Pain & Gain

Yo, les gens ! Il semblerait que l’été soit passé avec des films de qualité que je n’ai pris la peine de critiquer, et le “Rédac-chef”, j’ai nommé Jayer, m’a quasiment fait promettre de sérieusement m’y remettre dès la rentrée. Chose presque promise, chose néanmoins due, le Bison vous propose une nouvelle fois sa vision des choses pour, je l’espère, vous aider à investir votre temps et votre argent ce week-end dans les salles obscures. Et en tenant compte de la période, quoi de mieux qu’un film de Mister Michael “BimBadaBoOm” Bay pour une rentrée explosive? “Quoi de mieux” ai-je dit? Eh bien un film normal de Michael Bay : Pain & Gain (No Pain No Gain en France). Ça fait bizarre, n’est-ce-pas, de lire un truc pareil? Suivez-moi, je vais vous en dire plus.

Pain & Gain

I Believe in Fitness

(cf.  Allocine.fr) À Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le « rêve américain » et profiter, comme sa clientèle fortunée, de ce que la vie offre de meilleur : maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Pour se donner toutes les chances d’y arriver, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. Il embarque avec lui deux complices, Paul Doyle et Adrian Doorbal, aussi influençables qu’ambitieux.

NO PAIN NO GAIN s’inspire de l’histoire incroyable mais vraie de ces trois kidnappeurs amateurs qui, à la recherche d’une vie meilleure, se retrouvent embarqués dans une série d’actes criminels qui dégénèrent rapidement… Rien ne se déroule jamais comme prévu.

I’m a do-er

On a toujours eu beaucoup à dire sur Michael Bay et son style. Généralement, le mot qui revient le plus quand on lit et/ou écoute ce qu’on dit de lui c’est “trop”. Trop explosif, trop exagéré, trop abusé, trop mouvementé, trop de couchers de soleil, trop d’improbabilités, trop… trop… trop. Et pourtant, on peut dire ce qu’on veut, au fond, on l’aime son style. Et pour preuve, à quelques détails près, il n’a fait que des cartons au box-office. Tant qu’il restait dans son style. Et oui, il est important ce style. Parce que “BimBadaBoOm” Bay, ça reste le mec aux films explosifs dotés d’un synopsis qui tien généralement sur une feuille de PQ. Ben ouais, les gars mais, Bad Boys, Armageddon, Rock et autres Transformers ne sont pas des chefs-d’œuvres d’écriture. Soyons honnêtes. Et, précédemment, la seule fois où il avait vraiment voulu changer de genre pour se rapprocher d’un cinéma plus… “authentique” dira-t-on, il nous avait servi The Island. Je laisse un instant votre cerveau souffrir légèrement de ce délicat souvenir. Allez-y… Vous voyez ce que je veux dire?

Alors quand on m’a dit que ce monsieur se remettait derrière la caméra pour commander Mark Walhberg (Four Brothers, Max Payne, Ted), Dwayne Johnson (Fast 5, Furious 6, G.I. Joe : Conspiration), Anthony Mackie (The Adjustment Bureau, Man On a Ledge, Gangster Squad), Ed Harris (The Way Back, Man On a Ledge, Appaloosa) et Tony Shalhoub (Monk, la saga Spy Kids), pour ne citer que les plus connus, et qu’en plus de ce casting, il y aurait un VRAI scénario tiré d’une histoire vraie, j’ai, comme on dit chez, flippé ma race ! Je vois que certains n’ont pas l’air de vouloir comprendre : on a Max Payne et G.I. Joe en tête d’affiche avec aux commandes un réalisateur qui par le passé a prouvé ne pas être capable d’exploiter un scénario de plus de 50 pages ! Ah, là, vous voyez mieux quoi je parle ! Cerise sur le gâteau, la citation de MyTF1.fr présente sur l’affiche “Le meilleur film de Michael Bay”, qui semblait être un gros effet d’annonce…

I wanted to live the American Dream

Pain & Gain #2
Si d’aucuns jugeront la mise en scène exagérée, les personnages du film un peu trop caricaturés, je ne pourrais les contredire. Néanmoins, j’ai trouvé que ces exagérations dans le ton du film et bien gérées à la fois par Michael Bay et son casting.
Mark Wahlberg incarne Daniel Lugo, le personnage principal, un bodybuilder dont il est dur de dire s’il est un idiot profond ayant parfois des semblants de bonnes idées, où un type plutôt malin mais qui ne prend que des décisions foireuses. Selon moi, Marky Mark – certains noteront la référence – fait partie de ceux que je considérais comme de vrais acteurs Yo-Yo, qui alternent bouses et bons films de façon assez cycliques, avec des rôles à la hauteur des films en question, mais depuis Fighter et Ted, il enchaîne les rôles plutôt intéressants et celui-là reste dans la même veine.

Mention spéciale pour Dwayne Johnson dans le rôle de Paul Doyle, un repris de justice facilement influençable qui a choisi la voie du Seigneur pour rentrer dans le droit chemin, avant de rencontrer celui de Daniel Lugo. Après Snitch sorti plus tôt cette année, il prouve ici qu’il peut tenir des rôles qui sortent des films d’action faciles ou de comédies de milieu et bas de gamme, tant son interprétation de la caricature de l’accroc du bodybuilding qu’il est dans la vraie vie rend bien.

Et, en bref, on retrouve aussi un Anthony Mackie méconnaissable sous stéroïde, Tony Shalhoub qui efface d’un revers de la main l’image de Monk et, enfin, Ed Harris aussi efficace qu’à son habitude.
En ce qui concerne la réalisation et la mise en scène, comme je l’ai dit plutôt, on est surpris. A plusieurs niveaux, qui plus est ! Avant tout, parce que, sachant qu’il s’agit d’un Michael Bay, on s’attend à un type de cinéma très orienté divertissement sans réflexion, où l’empreinte laissée par le film est plus visuelle et sonore, que mentale. Mais avec Pain & Gain, en adaptant ses codes habituels, Michael Bay nous propose un film dont on se souviendra par la façon intéressante qu’il a eu de traiter un scénario qui l’est tout autant. La vulgarité visuelle qu’il utilise d’ordinaire, souvent pour aucune autre raison que de faire saliver le public – masculin et féminin – est adaptée ici dans les dialogues et les situations pour souligner le caractère des personnages. Le déluge de scènes d’actions à en faire crever un épileptique est ici remplacé par des scènes qui semblent beaucoup plus contrôlés et dont l’effet est, automatiquement, renforcé. Visuellement, tout le cinéma de Michael Bay est là, les explosions en moins. Scènes sur fond de coucher de soleil, poitrines à la silicone, muscles aux hormones et, surtout, le thème en filigrane durant tout le film, “The American Dream”. Tout est là. Et tout est intelligemment tourné en dérision.

Pain & Gain #3

My name is Daniel Lugo. And I Believe in Fitness

Quelle ne fut pas ma surprise à la fin du film en sortant de la salle avec le sentiment d’avoir vu un des films qui seraient l’un des succès de la rentrée? Et je parle là d’un cinéma où les qualités du réalisateur et celles des acteurs sont mises en avant. Ici, nous ne sommes pas face à un des blockbusters sur-dimensionnés auxquels le réalisateur nous a habitués, et cette fois, c’est le coup gagnant, on est conquis. A voir.

En bref

Titre : Pain & Gain (No Pain No Gain)
Réalisateur : Michael Bay
Casting : Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Anthony Mackie, Tony Shalhoub, Ed Harris…
Story : Quand les stéroïdes montent au cerveau de trois couillons qui décident de vivre le Rêve Américain… en le volant à quelqu’un d’autre…
Note : *****

See ya…

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