Transmetropolitan – Embrace your future

Aujourd’hui on va parler comics, cyberpunk, sexe, drogues et journalisme.

Couverture du tome 6 de "Transmetropolitan"

Transmetropolitan est une série de comics, commencée en 1997 et conclue 5 ans plus tard, publiée par Vertigo (branche de DC Comics), écrite par Warren Ellis (Hellblazer) et illustrée par Darick Robertson (The Boys).

La série est centrée autour du personnage de Spider Jerusalem, journaliste d’investigation politiquement incorrect, en guerre perpétuelle avec le système corrompu d’un futur cybernétique et franchement dégueulasse.

Scène de rue tirée de "Transmetropolitan"

Après une longue période de dépression où il s’était réfugié dans un petit taudis, en pleine montagne, Spider est ramené dans la Ville par son éditeur lui rappelant qu’il lui devait encore quelques articles et qu’il le harcèlerait jusqu’à la fin des temps s’il n’honorait pas son contrat, fissa.

Histoire de retourner cracher sur la Terre entière, et surtout sur lui-même, tranquille au fin fond des bois, Spider enfile le minimum syndical en matière de vêtements pour aller redécouvrir le monde des vivants (?) et la merde qu’ils charrie quotidiennement.

Spider va alors commencer à reprendre ses bonnes vieilles habitudes de journaliste à coups de tatanes dans la fourmilière et d’agitateur d’intestins.

Mais le scénario va rapidement se complexifier quand l’anti-héros (ou demi-dieu, au choix) va décider d’en finir une bonne fois pour toutes avec le “griffonnage” et répandre la Vérité, par la force s’il le faut, façon Terminator-est-une-chochotte-comparé-à-la-poussière-qui-colle-à-mes-semelles.

Spider Jerusalem et ses sordides assistantes
Spider Jerusalem est un être pâle, couvert de tatouages, fumant, buvant, se droguant même si, à son époque, les addictions et les cancers ont été enrayés grâce à de nouveaux traitements, et rapidement accompagné d’un chat à deux visages et trois yeux, accro au tabac, et de ses deux sordides assistantes : Channon Yarrow (ancienne strip-teaseuse et gangster) et Yelena Rossini (fille d’un riche politicien et philantrope), aussi sexy que trash et intelligentes.

Le monde de Transmetropolitan, se déroulant quelque part durant le 23ème siècle, abrite une population cosmopolite, câblée et croulant sous la misère sociale. Cela donne lieu à des pages entières de scènes de rue magnifiquement illustrées par Darick Robertson, remplies de détails qu’on voit, sans vraiment les voir au premier coup d’œil, mais qui permettent de nous plonger, plus ou moins consciemment, dans l’ambiance glauquissime de l’œuvre.

Image de Fred Christ dans Transmetropolitan
Disons les choses comme elles sont : Spider Jerusalem est un beau connard, certes, mais un connard juste.
On admirera sa rigueur journaliste et son éthique autant qu’on détestera la façon dont il traite ceux qui lui sont proche.
C’est, malgré tout, un personnage complexe qui s’adore autant qu’il peut se punir violemment lorsqu’il estimera avoir trahi ses valeurs. Qui peut faire preuve d’une gentillesse extrême juste avant d’être d’une brutalité et d’une vulgarité sans nom (ou presque : putain et baiseur sont des noms qu’il aime à répéter afin d’enjoliver ses phrases). Il doit trouver les milliers de chaînes câblées, vomissants des programmes toujours plus dégradants et remplis d’images subliminales, tout aussi jouissives que rebutantes.

Le personnage de Spider serait inspiré de l’auteur américain Hunter S. Thompson et le look qu’il arbore lorsqu’il vit en ermite dans la Montagne, un hommage à l’apparence excentrique de l’auteur de comics Alan Moore (Watchmen, V. for Vendetta, From Hell).

Spider Jerusalem cheveluAlan Moore

Que dire de plus sans vous spoiler ? Comment décrire des images d’une telle complexité, un scénario aussi prenant ? Je ne suis pas une artiste, j’en serai incapable.

Il ne vous reste plus qu’à le dévorer lire. La série a été entièrement traduite en français et est disponible chez tous les bons revendeurs.

Sarah Mone

Cinéphile/Nanarphage, adepte des connaissances multiples, à 23 ans j'ai décidé d'apprendre une dizaine de langues différentes afin de succéder dignement à Maître Capello (pour m'y aider, on m'a offert deux Bescherelle à Noël).

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