TRACES, un cirque urbain branché rock et street art, à voir de toute urgence !

Affiche

C’est dans le vent et la poudrerie* qu’Amha a garé jeudi dernier sa roulotte en double file pour s’inviter au spectacle Traces, le show écœurant** et fucké*** que nous ont patenté**** six Québécois bourrés de talent !

Petite remise au jus pour ceux qui seraient passé à côté de l’annonce lancée il y a quelques jours sur Amha – ou qui auraient tout simplement paumé leur dictionnaire Français-Québécois ! – Traces, c’est le mélange explosif de six artistes d’exception tout droit sortis de l’Ecole Nationale de Cirque de Montréal : six corps vibrants, sculptés par des années de pratique et une maîtrise infinie de leurs corps ; six artistes aux talents multi-facettes, acrobates-musiciens-danseurs-contorsionnistes de profession ; six esprits délirants, dotés d’une créativité débridée et d’une audace infinie, défiant presque les lois de l’entendement.

Mec saut mât chinois

Traces c’est aussi l’incarnation de la nouvelle génération des Sept doigts de la main, la prestigieuse compagnie fondée en 2002 par sept artistes de cirque confirmés qui ont bourlingué sous les projecteurs des plus grandes compagnies internationales telles que le Cirque du Soleil et le Cirque Eloïze — pour ne citer qu’eux — afin d’insuffler à la nouvelle scène actuelle un esprit résolument urbain et contemporain tout en revisitant les traditions du cirque à la mode streetwear.

Equilibre Philip 2

Pour pouvoir se représenter l’esprit de Traces avant même de les avoir vus sur scène, il faut beaucoup d’imagination. Imaginez donc la fille du grand Pinder, promise à une belle carrière de trapéziste-funambule, décidant un soir d’été de faire des noeuds à ses draps pour se faire la belle, et descendre par la fenêtre de sa roulotte sans réveiller ses parents. Elle se promène nus pieds en nuisette, bercée par le chants des grillons, et aperçoit au loin un skate park tout de graff’ immaculé. “Trop stylé” se dit-elle, tout en commençant à percevoir dans sa jeune oreille blanche et laiteuse le bruit d’un skate s’écrasant sur l’asphalte rafraîchi par la brise nocturne, sur un fond de Radiohead. Elle s’approche, ses pieds nus foulent l’herbe tendre, et la silhouette d’un beau skateur, tout de Carhartt et de Etnies vêtu, se découpe dans le ciel étoilé et la lumière tamisée de quelques lampadaires rouillés.

Escalade

… Et naquit ainsi l’esprit de Traces, le fruit d’un amour adolescent entre les arts du cirque et de la rue, associant dans un spectacle explosif, jeune et plein de pep’s, équilibres puissants et maîtrisés sur fond rock, acrobaties à skate, sauts en roller, danse, dribbles de basket et effets visuels, le tout sur fond de parodies, de clins d’oeil et d’auto-dérision. Car les prodiges de Traces ne se prennent pas au sérieux, et la complicité avec le public instaurée au fil du spectacle se change presque en proximité. Les six clowns changent la scène en un morceau de rue montréalaise où les limites de l’espace et du possible se réinventent en un monde urbain fantasque, et où seulement quelques centimètres d’asphalte séparent le public des artistes. Le décor urbain se change en accessoires de cirque, permettant les acrobaties les plus loufoques et où le spectateur se fait embarquer dans un monde de fantaisie et d’enchantement, tel un passant s’arrêtant dans sa trajectoire quotidienne pour admirer un jongleur de bolas ou une sculpture humaine se mouvant lorsque quelques centimes retentissent dans son chapeau.

Un couple entre en scène et nous bluffe avec une impressionnante démonstration de main-à-main, une étonnante chorégraphie aérienne entre danse, portés et équilibres réunissant Geneviève Morin et son partenaire… Puis, quelques dribbles sur fond rock plus tard, les artistes s’élancent avec légèreté et fluidité le long de deux mâts chinois dressés au fond de la scène… Pour ensuite atterrir les pieds sur un skate et s’embarquer dans des sauts d’obstacles humains. Une femme vêtue de rouge s’envole dans une étoffe, retombe sur un tremplin, et fait s’envoler sous son poids un gymnaste en pirouettes maîtrisées, pendant qu’un autre se lance dans un dessin à la craie sur le sol… Et derrière, une toile de cinéma, des bruits de sirènes, une émission de télé, une ambiance joyeuse de bordel, de fête et de fin du monde… Le public est entre ciel et terre, ça part en vrille, en grand délire généralisé, on en a la tête qui tourne, les applaudissements résonnent, et dans le hall, les quelques enfants qui ont eu la permission de 10h ressortent avec des étoiles au fond des yeux… et nous aussi !

Vera.

* Rafales neigeuses, neige animée par le vent et réduisant la visibilité.
**Pour montrer l’enthousiasme ou la valeur esthétique de quelque chose, « vachement chouette ».
***Renversant, épatant.
****Bricoler, inventer.

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ML lache un com
ML lache un com
23 décembre 2009 14:52

Bravo, c’est bien d’en parler que maintenant… du coup je ne pourrais pas aller les voir, sauf s’il font des prolongations. En tout cas ça donne envie !

Bob
Bob
23 décembre 2009 17:22

désolé mais on ne sait pas faire des critiques de spectacle avant de l’avoir vu ^^ on n’est pas encore invité aux avant-premières 😉

E.R.84
E.R.84
23 décembre 2009 22:22

Mais t’es jamais content ML ! 😀

Pour ta gouverne on l’a déjà annoncé le 10 décembre, na.
Après pour couvrir la chose il faut quand même prendre le temps d’écrire l’article, comme le dit Jayer.

Un jour on sera super-stars et on vous fera des pitchs en avant-plus-que-première vous verrez. 🙂