The Rosewood Thieves

The Rosewood Thieves

Zéro buzz, flop commercial, aucune distribution en Europe, succès critique important mais circonscrit aux Etats-Unis où le groupe se produit en d’interminables tournées de bars et de cafés, The Rosewood Thieves ne semblent pas tout à fait représenter l’avenir le plus radieux de la pop version « fait dans mon garage ». C’est simple si j’étais une maison de disque je ne parierai pas un kopeck sur eux. Ça ne doit pas être pour rien, d’ailleurs, qu’actuellement ils n’en ont pas vraiment, de maison de disque.

Leur œuvre tient pour l’instant en deux EP – From the Decker House, disque gracieux mais inégal publié en 2006 et Lonesome, rendu pénible par un rythme plutôt lent et publié lui en 2007 – et deux LP, deux chefs-d’œuvre, Rise & Shine (2008) auquel le titre rend parfaitement justice par cette pop-folk solaire au sex-appeal immédiat qui irradie chacun des titres et Heartaches by the Pound (2009), album de reprises de l’immense (sic) bluesman, soulman, r’n’bman Solomon Burke. Dans les notes du disque celui-ci déclare «  I thought the Rolling Stones did me a favor but you have taken it to another level ». Même les moins anglophiles d’entre vous auront compris le message, n’est-ce pas ?
Pourtant, même avec cette pop luxuriante qui tient tout à la fois de T-Rex et des Seeds, -admirez donc le grand écart !- il y a peu de chances qu’on les trouve un jour en une des Inrocks, coincés quelque part entre le sein droit de Charlotte G. et les visages déjà blasés des membres de The XX. Pour ça il faudrait qu’ils prennent un producteur, un vrai. Un producteur branché et cool. Un Mark Ronson, un Ben Hansen, un vrai nerd des commandes, du bon son, de la bonne image. Quelqu’un sait ce que l’époque attend.
Un groupe comme The Rosewood Thieves, ça se découvre sur internet. Via le téléchargement, via Myspace et via Youtube. Via quelques blogs aussi. Et surtout. Des blogs comme celui-ci . Un blog devenu quasiment l’attaché de presse du groupe et qui propose exclus, avants premières et inside news.

Un groupe de son époque en quelque sorte. Même si eux n’ont pas abandonné le format classique. La chanson pop de trois minutes 30, les intonations folk-rocks, les références à Dylan. Un anti-Radiohead quoi. En quelque sorte. On croyait Jack White seul maître à bord de cette croisade contre la technologie mais le garçon s’éparpille. Et ces Rosewood Thieves là sont de la même famille, du même combat. La virtuosité en moins, une certaine innocence pop en plus.
Les chansons, elles ne parlent que de la même chose, de la chose de toujours. C’est des histoires de déceptions amoureuses, des garçons et des filles qui ne se tiennent plus la main, de jeunes gens qui s’en vont. En gros le seul sujet qui tienne la route, comme chacun sait. Le même que Jack White d’ailleurs. Des Stripes à Dead Weather. Le même que tous les gens bien à vrai dire, non ?
Mais je sais. Vous ils vous faut des preuves, juger sur pièce. C’est avec cette vidéo que j’ai eu le coup de foudre. Une chanson pop définitive. Une qu’on retient, qu’on écoute, qu’on fredonne, qu’on a dans le crâne et qui permet de lever la tête. De la garder haute. C’est un style un peu plus pop que ce qu’ils font d’habitude. Disons que c’est leur single, comme un drapeau qui se veut à la fois rassembleur et porteur d’identité. Avec en prime -et sans augmentation du prix, une vision du bonheur terrestre dans les 20 premières secondes. Et le premier qui me dit le contraire, je lui pète la gueule, compris ?

Bibalice.

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