Nation

Nation

Aah, Terry Pratchett. Depuis que j’ai découvert La huitième couleur par une après-midi d’été où je m’ennuyais prodigieusement en vacances, je dévore avidement tous ce qui a trait aux Annales du Disque Monde. L’humour avec lequel il décrit son univers fantastique et fantasque ne cesse de me faire rire (ou du moins : ne cesse de me faire rire “en général”, car je suis tout de même de temps à autre obligé de me sevrer, car une overdose de Disque Monde peut faire fondre quelques neurones à force).

Je n’avais plus rien à lire l’autre jour, et je me suis retrouvé à la FNAC des Halles. En tant que vieux snob, j’aime bien acheter mes livres en anglais dans le texte, mais le rayon Science Fiction / Fantastique de la FNAC dans la langue de Shakespeare fait vraiment pitié. L’âme en peine, j’ai donc ramassé un livre de Terry Pratchett que je ne connaissais pas, sans même lire le quatrième de couverture : Nation.

“Je te parle de mon père, de ma mère, de ma famille entière, de toute ma nation ! Ils sont tous morts ! J’avais une sœur de sept ans. Donne moi la raison. Il doit bien y avoir une raison. Pourquoi les dieux les ont-ils laissé mourir ? J’ai retrouvé le corps d’un bébé perché dans un arbre. Qu’avait il fait pour offenser les dieux ?”

La nation est une île située dans un archipel au large de l’Australie, dans un univers qui aurait pu être le notre du temps des colonies. Un raz de marée passe sur les îles, et ne laisse comme seul survivant que Mau, un jeune indigène en train d’accomplir son rite de passage à l’âge adulte. Mais alors qu’il se réveille sur son île natale, il ne voit que désolation et mort. Dans un état second, il s’occupe de jeter les cadavres de sa famille, de ses amis et de son clan dans la mer, afin qu’ils puissent se réincarner en dauphins. Une juste fureur l’empli tandis qu’il questionne les dieux qu’on lui avait apprit à révérer depuis sa tendre enfance : pourquoi ? Pourquoi avoir décidé que le monde devait se terminer ce jour là ?

“Imo un jour s’en alla pécher, mais il n’y avait pas de mer. Il n’y avait rien d’autre qu’Imo. Il cracha donc dans ses mains, les frotta l’une contre l’autre, et fabriqua une boule de mer. Après cela, il fabriqua quelques poissons, mais ils étaient stupides et paresseux. Alors il prit les âmes de quelques dauphins, qui eux au moins avaient appris à parler, et il les mélangea avec de l’argile et les frotta dans ses mains et changea leur forme et ils devinrent les hommes”

Très loin de l’aspect déconnant du Disque Monde, ce livre brasse des thèmes assez sérieux, comme la foi, la mort et la justice, tout en étant écrits de la main du maître Terry Pratchett : On y découvre des personnages tous aussi crédibles que poignants lancés dans une quête initiatique, une dose d’humour décalée qui permet d’aborder ce genre de thème avec tout de même un léger sourire à la commissure des lèvres.

Que vous connaissiez ou non les annales du disque monde, n’hésitez pas à jeter un œil à cette perle que j’ai dévoré en moins de temps qu’il n’en faut pour épeler “esperluette”. IMO (qui est aussi Dieu, n’oublions pas), ça devrait vous plaire.

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  • Nation #2
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