Blue Ruin : la couleur de la vengeance

Blue Ruin : la couleur de la vengeanceLa couleur bleu ça évoque quoi pour vous ? La mer, la salle de bain de mémé Jacqueline, le rêve, la fraîcheur ou encore l’équipe de foot de notre beau pays hexagonal ? Ah mes humbles amis, vous n’y êtes pas du tout ! Le bleu c’est la couleur de la VENGEANCE !

Synopsis : Dwight Evans est un mystérieux vagabond dont la vie, en marge de la société, va se retrouver bouleversée par la libération d’un meurtrier. Il va alors être entrainé dans une spirale de violence dont personne ne sortira indemne.

Je vais être honnête avec vous, mais un pitch comme ça tout de suite j’achète ! Mais en dehors de mon amour pour les thrillers (un peu) violents, Blue Ruin a tout de même une particularité fort intéressante : il a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2013 et qui a remporté le prix de la Critique Internationale (le prix FIPRESCI). En règle général je ne cautionne pas ce genre d’évènement que je trouve barbant au possible et ultra conventionné mais en me renseignant sur Blue Ruin, puis en allant le voir je me suis dit une chose : “pourquoi n’y a-t-il pas plus de films comme ça au cinéma ?”

À l’exacte opposé de Kill Bill qui, certes, était un film sur la vengeance et les liens familiaux, Blue Ruin est un film indé qui va jusqu’au bout de ses propositions en offrant une esthétique simple et ravageuse. L’omniprésence de la couleur bleu s’imprègne dans notre esprit, si bien qu’il est impossible de la dissocier du personnage principal, Dwight.

Fait de bric et de broc, le réalisateur a usé d’ingéniosité et de ses relations (papa, maman, l’ami de la famille depuis 20 ans etc) pour faire un film touchant, juste, drôle et sombre à la fois. Son Dwight Evans est d’ailleurs incarné par son meilleur ami à la ville : Macon Blair. J’ai eu un véritable coup de coeur pour cet acteur qui a un jeu parfaitement sobre et juste. Il dégage une force et une fragilité absolument saisissante et sa transformation physique au cours du film souligne cet aura très particulière que dégage Macon Blair. Il est monsieur tout le monde qui incarne un assassin au grand coeur. Étrange non ?

Blue Ruin : la couleur de la vengeance #2

Blue Ruin aura de quoi vous déstabiliser car toute sa première partie est assez lente, presque contemplative. On prend le temps de s’immerger dans le quotidien de ce vagabond, invisible aux yeux de la société, qui survit comme il peut en vivant dans sa vieille voiture…bleue évidemment. Et puis au fur et à mesure que la colère de Dwight se construit, le récit connaît une accélération et une utilisation de la violence parcimonieuse et 100% efficaces car elles ne sont jamais gratuites. Jeremy Saulnier réussit à ne pas se perdre dans les méandres de l’histoire typique de vengeance et chaque scène est habitée par le personnage de Dwight Evans dont la décharge émotionnelle va crescendo et le rend à la fois proche de nous tout en restant un marginal.

Il y a un peu de tout dans Blue Ruin sans que ça soit le chaos. Chaque chose est à sa place et l’intrigue prend le temps de se développer à chaque instants. La lumière se fait peu à peu, jusqu’à un final inattendu.

En conclusion je dirais que Blue Ruin est un film indé de genre comme on en voit rarement sur grand écran et si le film souffre de quelques longueurs, celles-ci sont toutefois justifiées et l’interprétation de Macon Blair, qui porte le film sur ses épaules, est tout simplement intense ! Il y a plusieurs niveaux de lectures à ce film et j’ai hâte que vous veniez m’en parler 😉

Blue Ruin réalisé par Jeremy Saulnier. Thriller. Durée 1h30

Sortie Prévue le 9 Juillet 2014

Blue Ruin : la couleur de la vengeance #3