Zelda Breath of the Wild – Nintendo Switch / 2017

Zelda Breath of the Wild – Nintendo Switch / 2017

Vous m’aviez oublié ? C’est normal ! Me voilà de retour après pas mal de taf en espérant redevenir régulier. Mais bref, je ne suis pas là pour raconter ma vie !

Un beau jour, alors que la vie suivait son cours insolent, un gars qui n’avait a priori rien demandé à personne se réveil dans ce qui pourrait passer pour une baignoire.

Egaré, et accessoirement amnésique, il reprend ses esprits comme il peut avec la ferme intention de chercher qui il est.

Si tu pensais avoir un pitch sur le Dark City d’Alex Proyas en lisant ces lignes, prépare-toi à être dessus car il sera ici question de Breath of the wild.

Apparut en 1986, Zelda a traversé les années pour s’inscrire dans l’ADN de Nintendo et vampiriser nos économies chèrement amassées. D’ailleurs, hormis le Virtual Boy, a-t-on vu une
seule console Nintendo sans Zelda ? Même le Satellaview a eu son épisode…épisodique ! Et je ne parle même pas des purges sortis sur CDI qui valent aujourd’hui plus chère que la plupart de nos misérables vies. Mais bref, nous ne sommes pas là pour faire une
bio que tout le monde connaît, mais pour parler d’un jeu que tout le monde…connaît !

De quoi ça parle ?

Breath of the Wild c’est l’histoire d’un Link qui se réveille dans une grotte. Et comme son but est d’être une coquille vide, qui plus est aphone, on nous l’a rendu bien amnésique
comme il faut. Il découvre qu’il est resté en état végétatif pendant une centaine d’années avant d’être finalement réveillé par une douce voix. Et non, il ne s’agit pas de Navi qui le tire d’un profond sommeil par un énervant « hey listen ! » mais bien de
la princesse Zelda qui le tire de là pour lui rappeler que s’il veut s’attirer ses faveurs, notre elfique héros doit éliminer Ganon, aussi appelé « Le Fléau », et restaurer la paix dans le royaume. Si cette phrase était on ne peut plus longue, c’est parce
que le jeu l’est aussi. Tout un programme. Ben je sais pas vous, mais moi je préfère encore apporter le p’tit dej au lit à ma femme.

Dépoussiérer la formule…

Bientôt 36 ans et 19 jeux (sans compter Ancient Stone Tablets et les 2 jeux CDI) que Link s’emploie à faire le ménage en Hyrule comme une vraie soubrette mais en moins sexy. Autant
dire que, même si chaque jeu apporte sa patte, la formule commençait sévèrement à tourner en rond et j’ai finis par me lasser de la licence. Il m’aura fallu 4 ans, soit l’équivalent d’un poste complet à la SG, pour me motiver à toucher à ce que tout le monde
appelait le graal. Moi qui n’attendais que ça pour casser le jeu, c’est plutôt l’inverse qui s’est produit.

Car Breath of the wild n’est pas qu’un jeu, c’est une vision du jeu.

La tentation de l’open world n’est pas une idée nouvelle chez Zelda. Depuis 1998 et la claque Ocarina of Time, la série lorgnait sévère sur un univers offrant plus ou moins de liberté,
du moins pour ses épisodes 3D. Puis Skyrim et la virilité de Géralt de Riv dans The Witcher III ont bouleversés les codes connus jusque-là.

D’abord envisagé sur une Wii U moribonde en 2015, paix à ton âme petit ange, Nintendo se penche enfin sur un désire de qualité et envisage un report pour perfectionner le jeu. Et
comme dirait Jean-Jacques : Bonne idée !

Breath of the wild sortira finalement comme un coup de boule massif en 2017 sur SWITCH. Bienvenue dans l’open world : le vrai !

…et faire du neuf avec du vieux C’est là que Nintendo frappe
un grand coup. Oui je viens de le dire mais je m’en fiche.

Commençons par l’approche.

Que vous soyez un noob en puissance sur l’univers d’Hyrule ou pro Zelda. Que vous soyez hardcore ou le pire casual gamer : Breath of the wild s’adresse à vous ! Comment diable ont-ils
réussi ce prodige ? Simple : en nous proposant de jouer dans un bac à sable de 360 KM² Basique : sans aucune lourdeur de gameplay ni fioriture.

Dès les premières minutes le ton est donné. Le jeu est un modèle de lisibilité et on s’émerveille devant l’insolente étendu qui se dévoile à nos petits yeux. On commence à se promener.
Une découverte en amenant une autre, puis une autre, et encore une…Votre attention est constamment sollicitée par les détails qui fourmillent sur la map. Et si ce genre de mécanisme peut vite devenir gonflant dans la plupart des jeux

#gonflageartificieldedureedevie, hé bien dans Breath of the wild ce système passe crème. Pourquoi ? Parce que la quête passe justement par la découverte.

Le jeu vous invite d’ailleurs à prendre de la hauteur pour dévêtir timidement sa map par zone dès que vous aurez conquis une des tours d’observation. Vous pourrez alors scruter les
alentours sur un large périmètre. Vous pourrez ensuite partir lutter contre ces indomptables lynel, courir comme un dératé après les korugo ou, pour ceux qui aiment les plaisirs simples, expérimenter toute sorte de compositions culinaires.

Et pas besoin d’attendre d’interminables heures pour ça. Vous pouvez tout faire (ou presque) dès le début du jeu. Mais attention bande de fainéants ! Tout faire ne signifie pas que
vous pouvez tout explorer. Il vous faudra gagner des points d’endurance pour grimper les plus hauts sommets ou pour nager plus longtemps. Le jeu récompense l’effort et la curiosité, mais sans jamais vous bloquer. Il y a toujours quelque chose à faire dans
Breath of the wild : exploration, crafting, collecting…pour revenir à la quête principale quand vous trouvez bon de le faire.

C’est simple : il n’y a rien d’inutile, ni d’utile dans ce jeu. C’est toi, le joueur, qui décide de ce qui va t’être utile/inutile. Ca vous la coupe hein !

Et la prise en main ? Immédiate !

Ici, pas de tutoriels lourdingues comme nous pouvons en avoir dans des jeux comme Xenoblade, Ni no Kuni ou encore les Witcher. Oubliez tout le le blabla que le RPG vous fait subir.
Dans Breath of the Wild, vous faites ce que vous voulez, comme vous voulez et quand vous voulez ! Comme un ffronté de gamin qui aurait carte blanche dans une immense piscine à bulle. C’est le paradis. En effet, tout le sel de l’exploration se fait sur l’apprentissage.
Un endroit vous semble inaccessible ? Vous chercherez à contourner le problème en cherchant un autre chemin, qui vous mènera à de nouvelles surprises !

Nintendo a parfaitement réussi le pari de digérer sa saga pour échafauder une proposition qui puise son inspiration chez les confrères pour gagner en richesse.

Jouer à Breath of the wild c’est la promesse de vous tenir de longues heures tout en étant calibré pour le casual.

L’espace que prend votre travail et votre famille dans votre vie ne vous permet pas de jouer plus de 20 minutes ? Vous y trouverez votre compte. Vous n’avez pas d’amis et vous vous
réfugiez 20 heures par jours dans ce monde utopique dont vous êtes le héros ? Vous y trouverez votre compte.

Ne vous laissez pas berner par ces étendus qui paraissent vides au premier abord. Vous serez surpris des richesses que chaque mètre carré contient…Et qui peut changer en fonction
de la météo ! Tout comme Mario Galaxy, le dernier né des Zelda a de quoi étancher votre soif en proposant une abondance d’activités. Même en ne voulant rien faire, vous faites quelque chose.

Mais alors, cela voudrait-il dire que nous ne sommes pas face à un Zelda ?

Détrompez-vous. Si la licence s’ouvre au plus grand nombre, Hyrule et son lore sont bien présents et les bases respectées. Le but est de prendre possession d’une coquille vide, Link,
pour aller poutrer un scélérat au physique ingrat, Ganon, qui veut annexer le pays en le brûlant façon Poutine ; tout ça pour récolter un simple « merci » d’une bougresse qui n’enverra même pas l’ombre d’un petit bisou. Entre deux, vous aurez tondu l’herbe
de toute la région, explosé des arbres avec des bombes et chahuté avec des poules. Oui, c’est bien un Zelda. Pour les newbies, exit les donjons sans dragons qu’on devait exécuter dans un ordre précis pour récupérer un artefact nous permettant d’avancer. C’est
fini ! La carte renferme 120 sanctuaires plus ou moins bien cachés, que l’on fait dans l’ordre qu’on veut. Encore faut-il vouloir les faire. A cela tu ajoutes 4 créatures divines devenues folles qu’il va falloir délivrer de l’emprise du mal si tu veux moins
en chier dans le combat final. Encore faut-il vouloir les faire.

Si vous ne l’avez pas encore compris, Zelda Breath of the wild c’est la liberté. Des flâneries dans un univers pastel qui ne sera pas sans rappeler la poésie d’un certain Okami.
Rentrez-vous ça dans votre p’tit crâne.

Un sans faute ?

Oui, mais en bon français que je suis je vais la ramener.

Si vous n’avez pas foiré votre adolescence, vous devez savoir comme moi que, quand on goutte à la liberté on finit par y prendre goût jusqu’à ne plus supporter la moindre règle.
Hé bien là c’est pareil. On nous offre un total divertissement sans limite. Alors quand on subit une mission guidée chez les Gérudos ou quand se tape les créatures divines, qui reprennent le concept de progression par paliers, oui je peste.

Et puis c’est quoi ces boss tous pétés ? En plus de pas avoir la tronche de l’année, leurs paterns ne va pas chercher bien loin. La mini quête des poules est plus épique. Et puis
la fin du jeu ben voilà quoi : tout ça pour ça. Un ending claqué au sol qui vous rappel que vous êtes dans un Zelda. Mais bon la musique est jolie.

Bref, pas grand-chose de négatif à mettre au tableau quand même.

Je salue le travail admirable qui a été fait sur les cut-scènes, qui ne sont pas légions mais disposent d’un doublage FR impliqué.

Quant à l’OST, elle est folle ! Elle brille par sa discrétion tout en contribuant à l’immersion plus que parfaite dans le monde hylien.

Au final, une fois fini le jeu laisse vraiment un grand vide derrière nous. Jamais, je dis bien jamais, je n’ai été surpris à ce point dans un jeu vidéo. Peut-être aussi parce que
je m’attendais à être déçu.

On frôle la perfection et le soft est un délice de rejouabilité.

JOUEZ Y !

Ma note : 19/20

S’abonner
Notification pour
guest
2 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Geekette
Geekette
2 juillet 2022 19:03

Alors je sais que je ne suis pas là seule, mais j’ai vraiment détesté ce jeu. Je suis certaine d’être passé à côté de quelque chose, mais je préfère les autres version de Zelda.

Je crois que je suis plus à l’aise dans une histoire guidé, où on te prend un peu par la main. Là j’étais totalement paumé et j’avais tout le temps l’impression de louper un truc. Tellement frustrant

jayer
Administrateur
jayer
3 juillet 2022 20:55
Répondre à  Geekette

Tu n’es pas la seule
les Zelda ont toujours été des puzzle game, éléments que l’on retrouve un peu dans les temples et 4 protecteurs
tout le monde n’aime pas les mondes ouverts