Lone Ranger - Un western qui ne veut pas en être un

Lone Ranger - Un western qui ne veut pas en être un

Lone Ranger est la nouvelle production Disney réalisée par Gore Verbinski (La machine à explorer le temps) avec Johnny Depp, Armie Hammer et produit par Jerry Bruckheimer (Pirates de Caraïbes).

Cette fois-ci exit le côté caraïbes nous nous retrouvons dans le grand ouest américain fin 1860, période charnière où les compagnies ferrovières faisaient la course afin d’atteindre le plus rapidement différentes villes des Etats-Unis.

Lone Ranger met en scène John Reid un homme de loi qui revient dans sa ville natale pour prendre le poste de procureur. Il se voit contraint de s’associer avec Tonto un Amérindien un peu timbré (mais plein d’intelligence) lorsque celui-ci se retrouve face à l’évasion de Butch Cavendish (William Fichtner) un meurtrier qui devait être exécuté.

Je n’irai pas plus loin dans les détails car le scénario est relativement classique, je vous laisse apprécier la bande annonce :

Attaquons par le négatif : Lone Ranger n’est pas LE film de l’année, c’est un western (certes assez rare en ce moment) mais sur une construction classique propre au genre (scénaristiquement parlant). Peu de surprises donc mais le film regorge de potentiel… Potentiel… C’est bien le maître mot de celui-ci.

En effet, en allant voir ce film, on sent que quelque chose ne fonctionne pas correctement et pourtant… ce n’est pas un mauvais film, faisons le tour des points positifs et négatifs :

Les personnages sont bien construits et la réalisation agréable (très “Pirates des caraibes”) mais qui fonctionne très bien.

Le montage est de mon point de vue problématique car il est assez inégal. Certaines longueurs du film (qui dure 2h30) font perdre le rythme au spectateur qui passe trop rapidement de scènes d’action pures avec humour à … on ne sait quoi… Car le film se veut un mélange de genre : Western, super héro, comédie, aventure… Mais surtout, Lone Ranger est une adaptation d’une émission radio (1933) et d’une série télévisée de 1953.
Comme chaque adaptation (livre ou série), les scénaristes tentent par dessus tout à insuffler l’esprit de l’original tout en conservant la profondeur des personnages. Et malheureusement Lone Ranger essaie d’en faire trop !

Dans un film (qui je le répète se veut familial) le réalisateur tente de poser les bases d’un western avec l’arrivée du chemin de fer, mettre en place des personnages avec un passé assez riche, ajouter à ça de l’action une intrigue et un peu d’humour… sur 2h30… Il n’en fallait pas plus, mais peut être que cela fait trop pour un film qui se veut “divertissant”.

Si Armie Hammer se débrouille assez bien (il possède un charisme à la Ryan Gosling qui convient assez bien à ce style de rôle mais qui n’ira pas plus loin…), on sent que Johnny Depp a fait le tour de ce type de personnages et devrait peut être passer à un autre genre mais le duo fonctionne à merveille. Helena Bonham Carter n’a qu’un rôle anecdotique et finalement le personnage que l’on attendait le moins que l’on aime le plus c’est le… Cheval Silver qui s’avère être un des éléments humoristique-intéressant du film. On regrettera finalement qu’il n’y ait pas plus d’humour… Car oui, malgré les “piques” et un duo de héros décalés, le film ne sait pas sur quel ton appréhender le spectateur (ou l’inverse ?).

Pour résumer :

En fait c’est le grand problème du film,  son style par rapport à la cible : Un western c’est violent, traite de sujet graves, politiques, racistes, etc… Soit on en fait un film totalement humoristique comme le faisaient très bien Bud Spencer et Terence Hill soit un film plus grave avec de l’action (comme Django ou la série Hell on wheels) le mélange des genres tiraille le spectateur entre l’attente d’un film disney familiale avec de l’humour et un western classique…

On pourra aisément comparer ce film au fameux Wild Wild West (avec Will Smith et Kevin Kline) lui même adaptation d’une série très connue mais où le style est clairement définit par un film 100% action où on ne s’attarde pas sur le passé des personnages. Lone Ranger aurait pu s’inspirer de son homologue Zorro qui dans son remake avec Antonio Banderas (Le masque de Zorro) avait sû trouver un bon rythme tout en gardant le côté construction des personnages et leur passé.

Lone Ranger est un sympathique divertissement mais qui aurait pu être largement amélioré par une durée plus courte, un montage plus dynamique sans s’attarder sur le passé des personnages. Mais parce que Big D espérait en faire une nouvelle franchise (avec des suites) il fallait poser des bases mais plutôt que de privilégier le présent (comme les Pirates des caraïbes) Gore Verbinski essaie par dessus tout de nous montrer qu’il peut tout faire en un seul film… C’est réussi mais c’est raté… le film vous décochera quelques rires mais entrecoupé de bâillements pour les uns et de frustration pour les autres.

  • Lone Ranger - Un western qui ne veut pas en être un #2