaux qu’on voit venir et n’apporte strictement rien

la voiture, abandonnée il y a plus de 20 ans, qui est réparée par des gamins en moins de 10 minutes

la milice privée d’InGen qui prend des décisions ridicules pour justifier des bains de sang

un Dinosaure génétiquement modifié plus grand, plus fort, pour mieux faire peur… et avec des superpouvoirs… mouais…

le Dinosaure de 10 tonnes qui disparait sans laisser de traces dans son enclos

le domptage de Raptors, qui m’avait laissé perplexe dans la bande annonce, qui est à la hauteur de la niaiserie attendue (heureusement, c’est court)

la volonté de justifier la création du nouveau dinosaure par un plan marketing bidon

où sont passés les dinosaures en liberté des précédents opus ?

Jurassic World : la licence qu’on n'aurait jamais dû ressusciter #3

Lui, il va prendre cher. Un peu comme le prix du billet pour un tel film.
Franchement, chaque scène est plus mauvaise que la précédente. Vaut mieux que je m’arrête là car le film entier est une insulte à l’intelligence des spectateurs. Mais du coup, vous apprécierez peut-être si vous ne cherchez qu’un film sans fond, avec des dinos qui se tapent dessus ou dévorent les gens (mais pour beaucoup c’est visiblement suffisant). Mais ce n’est certainement pas du Jurassic Park.

Pour conclure, je vous encourage à NE PAS aller voir ce film. Vraiment. C’est une bouse, un film de série Z avec juste un gros budget. Sans intérêt. Il n’y a RIEN, en dehors de la présence des dinos, qui ne soit pas une insulte à la magie et l’intelligence du premier. Je ne comprends pas les gens qui en parlent positivement ou qui trouvent qu’il a gardé l’esprit du premier (un peu comme Sharknado a gardé l’esprit des Dents de la Mer sans doute).

Vous me remercierez d’avoir dépensé votre argent dans un truc plus utile. Par exemple, dans l’achat du DVD du film original, sans comparaison avec cette bouse de reptile.

Je vous remets pas la bande annonce, je pense que c’est inutile.

Lien vers un article sur certaines erreurs du film (mais je vous rassure, pour quiconque s’intéresse de près ou de loin aux dinosaures, le film n’est qu’une suite d’erreurs, comme par exemple le T-Rex qui parvient à se relever) : Sciences et avenir

Jurassic World : la licence qu’on n'aurait jamais dû ressusciter #5