Mad Max Fury Road le pétard mouillé ?

Mad Max Fury Road le pétard mouillé ?

Il y a peu de films que j’attendais vraiment cette année et Mad Max Fury Road en faisait partie. Et ce fut encore pire lorsque la première bande annonce se présenta sur mon ordinateur. Le 14 mai ne pouvait pas arriver assez vite.

Pourtant de Mad Max, je ne sais que peu de choses. Séries de films post-apocalyptique des 80’s avec Mel Gibson dont le 2 est le seul à être génial et acclamé à travers le monde par une légion de fans qui portent George Miller au firmament des réalisateurs visionnaires. Et à un moment il y a eu Grace Jones aussi.

Voilà c’est tout car je n’ai jamais vu aucun des films originaux donc mon enthousiasme quant à Fury Road n’était en aucune façon teintée de nostalgie. C’est en tant que nouvelle fan potentielle que je me suis présentée au cinéma toute fébrile d’excitation à l’idée de voir un film d’action nerveux dans un univers barbare et sadique (Borderlands me manque il faut dire) avec sa pointe d’humour noir et avec Charlize Theron (ma déesse) et Tom Hardy (mon mari). J’étais donc toute disposée à embrasser le film dans son intégralité, nue de quelconque jugement et m’attendant uniquement à du grand spectacle complètement fou.

Bah oui mais non. Mad Max Fury Road a du bon, du très bon même, mais pour chaque qualité je trouvais son exact opposé quelques instants d’après, me laissant avec un goût mi-figue, mi-raisin que je ne supporte pas.

Le premier aspect, et le plus évident, l’image.

Mon ami photoshop

Autant vous avez sous les yeux des images de toutes beauté avec une lumière splendide et des plans tellement cool que vous ne tenez plus sur le siège. Autant nous avons droit à une accumulation de mauvaises incrustations photoshop avec un fond vert pas forcément très discret qui font fondre la rétine tellement c’est dégueulasse.

Heureusement, c’est pas tout le temps et dans son ensemble on peut dire que Mad Max Fury Road est beau à voir. Ses scènes en accéléré Benny Hill apporte une nervosité et un suspens cadencé lorsque le personnage de Tom Hardy se bat en essayant de fuir.

Mad Max Fury Road le pétard mouillé ? #2

On pourrait croire qu’un film comme Fury Road contient 90% de scènes d’actions et que 100% d’entre elles sont absolument énormes et incroyables. NON ! Mad Max Fury Road est plein d’action certes mais souvent, à mon grand regret, c’est assez plat. N’allez pas croire qu’on s’emmerde non plus. Disons qu’il y a quelques scènes tendues, où l’on plante les ongles dans les accoudoirs du siège mais la plupart du temps, on attend juste que ça passe en se demande comment fait Max pour ne pas avoir une conjonctivite vicieuse avec tout ce sable.

Y a du sable dans ma guitare et la caméra

Comment dire ça poliment ? FUCK YOU JUNKIE XL ! Pardon j’ai pas su rester polie mais durant tout le film, je n’ai eu de cesse de me dire que la musique était too much. Il y a un ou deux morceaux assez cool mais le reste est aussi subtile qu’une armée moyenâgeuse. Et cette impression dégoutante d’entendre à nouveau la bande originale de 300 number 2. Forcément c’est le même compositeur qui n’a absolument aucun talent si ce n’est pour m’énerver.

Mad Max Fury Road le pétard mouillé ? #3

Bref ! On ne va pas s’étendre sur la forme du film. Non, si quand même il faut bien que je vous parle des transitions entre les scènes. Un fondu au noir très à la mode des années 40 à 60 mais please Monsieur Miller arrêtez de nous offrir une scène qui n’a de cesse de monter crescendo pour tout couper avec une transition fondu au noir toute pourrie. Il n’y a pas meilleur moyen pour casser le rythme d’un film.

Pas si fou le Max

Encore une fois, je ne juge Fury Road que vis à vis de Fury Road. N’allez pas me dire “hein mais t’as rien compris au personnage parce que dans le 2 à la 56ème minute il fait ça et dit ça d’abord ! ”

Je me fiche des anciens Mad Max (que je regarderai un jour parce que ça fait longtemps que je dis que je dois les voir) et me contente de ce que Miller m’offre avec Fury Road.

Le film manque d’un ton plus satirique, d’un humour plus noir et d’un côté plus fou. Alors que ce termine Fury Road, j’en ressors en me sentant flouée car on nous a vendu un réalisateur visionnaire et un film frappé du bulbe et visuellement bluffant.

Mad Max Fury Road le pétard mouillé ? #4
Pour avoir jouer aux Borderlands qui s’inspirent beaucoup de l’univers Mad Max période Mel Gibson, j’ai donc pensé que Fury Road serait l’étape du dessus, d’une qualité supérieure, mais non. Le film se contente d’une esthétique punk et de personnages aux dialogues qui fleurent bon le n’importe quoi sans vraiment aller plus loin.

Est-ce que Tom Hardy est en retrait de son personnage, ou est-ce que Max est une création placide et apeuré qui ne se bat que pour survivre mais ne sait pas pourquoi il survit ?

C’est la question que je n’ai eu de cesse de me poser avec celle concernant la conjonctivite épargnée de Max. Force est de constater que les personnages sont paradoxalement vides et intéressants. Les trois principaux Max, Nux et Furiosa sont complexes et mystérieux. Ils ont un mode de fonctionnement pas forcément compréhensibles et se permettent de changer et d’évoluer au long du film. Surtout Nux et Furiosa car Max… Le héros est constamment en retrait de l’histoire. Le film porte son nom et on a le droit à un bonhomme tourmenté qui se fait balader dans le desert, dans un camion, et sur une moto. Il prend très peu de décisions et en dit encore moins, laissant Furiosa prendre les commandes et Nux nous divertir.

Miller : féministe machiste ?

Mad Max Fury Road le pétard mouillé ? #5

Fury Road nous brosse le portrait d’hommes barbares, sans foi ni loi qui ne jurent que par le pétrole et les chromés. Ils sont sanglants et violents alors que les femmes sont de nature docile et représentées comme des objets, des vaches à lait. Quand elles viennent à se rebeller, les hommes prennent peur et c’est là que le chaos commence. Fury Road nous offre un discours sur l’indépendance de la femme, son besoin d’émancipation et sa force sous-estimée par les hommes à travers leur regard biaisé d’hommes possessifs et effrayés. Ce qui donne un résultat étrange entre féminisme et machisme. Furiosa (Charlize Theron) est captivante dans sa force et sa faiblesse. Elle agit seule mais reconnait quand elle a besoin d’aide. Méfiante, elle peut accorder sa confiance si elle considère l’autre comme méritant. D’un aspect froid et calme, Furiosa est une femme pleine d’espoir qui ne cherche qu’un monde meilleur pour des gens qui, comme elle, n’ont pas eu le choix de leur vie. L’analyse de l’Imperator Furiosa pourrait prendre des heures et surtout plusieurs films. j’aimerais beaucoup une série (télé ou de films) centrée sur ce personnage brillamment incarné par une Charlize Theron nerveusement en retenu.

Un deuxième coup d’oeil nécessaire

La question doit être tranchée car je ne peux rester sur cette impression de “c’est bien et en même temps c’est mauvais.” Le film s’étend sur plus de deux heures et ne nous propose pas grand chose de nouveau à nous mettre sous la dent. Il reste à l’orée de quelque chose d’intéressant et plus complexe comme si Fury Road n’était qu’un épilogue à une saga (il me semble que Tom Hardy a signé pour au moins 3 films) prometteuse.

Mad Max Fury Road le pétard mouillé ? #6

Si c’est le cas, merci pour le foutage de gueule efficace car il est évident que j’irai voir la suite, si suite il y a et surtout, j’irai voir une seconde fois Fury Road (j’ai très envie de le revoir une seconde fois ! ) mais avec des boules Quies parce qu’il est hors de question que j’écoute à nouveau la composition de Junkie XL. Ma curiosité et mon dévouement envers le septième art – et surtout le cinéma d’action – a ses limites !

Mad Max Fury Road réalisé par George Miller. Action. Durée 2h

Déjà sorti

Mad Max Fury Road le pétard mouillé ? #8