Zulu

Zulu

De Jérôme Salle

Durée : 1h50 / Thriller, drame, action

Synopsis : adaptation du roman éponyme de Caryl Ferey, Zulu est un thriller se déroulant en Afrique du Sud sur le meurtre sanglant d’une jeune blanche fille d’une grande figure nationale qui mènera nos enquêteurs Ali Sokhela (Forest Whitaker), Brian Epkeen (Orlando Bloom) et  Dan Fletcher (Conrad Kemp) sur une piste mortelle aux confins d’un pays déjà à feu et à sang.

Avis : Pour avoir lu le livre, je tiens à préciser que l’adaptation est particulièrement réussie. Jérôme Salle et son scénariste Julien Rappeneau sont parvenus à garder intact l’ambiance et l’univers du livre sans tomber dans les pièges de l’adaptation et en arrondissant les angles d’un récit qui, sur le papier est assez confus.

Brossant un portrait pas très flatteur de l’Afrique du Sud, Zulu s’attaque à une nation qui malgré l’abolition  de l’apartheid en  1991, n’arrive toujours pas à s’unir et vit dans la peur des uns et des autres. Chacun des trois personnages représente un visage de ce pays complexe qui oscille entre violence et espoir d’un lendemain meilleur. Ali est un zoulou qui suit les préceptes de Mandela – son héros – et apprend à pardonner alors que Epkeen est un descendant de Boers qui rejette son passé et celui de son père ancien nationaliste. Dan, le plus jeune de la bande, représente quant à lui, la nouvelle génération qui veut rendre le pays meilleur tout en étant lucide sur son passé sombre et douloureux et l’accepte sans désir particulier de vengeance ou de pardon.

Zulu n’est pas tant un drame qu’un thriller violent et sans concession réalisé avec tact et justesse. On est littéralement plongé dans l’enquête mais aussi la vie de nos protagonistes qui comme le pays dans lequel ils évoluent reste complexe et en état  fébrile.

Zulu #2

La grosse révélation du film – étonnamment – c’est Orlando Bloom. Voir son nom associé à un tel projet peut paraître curieux voire faire peur à certain(e)s. « Mais que fout Legolas en Afrique du Sud ? » pourrait-on se demander. Eh bien, ce qu’il fout je vais vous le dire. Il vous prouve que c’est une bête d’acteur qui ne demande qu’à s’exprimer. Avec Zulu, il casse son image de beau gosse (avec ou sans oreilles pointues) et se fond complètement avec son personnage. On sent qu’il a travaillé comme un forcené afin de transformer son corps, sa voix et son jeu pour rendre le personnage de Epkeen réaliste. Là où on aurait plutôt pressenti un Leonardo Dicaprio ou encore un Colin Farrel, pour incarner ce personnage borderline,  le réalisateur a fait le pari de miser sur Orlando Bloom qu’on eut qualifié dans ce cas d’outsider.

Zulu #3

En bref je dirais que Zulu est un putain de thriller : vif, violence et féroce qui ne prend pas ces spectateurs pour des idiots et reste au plus près de réel. Il surprend, déroute parfois mais reste aussi haletant que le bouquin jusqu’à la fin.

A mon humble avis vous devriez voir le film mais aussi (malgré les clichés et le style un peu simpliste) lire le roman de Caryl Férey tellement les deux œuvres se complètent.

Animal étrange résidant un peu partout dans l'univers, Super Balzi n'a de super que le nom. Mégalo, hystérique et carnivore elle s'enflamme pour tout et n'importe quoi et alors...plus rien ne l'arrête. (Source : National Geographic)
Zulu #5