Iron Man 3: un alliage d'excellence et de déceptions

Iron Man 3: un alliage d'excellence et de déceptions

Depuis l’an de grâce 2008, la licence Iron Man n’a cessé de briller, telle une armure polie et lustrée par une Nafissatou Diallo qui, s’attelant à sa tâche, ne manquerait pas de se faire draguer par un Tony Stark bourré, car oui, je me permettrai cette analogie, Tony Stark, c’est un peu le DSK de Marvel dans une certaine mesure. Riche, intelligent, lucide, complexé mais m’as-tu-vu, imprévisible, Tony Stark a t’il été le héros du film de trop, le héros du film qui fera chuter sa carrière ? Forçant les avengers à se choisir un nouveau leader? Analyse.

Exit Jon Favreau, c’est Shane Black (Kiss Kiss Bang Bang)  qui porte l’armure du réalisateur dans ce nouvel opus (oui, j’aurais pu dire casquette, mais c’était mieux de parler d’armure, parceque Iron Man tout ça), et cela est-il un vrai changement ? En ce qui concerne ce genre de grosses productions, il est difficile de réellement voir un apport du réalisateur tant tout ceci est calibré, travaillé, millimétré. Tout ceci reste très efficace. Pourquoi avoir commencé par ce point ? Parceque ces films en sont devenus tellement impersonnels que s’attarder sur le réalisateur c’est un peu comme parler de la marque du pinceau qui a permis de peindre un Boticelli : Ok, il a fait le job, mais s’il était pas dispo, on aurait pas vu la différence.

L’histoire se passe après Avengers, l’on retrouve un Tony Stark complexé, angoissé, hanté par sa “mort” dans le film susdit. Le film commence sur un flashback de la vie de Tony, en 1999,  lors d’un congrès scientifique en Suisse, où sont exposés les personnages de Killian Aldrich et Maya Hansen, qui reviennent et prennent de l’importance, plusieurs années après, dans une intrigue que je ne révèlerai guère, mais qui implique une histoire de soldats modifiés génétiquement, une affaire de terrorisme international et bien évidemment, l’histoire d’amour entre Pepper Pots et ce bon vieux Tony (pour vous faire un peu le topo).

L’intérêt de ce troisième opus dans la licence est l’arrivée de l’ultime ennemi d’Iron Man, le Mandarin. Il est même étonnant que cet antagoniste ultime (j’insiste)  n’intervienne qu’après 4 films, si l’on considère qu’ Avengers est un peu un Iron Man 3 avant l’heure, c’est comme si le joker n’était dépeint qu’à partir de Batman forever. Alors quid du traitement, quid de l’écriture, quid de l’interprétation ? Les images de promo le présentent comme un personnage vraiment classe ! Donc ça ne peut qu’être bien , non ???

Iron Man 3: un alliage d'excellence et de déceptions #2

I’m Muslim and You know it

En premier lieu, mondialisation oblige, et intention de ne pas blesser le marché chinois de surcroit, finie l’origine “asiatique” du mandarin. Le personnage est traité comme un Ben Laden Arabo-Perse, ce qui est un point de vue, même si l’on perd 80% de l’intérêt du personnage. Personnage “magique” s’il en était, sorcier chinois aux multiples facettes dans le comics, l’approche terroriste est déjà une faute en soi. Pourquoi ne pas s’être permis de garder l’originalité intrinsèque du mandarin, toute la magie, dans un monde qui, dans Avengers,  et par corollaire dans tout son univers, se permet de nous parler de merveilleux par le biais de Thor, Loki et autres Tesseracts ? Mec tu fais un film se passant dans un monde où y’a déjà eu des aliens qui viennent par un portail interdimensionnel, et t’as pas les couilles de dépeindre un personnage connu pour sa sorcellerie, alors qu’on était déjà prêts psychologiquement à accepter le mystérieux, la magie noire, les arts sombres de l’orient et tu nous en fais un terroriste à la Mollah Omar ? (ce qui en soi est déjà une redite, puisque la scène d’ouverture du premier Iron Man commençait déjà sur la piste al-qaïdesque ?)

Grosse déception donc.

Mais heureusement, il n’y a pas que le mandarin dans ce film. La mauvaise nouvelle dans cette bonne nouvelle, c’est que le personnage de playboy scientifique qu’est Killian Aldrich, c’est plus ou moins la 3è fois qu’on l’observe à la caméra. Rappelez-vous:

  1. Premier film: Obadiah Stane
  2. Second film: Justin Hammer
  3. Ce troisième opus: Killian Aldrich

A croire que l’intrigue d’un Iron Man ne peut se faire sans s’exempter du schéma suivant:

  • Un ennemi instable et peu recommandable, synonyme de la Force brute, qu’Iron man n’est pas
  • Un ennemi en col blanc, égal de Tony Stark au niveau avancée scientifique et puissance industrielle, son nemesis, sa version maléfique
  • Et en général, le premier est commandé/rémunéré par le second

Et en même temps que je rédige ces lignes, je me rends compte qu’effectivement c’est toute une formule chimique qui ne surprend que sur les petites subtilités qui modifieront un ADN scénaristique déjà très semblable à ses précédents opus. Bref ! On est beaucoup plus séduit par Killian Aldrich  que par le mandarin (charisme de Guy Pearce aidant), ici, et malgré le schéma que je viens de vous énoncer, ce n’est pas un réel mal.

Iron Man 3: un alliage d'excellence et de déceptions #3

I’m sexy and I Know it

L‘Iron Patriot, qui aura fait s’hérisser le poil des vrais, des durs qui s’indignaient déjà de la trahison du matériau d’origine :”Quoi ? Mais Iron Patriot c’est pas Jim Rhodes, c’est Norman Osborne, bordel!”, cet ex-War Machine, donc est bonne source de fun, mutant le film vers ses trois quarts en un buddy movie pas dégueu, -comme le 2 pensé-je au même moment-. L’humour a, par ailleurs, une très bonne place dans ce film. Mention spéciale à la discussion entre le gamin et Tony (vous comprendrez en voyant le film), mais une fois encore rien de réellement inhabituel, on est vraiment en terrain connu, finalement. Non la seule chose qui change vraiment, c’est la qualité des effets spéciaux.

Croyez-moi, vous en prendrez vraiment plein les mirettes : la nouvelle armure n’est pas sans rappeler les chevaliers du zodiaque, ce qui est propice à plein d’effets dignes des transformers, ce qui est bien classe.

Iron Man 3: un alliage d'excellence et de déceptions #4

“Une fois encore Seiyar et ses compagnons sont… ah non pardon”

On peut malgré tout remarquer l’impulsion mercantile lors de la séquence d’arrivée des différentes armures=l’on sait que la création/l’apparition d’un personnage dans un film sera l’occasion d’en confectionner une version figurine que les geeks collectionneurs seront prêts à acheter. Mais j’écris, j’écris, il serait temps que j’émette un verdict.

https://youtube.com/watch?v=RgZA2_7zanY%3Frel%3D0

Dans le domaine de la suite déjà-vue, mais qui surprend quand même un chouïa, Iron Man 3 se pose là. Le traitement scénaristique du mandarin en décevra plus d’un, et Kilian Aldrich aura l’air d’un mélange entre la torche humaine et Justin Hammer. Du divertissement très efficace, en somme, non sans défauts, à l’image de son indécrottable Tony Stark, donc Robert Downey Junior n’a pas encore signé pour la suite. Je ne peux que vous conseiller d’aller le voir. Ce n’est que mon humble avis, mais je le partage.

  • Iron Man 3: un alliage d'excellence et de déceptions #5
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