9 mois ferme

9 mois ferme

J’ai eu la chance d’assister, en compagnie de ma dulcinée, à une projection privée du prochain film d’Albert Dupontel, 9 Mois Ferme, petite comédie légère et touchante écrite et réalisée par l’acteur lui-même. On y retrouve également Sandrine Kiberlain en tant qu’héroïne du film.

Dans cette comédie, Albert Dupontel a cherché à réunir deux personnages issus des deux facettes d’un même milieu : le milieu carcéral. On y trouve donc un cambrioleur notoire ainsi qu’une juge rigide et consciencieuse embarqués tous deux dans un imbroglio qui va leur faire vivre des moments difficiles et les obliger à s’allier. L’un est accusé d’un horrible acte barbare (globophagie, c’est-à-dire manger les yeux de ses victimes) tandis que l’autre se retrouve enceinte du premier sans garder aucun souvenir de la conception.

9 mois ferme #2

Pas de panique, ce criminel à l’allure redoutable cache en fait un coeur naïf et tendre.

  • Mon point de vue sur le film

Je dois avouer d’emblée que c’est typiquement le genre de film que je ne vais jamais voir au cinéma. Les places sont devenues si chères que mes choix de film sont souvent très restreints et exigeants. J’attends donc généralement la sortie DVD. Mais ce film part avec un avantage certain, celui d’avoir Albert Dupontel dans le rôle principal et j’avoue avoir toujours été très sensible à son humour et son charisme. D’un autre côté, je n’ai jamais vu aucun de ses anciens films. Je suis donc vraiment curieux lorsque le film se lance.

Le film dure 1h20, ce qui est relativement court quand on compare avec des blockbusters actuels, mais Albert Dupontel l’affirme lui-même : ce film n’a pas pour but d’en être un. Et c’est très bien. Car l’heure vingt de ce film suffit largement à planter le décor et à nous permettre de nous attacher aux deux héros. Même les personnages secondaires, au début un peu stéréotypés, s’avèrent être finalement très intéressants, voire positivement surprenants.

Toute une bonne partie du film se déroule en huis clos (dans l’appartement de l’héroïne, dans lequel elle se retrouve séquestrée). Il n’y a donc ni effets spéciaux, ni cascades à gros budget et clairement, le film vise à faire rire et à divertir avant tout. Pari réussi, monsieur Dupontel ! Les dialogues sont fins et savoureux, bien piquants parfois, les clins d’œil nombreux (on citera la présence de Jean Dujardin et Terry Gilliam comme guest stars), et le déroulement de l’histoire est plutôt direct, sans fioritures, mais efficace. Les rebondissements et la résolution de l’histoire, quoique parfois prévisibles, sont assez convaincants.

Enfin, j’aimerais saluer le travail de comédien d’Albert Dupontel qui a su rendre crédible et attachant un personnage caricatural et profondément stupide. Et puis bien sûr, Sandrine Kiberlain incarne parfaitement bien le rôle de vieille fille coincée.

En bref, je dirais que c’est un excellent film que vous devez aller voir si vous avez envie de rigoler un bon coup et si dépenser 12 € pour une place de ciné ne vous dérange pas. A voir et à revoir sans hésiter pour peu, cela s’entend, que vous soyez sensibles à ce genre d’humour déjanté.

  • Quelques anecdotes autour du film

Nous avons eu l’honneur de recevoir Albert Dupontel à la fin de la projection pour répondre à quelques questions. Voici quelques unes des anecdotes les plus croustillantes.

– Ce film était destiné à être tourné avec des acteurs internationaux, notamment Emma Thompson, et le script fut envoyé notamment à Ewan McGregor, qui n’était pas intéressé par le scenario

–  L’élaboration du scenario a pris 18 mois, c’est le scenario qui a nécessité le plus de temps d’écriture à Albert Dupontel

– C’est le documentaire 10e chambre – Instants d’audience de Raymond Depardon qui a inspiré le thème du film

– La juge qui préside le procès à la fin du film est réellement juge dans la vie

– Le tournage a eu lieu en grande partie dans un entrepôt désaffecté, mais quelques scènes se déroulent véritablement dans le Palais de Justice de Paris

N’oubliez pas d’aller jeter un œil à la bande-annonce du film :


9 mois ferme

Kello

  • 9 mois ferme #3