Avatar, le dernier maitre de l’air : Livre 1 : Film VS Dessin animé

Depuis le temps que l’on attendait, on peut enfin se faire une opinion du film adapté de la série animée Avatar, le dernier maitre de l’air. Je préciserai que sur AMHA on n’est pas un blog ciné et on a aucune envie de concurrencer les spécialistes donc ne vous inquiétez on ne vous fera pas une critique générale du film (je vous laisse voir la critique la plus honnête que j’ai trouvé sur BuzzMyGeek).

Ce que je vais faire est un cadeau pour les amateurs de la série : un comparatif entre le dessin animé et le film (livre 1 : l’eau) pour tenter de déterminer si c’est à défaut d’être un bon film, d’être un bon divertissement pour les fans. Bien entendu il y aura de nombreux éléments de spoils donc je vous conseil d’avoir vu les trois saisons du dessin animé avant de continuer…

Univers

Tout d’abord l’univers est très bien respecté : 4 nations avec leurs cultures et leurs mentalités, l’introduction du film reprend d’ailleurs la présentation des quatre éléments et le discours de Katara. On retrouve le monde comme on le connait dans le dessin animé en passant des villages du royaume de la Terre, la cité de Glace du Nord,  aux temples et en nous parlant des grandes villes comme Ba Sing Se (sans jamais la voir malheureusement). Tout ce qui est bâtiment, vêtements ou lié au décor est respecté on se sent dans le dessin animé. Les mauvaises langues diront que certains plans font très cartons pâte ce qui est malheureusement le cas notamment au Pôle Nord. Autre point négatif, le manque de temps ! Le film ne faisant que 1h43 vous vous doutez que le réalisateur ne peut développer tout l’univers comme l’a fait Nickelodeon en 20 épisodes de 20min. Du coup, beaucoup de clins d’œil mais aucun focus sur un élément précis.

Heureusement les pouvoirs sont là ! Un des point les plus réussi du film est la retranscription des pouvoirs des quatre peuples et la façon dont ils les contrôles. Chaque pouvoir, chaque maitrise nécessite un apprentissage et des geste minutieux. Cela est bien mis en valeur avec Katara quand elle débute (elle fait n’importe quoi et rate tout) et lorsqu’elle s’entraine (elle précise que le poignet doit être exactement dans tel angle et le bras dans tel position etc…).

Notons également la petite particularité des maitres du feu qui ici ne peuvent pas créer le feu mais juste le manipuler. Je dirai que c’est un des rares éléments original que M. Night Shyamalan a mis ne place par rapport à la série. Du coup, il y a un meilleur équilibre entre les différentes nations et surtout la comète Sozin prend une importance vis à vis des livres à venir. En effet, celle-ci donnera la possibilité aux maitres du feu de créer le feu ce qui déséquilibre les forces.

Scénario

Si les trois premiers épisodes de la série sont parfaitement retranscris (à la scène près) la suite est beaucoup plus floue et notamment tout ce qui concerne l’apprentissage de “l’eau” et tout ce qui concerne le royaume de la Terre. En effet, une terrible coupe a eu lieu dans le film concernant les guerrières de l’île Kyoshi et notamment Suki qui n’apparaissent tout simplement pas ! Horreur vu l’importance de cette dernière dans l’histoire par la suite mais aussi frustrant car les images ont été filmées !!! Oui oui, regardez l’image ci-dessous, il y a même des affiches pour promouvoir le personnage. Pourquoi une telle coupe dans le film ?

Ou encore 0:15 dans cette bande annonce

Autre point qui aurait rajouté du piment au film : Boomi un des rois du royaume de la Terre qui âgé de 108 ans était le seul à avoir connu Aang et était encore vivant. Précisons également que le personnage est complètement délirant et c’est un gros bourrin qui aurait ajouté de bonnes scènes d’action. C’est également un des personnages qui permet à Aang de comprendre l’importance de son apprentissage et d’accepter le fait d’être l’Avatar.

Aang peut également dés le départ aller dans le monde des esprits, cette capacité qui n’apparait que dans le dernier volume est ici implantée pour justifier les pouvoir de l’Avatar (liaison avec le monde et les esprits). On regrettera le choix du Dragon pour incarner les esprits alors que dans le dessin animé il s’agit d’un Lion-Tortue qui en jète bien (comment vont-ils tourner ça dans le volume 3 ?).

Enfin dernier point un peu bâclé à mon gout, l’impression du temps qui passe est très mal retranscrite. En effet, le voyage du Pôle sud au Pôle Nord dure plusieurs semaines or on n’a l’impression que cela dur quelques jours à peine. Pire l’apprentissage de Aang et Katara pourrait avoir eu lieu en trois jours vous ne l’auriez pas remarqué ,ce qui est dommage notamment dans la cité de glace du Nord où l’entrainement est rude surtout avec le “maitre d’arme” qui ne souhaitait pas entrainer Katara (aucune mention n’en est fait dans le film).

Personnages

Je ne sais pas quel est le pire, ne pas respecter le caractère des personnages, leur réinventer un comportement de tête à claque ou tout simplement les ignorer. Car si les personnages sont physiquement ressemblants à leurs homologues animés il n’en est rien du reste…

– Aang (Noah Ringer), ne décroche pas un sourire de tout le film. C’est censé être un gamin joyeux qui fait des bêtises car il s’ennuie.  En effet, non content d’être l’Avatar il est un des meilleurs maitre du Vent reconnu par ses professeurs. Aucune notion de ces éléments ne fait parti du film. Aang est chiant, fuit tout le temps, se morfond et est un banal maitre de l’air (salut mec, oh tu fais du vent, cool !).

– Katara (Nicola Peltz), est a peu près bien respectée, je n’est pas de commentaire particulier à son égard outre le fait que sa relation avec Aang n’évolue pas beaucoup au cours de ce premier film alors que leur apprentissage est censé les rapprocher un minimum.

– Sokka (Jackson Rathbone), est le gros échec du film, il est censé être le personnage comique et héroïque (qui se démerde sans pouvoir en plus). Il est ici à peine développé. Alors, certes il écope de deux ou trois sketchs grossiers pour les enfants mais on ne va jamais au-delà. La présence de Suki aurait largement réussi à faire prendre plus de profondeur au personnage.

– Zuko (Dev Patel), n’est pas trop mal fait. On regrettera la petitesse de la cicatrice qui est censée lui prendre un bon quart du visage avec de la croute et qui ici est à peine visible. Le personnage est bien nerveux et énervé contre tout le monde. Pour le coup Dev Patel n’est pas trop mauvais et se démerde même plutôt bien dans les scènes d’action.

– Iroh (Shaun Toub), est également bien respecté : calme, sage et puissant. Avec Zuko, c’est d’ailleurs le seul “couple” du film qui évolue et dont les relations (complexes) sont mises en avant. On appréciera le petit final où Iroh montre sa pleine puissance (malheureusement sans se battre 😉 )

– Lord Ozai (oui oui) (Cliff Curtis), apparait dans ce premier film alors qu’il n’est que suggéré dans la série. Le choix est plutôt logique pour un film pour enfants (à priori) où il faut incarner le grand méchant. Je regrette le choix de l’acteur (ou le peu de charisme donné à celui-ci au personnage). Lord Ozai est censé être un souverain puissant et haineux qui ici fait “presque” gentil à l’écran.

Je n’ai pas parlé de Appa ou de Momo ? Normal on les voit à peine cinq minutes montre en main…

On notera la présence d’Azula la soeur de Zuko dont le choix de l’actrice s’avère intriguant (elle a un sourire de psychopathe comme son homologue animé).

Combats / Décors / Effets spéciaux

Les combats sont hyper frustrants ! En effet, si les pouvoirs sont plutôt bien modélisés et que les techniques sont bien différenciées, on boudera l’aspect carton-pâte des décors et le manque de rythme et de crédibilité des combats. Étant un film “pour enfant” (je déteste dire ça mais bon…) vous aurez très peu de “violence” au sens propre et aurez plutôt droit à de belles chorégraphies (limite de la danse). Et à la fin de chaque combat (à quelques exceptions prêt) les gentils laisseront les méchants (qui attendent gentiment chacun leur tour pour prendre un coup) fuir retrouver leurs alliés…

On appréciera la qualité de la modélisation de l’eau (encore heureux) et on pleurera de ne pas avoir vu beaucoup de maitres de la terre qui s’annoncent les plus bourrins.

Ressenti général

The Last AirBender, le Dernier Maitre de l’Air était un des film les plus attendu de l’année et les craintes, notamment liées au choix du réalisateur se sont avérées fondées. Le film reste néanmoins un divertissement pour les fans (qui finiront frustrés) et les plus jeunes. M. Night Shyamalan (ou le studio) a d’ores et déjà annoncé une version longue du premier livre pour le DVD (avec la présence des guerrières Kyoshi) et le scénario du deuxième film est déjà terminé.

jayer

Jayer est le créateur de AMHA.fr
Souvent considéré (à mal) comme un adulescent , c'est tout simplement un homme qui vit au rythme de ses passions : BD, Dessins animés, Fantasy, jeux et du gros délire.