TEST SWITCH : Xenoblade Chronicles : Definitive Edition – 2020

10 ans ! Déjà 10 ans !

Non, il n’est pas question de la rétrospective de la carrière de Kev Adams, mais de la sortie de Xenoblade Chronicles sur Wii.

Arrivé en 2009 au pays du soleil levant avant de débarquer sur nos contrées, Xenoblade est la seconde réalisation de Monolith Soft sur la Wii, après l’excellent mais sous-estimé Disaster : day of crisis.

Suite au semi-échec des Xenosaga, Monolith récidive dans le domaine du RPG, cette fois en proposant un MMO titanesque tant au niveau de ses environnements que de son gameplay. Le pari est réussi et les critiques sont unanimes. Malheureusement, le jeu n’a pas su trouver son public et à peine plus de 800.000 unités s’écoulèrent dans les charts. Xenoblade Chronicles fait pourtant parti, avec Pandora’s Tower et The Last Story, des RPG/Aventure à posséder impérativement et qui justifient l’achat d’une Wii. ET OUI !

En 2015, Nintendo profite du lancement de sa New 3DS pour proposer un portage du jeu. Les ventes ne seront pas mauvaises, mais support oblige, des sacrifices ont dû être envisager pour faire tenir le monstre sur cartouche.

Finalement, le 4 septembre 2019, lors d’un Nintendo direct qui restera dans les mémoires, les internautes assistent à la surprise générale à la renaissance du hit sur Switch via un très joli trailer.

Et loin d’être un vulgaire come-back qui surf sur la juteuse, mais souvent paresseuse, vague des remasters, Monolith propose cette fois le jeu dans sa version finale…ou plutôt d’origine. Tel qu’il devait être sur Wii si l’équipe n’avait pas, pour des raisons techniques évidentes, été bridée. Pour des japonais, c’est moche.

Xenoblade Chronicles devient alors : Xenoblade Chronicles : Definitive Edition !

Ok, ok ! Mais le jeu là, il est bien ou pas ? Il a deux doigts d’être parfait. Mais voilà, ces deux doigts pèsent dans le game !

Mais déjà, Xenoblade Chronicles, c’est quoi ?

Dans un océan sans limites, Bionis et Mekonis, 2 titans aux dimensions planétaires se livrent un combat sans merci pour d’obscures raisons (sans doute un séjour à Mykonos qui a mal tourné, c’est mon avis). C’est bien connu, la patience n’est pas la vertu première de l’éternité et les 2 colosses finissent par se neutraliser mutuellement, plongeant par la même occasion dans un profond sommeil. Au fil du temps, la vie profite du retour au calme pour faire son apparition. Ainsi naquirent les Homz (et quelques autres races) sur le géant de pierre Bionis, et les Mékons sur le géant de métal Mékonis. Et comme il fallait s’y attendre, la guerre menée par ces dieux sera poursuivie par leurs progénitures. Et oui, ici on se déboîte de père en fils. C’est la tradition. Et on rigole pas avec la tradition !

Une fort belle cinématique nous présente ces événements avant de s’intéresser à la « Bataille de la Vallée de l’Epée ». Point culminant de l’affrontement entre Homz et Mékons, dont les Homz sortent victorieux grâce à un guerrier : Dunban et son épée Monado.

Un an après, nous voilà dans la peau de Shulk, jeune bricoleur de la Colonie 9 fasciné par les pouvoirs de Monado…
Bienvenue dans le monde enchanteur de Xenoblade !

Shulk, le jeune héros intrépide du jeu

Première chose à savoir, à moins de rusher comme un porc, ce que je vous déconseille, l’aventure s’annonce longue, voire très longue !
Comptez une cinquantaine d’heures si vous voulez en voir le bout rapidement. Il faudra en revanche lui consacrer une bonne centaine d’heures de votre temps (103 pour ma part) pour l’apprécier à sa juste valeur. Et évidemment beaucoup plus si vous visez le platine.

Et oui Jules Edouard ! La durée de vie proprement halllllucinante ! (Pour un stand alone hein ! )

C’est aussi une excuse pour solliciter votre patience. Car si les premiers pas dans ce monde immersif sont jouissifs (bim la rime ! ), ils sont également synonymes de looooongs tuto. Mais vraiment longs ! Préparez-vous à voir poper des fenêtres d’aides en tout genre sur les 3 premières heures. On s’y fait, mais cela casse le rythme du jeu pendant quelques temps.

Détail intéressant : il vous sera proposé de d’entamer l’aventure avec 100 000 Gold (la monnaie en vigueur sur Bionis) si vous avez joué à Xenoblade Chronicles 2. Une délicate attention qui vous permet de bien démarrer. Pour ceux qui n’ont pas eu cette chance : n’ayez crainte ! L’argent sera le dernier de vos soucis tant les golds coulent à flots.

Revenons au jeu. Mettons de côté les éléments liés au scénario afin de ne pas spoiler et concentrons-nous sur sa pastique. Votre quête vous offrira également le loisir d’explorer les moindres recoins de Bionis…TOUS ! Sachez aussi que le scénario est bien plus profond que ce que les premières heures laissent paraître.

Les environnements ne manquent pas de personnalités

Si sa surface n’est pas aussi monumentale que celle de Xenoblade Chronicles X sorti en 2015 sur WiiU, elle n’en reste pas moins parmi les plus mémorables du J-RPG.

Préparez-vous à manger des kilomètres et des kilomètres à pieds. D’autant que les développeurs ont réalisé un travail d’orfèvre pour vous donner la sensation d’évoluer sur un titan. Vous vous sentirez régulièrement dévoré par l’aspect monumental de certains environnements. Et attendez-vous à de vertigineuse ascensions…ou chute ! Mais que ceux qui auraient peur d’user leurs souliers se rassurent, un système de warp est rapidement mis à disposition. Vous pourrez alors vous déplacer aux divers points clés de chaque zone comme bon vous semble. Un soulagement lorsque l’on souhaite réaliser les innombrables, et souvent fastidieux, allers-retours nécessaires aux quêtes annexes.

Immense, et c’est rien de le dire ! Rien que sur Bionis, pas moins de 13 zones sont à explorer ! Et si leurs tailles diffèrent, elles sont toutes aussi vivantes que variées. On ne peut qu’être admiratif devant ce monde à la fois riche, et unique où pas moins de 450 créatures vous attendent, avec leur design et spécificité ! Sans oubliez les villes et campements qui ruissellent de vie à toute heure. Xenoblade se joue en temps réel et les éléments sont différents selon que vous évoluez sur la MAP de jour, ou de nuit. Cela concerne les locaux, qui ne seront actif qu’à certaines heures. Mais aussi les créatures qui ne sont pas les mêmes de jour comme de nuit. La météo joue également un rôle non négligeable car, en plus d’être un facteur immersif important (la pluie est de toute beauté), elle influe également sur vos rencontres. Cette information prend tout son sens si vous vous sentez l’âme d’un chasseur car il faudra rosser une tripoté de monstres uniques. Sorte de champions de leur catégorie, qui apparaissent de façon aléatoire, et selon des conditions climatiques spécifiques pour certains d’entre eux. Rien que leurs sobriqués, liés bien souvent au caractère de la bête est amusant. Vous croiserez ainsi la route de Barbatos le splendide, Daulton l’inébranlable ou encore le fameux Galgaron le fourbe. Tout un programme.

Votre voyage vous fera découvrir une multitude de lieux

Déjà impressionnant sur Wii, cette version de Xenoblade Chronicles rend enfin justice à sa fascinante direction artistique. Et même si certains lieux restent excessivement gourmands il y a peu d’aliasing à déplorer. Au pire, vous noterez parfois à une perte de framerate, mais aucune comparaison possible avec The Witcher sur le même support haha ! Quant aux ralentissements, ils sont inexistants. Même en version nomade la Switch assure en affichant un rendu quasi similaire à la version dockée. Je tiens aussi à souligner, et ce n’est pas anodin, que l’ensemble est soumis à une fluidité exemplaire et vous ne serez jamais irrité par les temps de chargement.

Idem pour la jouabilité. Les joycons, lorsqu’ils ne souffrent pas d’anomalie de drift, font le boulot. En revanche je vous conseille vivement de jouer sur manette pro. Le confort qu’offre le pad et son impressionnante autonomie décuplera votre plaisir de jeu.

On peut en revanche nourrir quelques regrets sur les sprites qui sous leurs traits liftés en HD accusent le poids des ans. Sans être désagréables, les animations sont datées et tout juste dignes de la PS2. Le design de chaque personnage, qui n’est pas sans rappeler celui de Vagrant Story, reste cependant convaincant et contribue en grande partie à leurs charismes.

En somme, excepté quelques défauts liés à un moteur vieillissant, cet épisode est une grande réussite à tout point de vue.

Le lifting de la version Switch permet d’apprécier le jeu à sa juste valeur

Vous voilà donc embarqué dans les 18 chapitres qui composent le titre. Et au plus je vous parle du jeu, au plus certains d’être vous ferons un lien avec FF XII. Et vous n’aurez pas tort car les 2 rpg partagent quelques points communs. A commencer par le déplacement sur la MAP. Car si le jeu prône la liberté, elle n’en reste pas moins artificielle. Du moins jusqu’au moment où vous serez en mesure de venir à bout d’une bonne partie du bestiaire. Vous comprendrez vite cela lorsque vous tenterez d’aller barboter dans ce bien bel étang sur la jambe de Bionis par exemple, et qu’il vous faudra venir à bout de quelques Ardons (la vache locale) à fort gros level venus s’y désaltérer. Fort heureusement, à chaque échec vous serez ramenez au dernier point de contrôle, c’est-à-dire généralement pas très loin. Nulle crainte à avoir si vous n’avez pas sauvegardé depuis longtemps.

L’autre point commun que partage Xenoblade avec son homologue de Square Enix tient dans sa gestion des combats en temps réel. En somme, vous ciblez un ennemi, et l’équipe se livre à des attaques automatiques. La gestion des dégâts se fait ensuite en fonction de votre position vis-à-vis du monstre. S’il est évident que frapper un adversaire de dos comme un gros lâche offre plus de dégâts, vous pourrez également déséquilibrer votre adversaire en l’estoquant de côté. De plus, il est possible de changer de stratégie en plein combat : attaque groupée sur un ennemi, tous derrière le héros (c’est très « cuir cuir moustache » comme ambiance), ou encore le combat libre où chacun fait ce qu’il veut. Si l’IA n’est pas à la ramasse, on sera parfois excédé par le mauvais esprit d’un allié qui la joue trop solo dans un moment critique. L’accent too much donné aux personnages qui gueulent leurs attaquent comme si on était dans un épisode de Jojo’s Bizarre Adventure est parfois pénible aussi. Et ce, qu’on joue dans la langue de Musashi ou de Shakespeare. Même combat si je puis dire ! D’ailleurs je souligne que la version anglaise est très convaincante et moins surjoué que la version japonaise.

La direction artistique est époustouflante

Ces légers désagréments n’enlèvent rien à l’intérêt des combats qui sont passionnants. Et ce, pour deux raisons.

Déjà pour leur dynamisme. Rythmés et nerveux, l’intérêt des combats est exacerbé grâce aux compétences, appelées ARTS, acquises au cour de l’aventure. Chaque personnage pourra posséder jusqu’à 15 techniques différentes à son meilleur niveau. In game, il est possible d’en équiper 8 par combattants. Autant dire que les possibilités sont folles ! Et ces ARTS sont loin d’être de simples gadgets. Bien utilisés, ils peuvent déclencher des combos meurtriers. Utile pour venir à bout de certains monstres récalcitrants. Comptez cependant quelques heures pour apprivoiser la gestion des combats, surtout si vous n’êtes pas coutumier des MMO. On peut également reprocher aux affrontements d’être trop centrées sur ces ARTS. Pour ainsi dire, nos yeux sont plus rivés sur la barre de commandes que sur le combat en lui-même. Mais rien de bien méchant. C’est un peu pareil que lorsque nous découvrions nos premiers John Woo par le biais de K7 HK Vidéo et les sous-titres qui mangeaient 1/3 de l’écran (pour ceux qui se souviennent de la VOSTF de The Killer). Au début c’est dérangeant, et ensuite c’est comme tout : on finit par s’y habituer sans problème.

Le second c’est Monado.

Monado. L’un des piliers du scénario enveloppé de mystères. Les seules certitudes dont vous disposez à son sujet et qu’elle est la seule arme capable de trancher les mékons comme des parts de quiche et confère le pouvoir de vision à son porteur. Un peu comme Laly dans les Mystères de l’amour, mais à plus court terme si vous voulez. Ainsi, lorsqu’un adversaire se prépare à vous lancer une attaque destructrice, l’écran se fige et vous assistez impuissant au destin funeste qui vous tend les bras. Vous disposez alors de 8 à 20 secondes, selon la puissance de l’assaut, pour faire mentir l’avenir. Ce pouvoir est un vrai plus stratégique et contribue à rendre chaque combat unique.

“Monado renferme bien des mystères…”

Univers, check.
Système de combat check.
Perso…Heu, pas tout à fait check. Ok j’y viens !

“…Tout comme certains personnages tel que Alvis”

Comme je l’écrivais plus haut, la troupe des 7 compagnons bénéficie d’un design ma foi aussi efficace que sympathique. Et si, hormis Dunban, les héros semblent bénéficier d’une écriture légère au premier abord, les quelques dizaines d’heures passées en leur compagnie ne tardera pas à épaissir leurs auras au fur et à mesure que les actes du scénario se dévoilent (enfin, c’est plus vrai pour certains que pour d’autres). Alors certes, on a déjà vu mieux dans Final Fantasy VI ou autres Xenogears. Mais bien que peu sophistiquée, cette petite troupe saura gagner votre empathie le moment venu, bien épaulée par pléthore de PNJ consistants et quelques coups de théâtre savamment orchestrés. Les cuts scènes, même si elles transpirent l’héroïsme nippon, ne manquent d’ailleurs pas de classe !

Mais alors, pourquoi suis-je mitigé ? N’est-ce pas un must have ?

Ho que si, MAIS !

Si la narration n’est pas inintéressante, elle reste somme toute classique. C’est moins l’histoire que les mécaniques du jeu qui nous aspirent.

Quant à la gestion de l’inventaire, elle est lourde…mais lourde ! S’il est complet, le menu n’est pas ergonomique du tout. C’est un peu comme aller au chinois à volonté. Notre assiette devient une cacophonie de mets plus ou moins identifiables, on ne sait plus où donner de la tête et à la fin notre estomac rend l’âme. Les plus audacieux, surtout les plus patients, s’éclateront à customiser le look les personnages et ne compteront pas leur temps en création de gemmes (système quelque peu similaire à celui des matérias de FF VII). Les autres, comme moi, s’acoquineront du minimum syndical.

L’inventaire est aussi complet que pénible

Mais bon, on ne passe pas sa vie dans l’inventaire. Et il apporte tout de même quelques menus sympathiques tel que l’option « Expert », qui permet de gérer la difficulté. Vous trouvez un passage trop simple ? Pas de problème : vous pouvez à tout moment baisser le niveau de vos personnages. De quoi charmer celui qui cherche le challenge. Cette action est bien entendu réversible.

Un peu de piment n’est pas de refus quand il est question de passer un temps monstre sur un jeu. Je ne sais pas si mes souvenirs me font défaut, mais le challenge me paraissait plus relevé sur Wii.

C’est devenu un standard depuis le milieu des années 90 : pas de grand RPG sans son lot de quêtes annexes plus ou moins pertinentes. Quid de Xenoblade ? Le titre de Monolith joue dans la cour des grands. 150 corvées pour le compte de Madame Michu vous attendent ! Sans compter les nombreux trophées à débloquer. Bémol : sur l’ensemble des quêtes proposées, moins de 10 servent le scénario, et encore je suis gentil. A savoir : l’une d’elle, anecdotique de prime abord, sert d’amorce au chapitre bonus du jeu.

Les combats sont dynamiques et nerveux

Mais dire qu’elles sont inintéressantes est un peu dur. Disons qu’elles finissent vite par devenir redondantes. Voyez-les plutôt comme une invitation au voyage. Un prétexte pour visiter les moindres recoins de Bionis et Mékonis. Et développer les liens d’affinités entre les personnages et les PNJ que vous serez amenés à croiser ?

Pour le prochain point, n’y voyez pas un défaut, mais de la frustration. Je ne peux m’empêcher de porter quelques regrets sur les mékas, chers à la série des Xenos. Ils ont la classe, un design impeccable et nous gourmandes de scènes / affrontements épiques. Mais alors pourquoi suis-je déçu ? Parce que jamais il ne sera l’occasion de les piloter. Fichtre !

Dommage aussi que le chapitre additionnel, porteur de nombreuses promesses, tient plus de la simple extension que d’un vrai final. Certes, il rallonge la durée de vie de 8 à 12 heures, mais pour quel intérêt ? Car si le scénario est anecdotique, vos sidekicks le seront tout autant. Et après le final de folie que l’on vient de vivre, autant dire que la tension retombe comme un soufflet.

Le bestiaire est bien fournit

Allez, on ne va pas se quitter comme ça ! Car il est impossible de parler d’un Xeno sans aborder son magnifique OST. Et autant conclure ce test sur une bonne note non ?

Doté de 91 plages, rien que ça, les musiques du jeu sont en grande partie responsables de son succès. Yoko Shinomura, ça vous dit quelque chose ? Si maintenant je vous dis qu’elle est responsable des OST de Super Mario RPG, Kingdom Hearts, Parasite Eve et Street of rage IV ? Et qu’en plus, elle est accompagnée par des artistes de talents tel que ACE+ qui ont récidivé sur Xenoblade Chronicles 2 ? C’est simple : vous obtenez l’une des plus belle OST jamais signée !

Conclusion : déjà incontournable sur Wii, ce Xenoblade Chronicles : Definitive Edition l’est tout autant sur Switch. Beau, profond, jouable et portée par une OST de toute beauté, il figure parmi les jeux à faire absolument dans sa vie. Le tableau est toutefois terni par le manque d’impact des quêtes annexes, un inventaire pénible et un chapitre additionnel dispensable.

Ma note : 16/20

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