100 Bullets

100 Bullets

Aujourd’hui, je viens vous parler (pour peu que vous en ayez quelque chose a faire), d’un comic-book pour lequel aucune adaptation cinématographique n’est en cours, aucune rumeur de jeu-vidéo – quoique, a voir à la fin de l’article – ou de série animée ou quoi que ce soit, bref… Je viens vous parler d’un comic qui a été encore plus ou moins passé a la trappe en France alors qu’il mériterait bien mieux : 100 Bullets. Férus de pulps, de polars noirs et de théories conspirationnistes, soyez comblés !

100 Bullets, c’est d’abord un personnage, l’agent Graves. On voit son ombre planer tout le long du comics ; chaque épisode démarrant lorsqu’il rentre en contact avec diverses personnes de par le pays. Invariablement, il leur offre une mallette, dans laquelle se trouvent une arme et 100 balles, toutes in-traçables – les fédéraux sont sensés arrêter toute enquête s’ils tombent sur une telle balle – ainsi que des preuves implacables démontrant qu’une personne a causé beaucoup de tort au destinataire de la mallette. Ils peuvent accepter de se venger, en toute impunité, ou décliner l’offre. Certains refusent. D’autres acceptent, avec un degré de réussite variable.

100 Bullets #2Au début, l’histoire n’est qu’une succession d’épisodes incluant des personnages divers et variés. Puis, évidemment, on finit par comprendre que ces personnes possèdent toutes un lien, et que l’agent Graves fait partie d’un plan beaucoup plus vaste qu’il n’y parait…

La série, éditée par DC Comics – gamme Vertigo, du noir, du trash, du bon – a gagné plusieurs awards (3 Harvey Awards et 3 Eisner Awards) et pour cause : amha c’est une des meilleurs séries contemporaines qu’il m’ait été donné de lire – même si je n’ai pas terminé – et une preuve solide que les comics ne sont pas forcément dédiés aux neuneus. L’univers décrit ici est très “noir”, très réaliste ; le scénariste Brian Azzarello fait un usage massif d’argot et de dialectes locaux pour renforcer l’immersion – je vous laisse imaginer le niveau de la trad’ française, mais j’y viens après – et la réaction des personnages sonne généralement très juste. On s’y croirait. La morale n’est pas toujours forcément présente, la majorité des personnages n’étant vraiment pas des enfants de chœur ; puis après tout, l’histoire parle essentiellement de la vengeance et de ce qu’elle apporte…

Aux States, il y eut donc 100 épisodes, disposés dans 13 tomes reliés (a 10$ le tome en moyenne, c’est un bon plan, non ?). En France, ca se corse évidemment, car un comic pas encore adapté par Hollywood ca rapporte pas de pognon car les deux premiers tomes, distribués par Soleil qui a abandonné, puis par Semic quelques années plus tard, sont plutôt durs a trouver – néanmoins faisable – tandis que la suite est distribuée par l’infâme boite Panini Comics. Niveau traduction, c’est pas terrible, évidemment, les parutions sont a la bourre (le dernier est sorti en Janvier 2010, aux states il était sorti en 2005/2006…) mais bon : si ca vous fait tant mal d’apprendre l’anglais, vous reprendrez bien un peu de vaseline ?

Pour l’anecdote : la boite 3DPublishing a acheté les droits de ce comic pour une adaptation vidéo-ludique. A la base c’était Acclaim qui devait faire quelque chose, mais vu qu’ils se sont cassés la gueule, bah… Cela étant, je vous laisse : on vient de me livrer une mallette avec un flingue, 100 balles, et une photo du directeur de Panini Comics, un tome de Hellboy a la main…

  • La série sur le site de DC Comics : 1er épisode en téléchargement gratuit (en anglais, bande d’anglophobes :p )
  • Non je ne mettrai pas de lien vers Panini… Même avec un gros chèque.

Furfur.

  • 100 Bullets #3