The Goldbergs - C'était en 1980 et des poussières.

The Goldbergs - C'était en 1980 et des poussières.

Avant les blogs parentaux, les trophées récompensant la présence d’un gamin à l’école et les allergies aux cacahuètes il existait une époque plus simple, que l’on nomme les années 80 ! Pour le jeune geek Adam c’était les années de l’émerveillement qu’il affronta caméra au poing pour capturer l’essence de toute cette folie.

  • La famille Goldberg.

The Goldbergs est une série américaine comique qui se situe donc durant cette décennie glorieuse et où l’on peut voir évoluer une famille de gens qui crie très fort. Tout d’abord il y a le père, Murray (Jeff Garlin vu notamment dans Arrested Development), qui tient un magasin de meubles et adore enlever son pantalon en rentrant le soir chez lui. Il passe sa vie, assis, à râler sur tout et tout le monde, traitant ses enfants de crétins. Pops incarné George Segal (Qui a Peur de Virginia Woolf) c’est le grand-père dynamique, dragueur et taquin qui a toujours un bon conseil à donner (quitte à mener la zizanie de temps en temps) et qui profite de chaque instant et ne se refuse rien.

La famille se compose de trois enfants. L’aînée, Erica (Hayley Orrantia) adolescente douée mais populaire. Très souvent elle est tiraillée entre sa popularité au lycée et ses passions de « geek ». Car, contrairement à aujourd’hui où le terme s’est vulgarisé et ne signifie presque plus rien, dans les années 80 se faire appeler « geek » ou « nerd » était une véritable insulte, un terme péjoratif qui pouvait en réduire plus d’un à zéro. (Oui je sais qu’aujourd’hui il y en a ENCORE qui utilise ces termes comme insultes, mais ceux-là sont encore plus crétins que les crétins des années 80 :P).

The Goldbergs - C'était en 1980 et des poussières. #2

Au milieu il y a Barry incarné par Troy Gentile (Tenacious D in the Pick of Destiny) doux rêveur, gaffeur et increvable. Il se prend pour un rappeur de talent du nom de Big Tasty, un maître des arts-martiaux et le tombeur de ses dames. Quand il essaie de lier les trois c’est souvent catastrophique (pour lui) et très drôle (pour nous). Barry c’est un peu un mélange entre Dewey et Reese de la série Malcolm. Il essaie de rouler des mécaniques mais c’est un brave type un peu débile sur les bords (et qui court de manière très, très étrange).

Et puis en dernier, le jeune héros de la série, Andy. Il a environ 11 ans et une passion gigantesque pour le cinéma. Il voit tout ce qu’il sort et possède une culture assez impressionnante pour son âge. Il s’amuse souvent à filmer sa famille et à réaliser de courts métrages assez inventif. Adam est un gamin doué et à l’énergie incroyable. Une énergie dont il a grandement besoin pour faire face à celle que personnellement je considère comme le coeur de la série : Beverly Goldberg, la mère ultime.

Elle est étouffante, omniprésente, madame je-sais-tout qui fait tout dans la maison. Elle possède un culot incroyable et une grande gueule à faire se taire n’importe qui. Elle utilise la culpabilité maternelle comme personne (combien de fois clame-t-elle « si tu fais ça alors j’ai échouer en tant que mère » !) et ne connait aucune limite dans ses interventions. Dans la vraie vie cela doit être franchement insupportable mais à regarder depuis son écran c’est assez drôle. Ce personnage complètement hors-norme existe bel et bien. D’ailleurs tous les Goldbergs existent véritablement puisque le créateur de la série Adam F. Goldberg s’est inspiré de sa famille et des vidéos qu’il faisait étant gamin pour créé un hommage à sa (la) famille, mais aussi à l’enfance, aux années 80, à la douce nostalgie et à la pop culture dans laquelle on baigne aujourd’hui. Il n’y a que le personnage de la grande soeur qui a été créé pour la série puisque en vrai le créateur a trois frères 🙂 Chaque épisode est dédicacé à quelqu’un qu’il a connu ou quelque chose qui l’a marqué et nous offre une petite comparaison entre la réalité (images d’archives filmées par Goldberg himself) et la série.

  • C’était quand déjà ?

Se basant sur ses souvenirs il y a quelque chose de très particulier et perturbant avec The Goldbergs. Les anachronismes. Chaque épisode commence par une voix off qui donne un un jour, un mois et une année incomplète. On sait donc que ça se passe entre 1980 et 1989 voire 1990-1991 mais jamais exactement quand. On se repère donc aux évènements culturels tels que les sorties cinéma, jeux vidéos ou inventions d’objets comme la Reebok Pump (89).

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Si j’avoue qu’au début quand on a trois sous de culture, ça perturbe beaucoup, après on s’y fait pour la simple et bonne raison qu’il s’agit de souvenirs. Vous pouvez vous rappeler exactement d’un évènement dans votre vie mais en ce qui concerne la date et du contexte culturel exact, là vous séchez. Les pinceaux s’emmêlent n’est-ce pas ? En ça The Goldbergs offre une vision intéressante du passé que l’on croit connaître mais qui en réalité est toujours un peu flou et confus. Ne soyez donc pas étonnés si un épisode se passe en 1989 et que le suivant se passe en 86 alors que les acteurs semblent avoir le même âge.

La série possède une énergie communicative et un charme nostalgique très agréable à regarder. La voix-off, qui s’avère être celle d’Adam adulte, incarné non pas par le véritable Adam F. Goldberg mais par Patton Oswalt (Caprica, Agents of S.H.I.E.L.D), intervient intelligemment, donnant une seconde impulsion au rythme de la série . Les dialogues – parfois convenus – font tout de même mouche avec des phrases d’accroches pour presque chaque personnage. De plus, les acteurs ont une alchimie indéniable qui tourne autour du jeune acteur Sean Giambrone qui incarne Adam. 

À l’heure actuelle, The Goldbergs est son premier premier rôle. En dehors de ça il double le personnage de Jeff dans la série animée Clarence et a joué dans un téléfilm inspiré des histoires de R.L Stine, l’auteur des Chairs de Poule. Pour un acteur sans expérience je trouve que non seulement il s’en sort très bien mais qu’il crèvent l’écran. Avec sa bonne bouille et son débit il met à l’amende tous les autres comédiens, les poussent à se dépasser pour pouvoir le suivre. Quant à savoir s’il fera carrière après la série, je ne suis pas Madame Soleil mais personnellement je garde un oeil sur lui et son travail.

The Goldbergs, à mon humble avis, c’est la série qui fait du bien. En tout cas c’est un coup de coeur personnel dont j’ai avalé la première saison en 2 jours et dont je suis actuellement la seconde.

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