Kings (2009)


Kings (2009)

Aujourd’hui, c’est spécial.

Jusque là, j’ai parlé de séries pas très connues, datant un peu, au cast parfois un peu louche, aux défauts multiples, qui m’ont plut mais pas tant que ça. Attention, elles avaient toutes de l’intérêt, mais comme je suis quelqu’un de perfectionniste, il m’en faut beaucoup pour être satisfait.

Et je vais vous parler d’une série qui m’a fait très beaucoup plaisir.

Ceux qui me connaissent savent que je déteste suivre une série semaine après semaine, que je préfère de loin attendre la fin de saison. Même pour Dexter j’ai attendu. Mais celle-ci, j’ai vraiment eu du mal à patienter.

Kings (2009) #2

Il s’agit de Kings, mesdames mesdemoiselles messieurs.

Laissez-moi d’abord lancer quelques noms : L’acteur Ian McShane, que vous connaissez peut-être comme Al Swearengen de la mythique série Deadwood, un acteur qui a tellement de talent que même les mauvaises critiques sur Kings le félicitaient sur son jeu. Le scénariste Michael Green qui a participé (en tant que producteur exécutif) aux deux premières saisons de Heroes. Le réalisateur Francis Lawrence au palmarès assez conséquent : Pump Up the Volume, Constantine, I am Legend, le clip « Bad Romance » de Lady Gaga, que du bon. L’actrice Allison Miller, qu’on a vue dans Blood : The Last Vampire, quoique j’ai regardé le film en grande partie pour elle, je l’avoue : je suis amoureux. Pour quelques épisodes, il y a également Macaulay Culkin, que je n’ai plus besoin de présenter à part pour dire qu’après avoir vu Party Monster, je pense il mérite définitivement d’être traité comme un acteur à part entière et non plus seulement pour Maman j’ai raté l’avion.

Synopsis : « C’est l’histoire d’un humble soldat venant de la campagne et qui se nomme David Shepherd*. Il fait montre un courage hors du commun en sauvant un prisonnier derrière les lignes ennemies, et en détruisant un tank Goliath.”

* Ça veut dire « berger », et ça a souvent une connotation de leadership et/ou de religion. Vous comprendrez mieux certains rôles dans Lost et dans Grey’s Anatomy maintenant.

Je ne pense pas avoir besoin d’en dire davantage pour présenter la série qui se veut donc une adaptation très libre du mythe de David & Goliath (le Roi David, ça vous dit quelque chose ?). Nous allons donc suivre son parcours à partir du moment où, pour son acte de bravoure, il est envoyé comme porte-parole de l’armée à la capitale, près du siège du pouvoir, près de la famille royale (de droit divin) des Benjamin.

Ce qui peut avoir l’air d’une promotion va en fait le mettre au cœur des machinations politiques du Royaume de Gilboa, une monarchie absolue mais très moderne et proche de notre démocratie, où l’apparence est Reine, et où le Roi est en théorie le seul décideur. En théorie parce que ses intérêts dépendent également de ceux de financiers, de lobbies et d’autres influenceurs. Autrement dit, une société très très proche de la nôtre.

Des personnages pas si simples

Quoi qu’on en dise, les personnages de la première saison de Heroes n’étaient pas des clichés du genre (à part Hiro, qui est le gimmick comique de la série). Dans Kings, Michael Green a su créer des personnalités complexes, qu’on ne peut saisir qu’au fil du temps. C’est la tendance actuelle de fouiller un peu plus ses personnages, peut-être en réponse aux séries atteintes du Complexe de X Files (un homme espiègle fait équipe avec une femme boulot-boulot).

Une Royauté Absolue mais moderne

Bien qu’il serait facile de conclure que « Famille Royale + Société contemporaine = Royaume Unis, Belgique », la souveraineté dans Kings est traitée de manière plus pragmatique, plus proche d’une présidence. Il est important pour le Roi de continuer à être adoré par la population comme élu par Dieu pour diriger son peuple. Ce besoin de reconnaissance rapproche énormément Gilboa d’un état démocratique, et rajoute une nécessite constante de veiller à la bonne réputation de la famille royale. Certains peuvent y voir une critique d’un certain ex-président américain qui a usé de l’argument religieux pour être élu.

Un mythe revisité sans prosélytisme

Malgré le caractère très biblique de l’histoire racontée, la série utilise la religion comme part de l’intrigue, sans (trop) tenter de convertir ou de se rapprocher de la foi. On peut rapprocher cet état d’esprit du protestantisme américain assez libre, qui permet d’être croyant sans être religieux. C’est d’ailleurs un sujet qui a donné lieu à des décisions marketing assez dangereuses, comme celle de ne pas inclure Kings dans l’annonce des émissions à venir dans l’année, de peur de s’attirer les foudres des institutions religieuses.

Ce sont sans doute ces décisions malheureuses qui ont amené la série à être annulée par la NBC après seulement 13 épisodes. Et oui, je ne perds pas mes habitudes : Je ne parle que de séries avortées trop tôt, au succès posthume.

Car elle en a, du succès. Comme Firefly a donné lieu à un mouvement de fans (les Browncoats), et Jericho a réussi à faire pression sur CBS pour avoir une « fin », Kings était en novembre dernier 33ème au classement général de Hulu, le service de VOD auquel les français aimeraient beaucoup avoir accès.

Il y a encore beaucoup de thèmes que je pourrais développer. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je fais si peu d’articles sur les séries que j’aime, je pourrais y passer des heures. Mais comme je suis quelqu’un de gentil, j’évite de trop faire de spoilers, et le seul vrai conseil que je peux vous donner c’est celui-ci :

Il faut absolument regarder cette série.

Sur ce, je vous laisse, j’ai un discours à faire devant toute la nation et j’ai super le trac.