EVA – Mais où est Wall-E ?

AMHA a été invité à la projection-presse (terme très complexe définissant simplement le fait d’être une cinquantaine de “journalistes” dans une salle de cinéma rien qu’à eux, sans pubs ni bande-annonces et que tout le monde il sait fermer sa gueule pendant le film) de EVA, film de science-fiction catalan.

Daniel Brühl (mein liebe) interprétait le rôle principal, entouré de robots, alors, forcément, je me suis précipitée.

Affiche française du film "EVA"
Synopsis officiel : 2041, Alex (Daniel Brühl), un ingénieur de renom, est rappelé par la Faculté de Robotique après dix ans d’absence, pour créer le premier robot libre : un enfant androïde.
Il retrouve alors Lana (Marta Etura), son amour de jeunesse, et son frère David (Alberto Ammann), qui ont refait leur vie ensemble.
Et il va surtout faire la connaissance d’Eva (Claudia Vega), sa nièce, une petite fille étonnante et charismatique.
Entre Eva et Alex se crée une relation particulière, et ce dernier décide alors, contre l’avis de sa mère Lana, de prendre Eva pour modèle de son futur androïde…

Réalisé par Kike Maillo; scénario par Sergi Belbel, Cristina Clemente, Marti Roca et Aintza Serra et interprété par Daniel Brühl (Good Bye, Lenin!, The Edukators, La Vengeance dans la Peau, Inglorious Basterds), Marta Etura (Cellule 211), Alberto Ammann (Cellule 211), Anne Canovas (Prêt à Porter, Les Lyonnais), Lluis Homar (La Mauvaise Education) et Claudia Vega (EVA est son premier film).

EVA s’ouvre sur un générique magnifique, avec une musique qui rappelle énormément du Danny Elfman dans ses meilleurs jours. Vu que j’en garde un souvenir fort, qu’il ne spoile pas et que les artistes qui l’ont réalisé l’ont publié eux-mêmes sur YouTube : je me permet de vous le montrer.

Les personnages évoluent dans un futur relativement proche et néanmoins très familier : au lieu de suivre bêtement les grandes tendances Asimoviennes ou Dickiennes qui nous présente une atmosphère préservée par un globe de verre recouvrant les villes principales, une Xème République et des hoverboards (qui ne fonctionnent pas sur l’eau) comme une réalité sur à peine 10 ans, Kike Maillo, le réalisateur, a plutôt opté pour le joliment crédible. Le héros a certes pour animal de compagnie, un chat androïde magnifique, les gens chuchotent sur son passage car ce type de technologie n’est pas accessible à tous et encore méconnue du grand public (souvenez-vous de quand on voyait, pour la première fois, quelqu’un avait un lecteur MP3 dans la rue); les voitures n’ont pas changées, si ce n’est que le GPS et d’autres applications habituellement cantonnées au smartphone s’affichent sur le pare-brise; les robots s’implantent peu à peu dans les foyers mais ils ressemblent encore trop à d’énormes jouets servant uniquement à porter nos courses ou à promener le chien.

Image tirée du film EVA
Claudia Vega est assez incroyable dans le film : le petit livret offert à “nous autres, journalistes” au début de la séance nous promettait que “quand vous passez des mois à la recherche d’un diamant dans le désert, quand vous trouvez la pierre précieuse, vous savez que le jeu en valait la chandelle”. Je m’attendais, forcément, à être déçue par la performance de la petite fille après tant d’éloges : que nenni.
La blondinette apporte vraiment quelque chose en plus au film, à l’ambiance et sûrement aux acteurs.
Pareil pour Lluis Homar qui joue l’androïde Max : difficile de jouer un robot sans partir dans la caricature ou le mime, et pourtant…

L’équipe qui a pondu ce joli conte s’étaient tous (ou presque) connu dans la même école de cinéma et étaient très jeunes : ça a contribué à apporter de la fraîcheur aux idées du film comme de belles inspirations (on devine du Minority Report, par exemple, derrière la façon qu’a Alex de manipuler les composantes “cérébrales” de son androïde par l’intermédiaire de petites figures de verre en hologramme) sans néanmoins tomber dans le bâclé ou l’immature facilement retrouvé dans les premiers films. Choisir des acteurs expérimentés et avec une vraie présence, un charisme, a contrebalancé l’effet “essai/brouillon” qui peut souvent gâcher un vrai travail (que les choses soient claires : rien de tel n’apparaît dans EVA, rien de gribouillé, si ce n’est un Jean-Michel FondVert qui s’incruste pendant un court moment du film).

Image tirée du film EVA

Les effets spéciaux ont d’ailleurs gagnés un Goya Award (ainsi que le réalisateur) et ce n’est pas surprenant : ils sont étonnamment réussis, esthétiques, pas du tout “revoyez Spiderman trois ans après et vous aurez mal à la rétine”. Un mélange habile d’animatronics, de costumes, maquillages, marionnettes et 3D. Le cocktail parfait, surmonté d’un prix du public au festival de Gérardmer.

Pour conclure, je dirai que grâce à EVA j’ai :

– appris que Daniel Brühl était un dieu de la langue (né en Espagne, le bogoss’ a en fait des prénoms qui font mal : Daniel César Martin Brühl Gonzalez Domingo, mais il parle couramment français alors j’aimerai ajouter que je l’aime et veux lui faire beaucoup d’enfants).
– fantasmé sur un slow même pas plein de sueur, même pas serré mais sur fond de Space Oddity qui le transformait en scène de sexe torride…de mon point de vue de jeune pré-pubère boutonneuse.
– confirmé mon amour pour le cinéma espagnol et ses acteurs.

Ça fait beaucoup de sexe pour la fin, alors je vous laisse vous rafraîchir avec la bande-annonce du film, en salles depuis le 21 mars.

Sarah Mone

Cinéphile/Nanarphage, adepte des connaissances multiples, à 23 ans j'ai décidé d'apprendre une dizaine de langues différentes afin de succéder dignement à Maître Capello (pour m'y aider, on m'a offert deux Bescherelle à Noël).

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