Man versus Wild : Seul face à la nature

Man versus Wild : Seul face à la nature

Man versus Wild : Seul face à la nature

Le show est diffusé en Grande Bretagne sur Discovery Channel et en France sur NT1. Il est « présenté » par Edward Michael Grylls, alias « Bear Grylls », qu’on ne peut qualifier que d’aventurier étant donné son parcours pour le moins original. Je vous renvoie à sa page wikipedia pour plus de détails, mais il serait bon de mentionner qu’il a escaladé d’Everest à 23 ans, a été dans l’armée indienne et dans les forces spéciales brittaniques et a battu avec son équipe le record Guiness de la chute libre en intérieur la plus longue (1h36 minutes).

Maintenant que vous voyez un peu le personnage, imaginez le documentaire de Discovery Channel qui pourrait aller avec. C’est donc une émission originale où l’on se sent vraiment dans la peau d’un aventurier.

On suit Bear Grylls de près. Il se fait larguer en parachute dans un environnement hostile et reculé, avec pour mission de retrouver la civilisation. Talentueux comme il est, il met pourtant entre 2 et 4 jours à retrouver la civilisation dans des endroits où d’autres n’ont généralement pas eu cette chance.

Mes meilleurs souvenirs sont tout de même liés à ses conseils gastronomiques :

« ce mille patte a une odeur d’amande parce que sa peau est recouverte d’un cyanide, donc mangez plutôt cette grosse limace attirée par l’humidité de mon abris »

« quand vous n’avez pas la chance de trouver un point d’eau, suivez –de loin– les éléphants, les bouses séchées sont dégueulasses mais contiennent suffisamment d’eau pour survivre »

« ouh un zèbre mort, je vais faire un festin ! »

Oui, la partie « se nourrir » du show est peut-être la plus gore. Mais c’est le principe.

Un petit exemple, relativement soft quand on a vu Bear dépecer un chameau pour récupérer de l’eau dans le désert.

L’émission a été vivement critiquée pour « manque de réalisme ». Effectivement, Bear ne dort pas toujours dans les abris qu’il crée, et certaines scènes sont causées exprès pour corser la difficulté de l’aventure, mais la chaîne et son présentateur ont répondu par un argument que je pourrais résumer ainsi : ce n’est pas une émission de téléréalité mais un documentaire didactique sur la manière de survivre dans un environnement hostile. Moi, ça me parait juste.

En bref, moi qui aime penser qu’il existe encore des coins reculés du monde où on ne voit même pas un pylône électrique, c’est un régal. Fiction ou pas, c’est l’histoire d’un homme qui survit seul dans la nature, et qui adore ça. Sa passion est communicative et je trouve difficile de ne pas accrocher, tous ces éléments réunis.

Dans une approche plus générale, j’ai l’impression que cette émission tape un peu dans le courant de pensée survivaliste. Le survivalisme porte sur la théorie que du jour au lendemain, une catastrophe (naturelle ou causée par l’homme) peut survenir, détruisant du même coup l’ordre local, régional, national ou international. Les survivalistes se préparent mentalement (en acquérant des connaissances et des compétences), physiquement (en se maintenant en forme), et matériellement (font des réserves, créent un bunker, achètent des armes).

Ce courant de pensée très sérieux a donné lieu au commerce de kits de survie, et à des sites web communautaires où ils peuvent partager des connaissances sur les meilleurs moyens de survie (comment se traiter contre les radiations, etc.) et même à un jargon (emprunté en partie aux militaires).

C’est un peu une réaction au fait que l’homme est dépassé par sa technologie (vous savez exactement comment marche votre four à micro-ondes ?) et ne saurait pas survivre s’il en était dépourvu. Du coup on fait un retour au côté primal humain, un retour à la nature, et à force de préparations on en serait presque à le souhaiter.
Dans la veine survivaliste, il y a aussi les Défis du Bout du Monde, ou Last Man Standing diffusé sur la BBC en Grande Bretagne, et sur France 4 chez nous. Six hommes assez sportifs partent découvrir huit sports traditionnels tribaux à travers le monde, se mesurant aux locaux et entre eux. Ils  participent aux tâches du village pendant que les adeptes de la tradition les forment aux règles et aux techniques de leur art.

C’est une nouvelle série d’émission de télé-réalité, où c’est un parcours initiatique, une route de conscience et de dépassement de soi, que le téléspectateur va suivre, s’abreuvant de la sueur et du sang de ce nouveau type de surhommes.

Sur ce, je vous laisse, on me parachute dans 10 minutes au-dessus d’un volcan pas tout à fait éteint.

  • Man versus Wild : Seul face à la nature #2