Real : le trip fantasma-comateux de Kurosawa

Real : le trip fantasma-comateux de Kurosawa

Demain sortira sur nos écrans un film nippon (ni mauvais) du nom de Kanzen naru kubinagaryû no hi ce qui signifie…LOL j’en sais rien je ne parle pas japonais !

D’ailleurs je ne connais pas l’oeuvre du réalisateur et je n’ai pas lu le livre dont s’est inspiré le film. C’est donc en toute fraîcheur que je vais vous parler de Real (plus facile à prononcer que Kanzen naru kubinagaryû no hi et surtout beaucoup moins long ^^).

Pour commencer : le sujet. Atsumi, une jeune mangaka célèbre se retrouve dans le coma après une tentative de suicide (ratée évidemment). Son grand amour (qui est aussi son amour d’enfance) Koichi tente le tout pour le tout en acceptant de participer à un nouveau programme scientifique et médicale qui lui permet de plonger dans l’inconscient de sa tendre moitié afin d’essayer de comprendre pourquoi elle tenta de mettre fin à ses jours, et surtout, de la faire revenir dans le monde réel.

Amour et science-fiction, en voilà un beau programme. Pour se donner les moyens de mettre en lumière une belle et dramatique histoire, Kurosawa (aucun lien avec l’autre réalisateur ni avec le mannequin homonyme) tourne  sur les ruines d’une île dévastée par Fukushima et embauche un véritable mangaka obscure et sans succès (des mots mêmes du réalisateur) pour donner vie à Roomi, le manga sur lequel travaillait Atsumi et qui hante littéralement son subconscient lorsqu’elle est dans le coma.

Sur la forme, Real est un véritable petit bijou très beau à regarder avec une réalisation aérienne qui alterne parfaitement entre moments lumineux, gracieux et scènes sombres et intenses. Par contre sur le fond il y a quelques couacs comme, notamment, le jeu des acteurs secondaires/figurants qui laissent à désirer bien trop souvent, ce qui m’extirpe du film ET JE DETESTE ÇA ! Ensuite, et là c’est inhérent au cinéma asiatique en général, ça traîne un peu en longueur. J’éprouve une véritable amour pour le cinéma coréen, une fascination pour celui du Japon et une grande affection pour celui de Chine mais tous les films, je dis bien TOUS, ceux que j’ai vu et quelque soit le genre (SF, action, polar, horreur, drama…) possèdent des scènes qui s’éternisent où l’on se demande si c’était vraiment utile d’avoir tels plans ou telles répliques. Ceci n’est que mon humble avis mais si vous devinez le twist avant que celui-ci ne soit révélé, ce qui fut mon cas, vous allez éprouver un ennui lancinant malgré toute la beauté de ce que vous aurez sous les yeux.

Real : le trip fantasma-comateux de Kurosawa #2

Le final met looogtemps à arriver, étirant encore et encore une histoire dont on pensait avoir fait le tour.

Pour conclure, je dirais donc que Real est un beau film au thème fort et touchant, porté par un duo d’acteurs tout juste sorti de la puberté. Et si le sujet est intriguant, le côté fantasmagorique du film n’est – à mon goût – pas à la hauteur de mes espérances. Mais c’était la volonté de Kurosawa que de nous conter une histoire d’amour à faire chavirer le plus endurci des petits coeurs. Et de ce côté là, Real est une véritable réussite !

Real réalisé par Kiyoshi Kurosawa. Drame/Science Fiction. Durée : 2h10

Sortie prévue le 26 Mars 2014