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Pourquoi il n'y aura JAMAIS de The Dark Knight Rises à la française

Pourquoi il n'y aura JAMAIS de The Dark Knight Rises à la française

Le film The Dark Knight Rises vient de sortir au cinéma et clôt une saga magistrale, celle de Batman, ou du moins “le batman de nolan”, comme certains l’appellent. Magistrale dans le sens où jamais film de super-héros n’avait eu une approche si sombre, si torturée, si viscérale de l’être humain

  • Rappelons qu’avant Batman Begins, on a eu Batman & Robin, dont George Clooney a encore plus honte que Thomas Dutronc d’avoir joué dans le film d’Alain Soral, c’est vous dire si Batman & Robin est une merde intergalactique
  • Et l’on se prend à penser à un équivalent français. Dans un rêve éveillé on imagine un film avec un scénario plus que décent, avec des rebondissements, des acteurs crédibles dans leur justesse de jeu..
  • Et là, le bât blesse. Un film comme TDKR, en France, aucune chance. Non seulement ça rime, mais en plus j’ai quelques raisons pour vous l’expliquer :

    Autrement dit, soit on a des films comme Polisse (dont je vous démontrerai plus tard les raisons de sa nullité), soit on a des Astérix et Obélix au service de sa majesté, qui même s’il n’est pas encore sorti, est finalement notre équivalent de super héros: Bah oui, le mec il a des pouvoirs surhumains et il vient d’une bande dessinée !
    Ce que je veux dire, c’est que soit on est dans le réel, soit on est dans l’iréel total. Jamais un peu des deux en même temps. On imagine pas Astérix avoir un côté sombre, par contre dans TDKR, il y a des moments de drôlerie. Alors que la vie, c’est pas ça.
    Vous me direz peut-être qu’Astérix est un mauvais exemple. Mais Astérix est un exemple concret de héros de bande dessinée dont la popularité continue d’exister à travers les films. (et peur-être le seul, finalement, quand on voit que Tintin, tout belge qu’il soit a été mis en images par un américain).

    Le cinéma français c’est surtout des films sur le réel.
    Vous les connaissez, de loin, ces films où l’héroïne est une parisienne troublée qui ne sait plus si elle doit coucher avec son amant ou rester avec son copain qui la trompe avec sa mère, et même qu’à un moment on la voit pleurer soit dans sa baignoire/soit sous la douche/soit devant le miroir
    de sa salle de bain ?

    Bah le cinéma français, c’est ça.

    Vous les connaissez ces films de famille où on voit toujours un pique-nique/un repas famillial/diner de noel où des membres de la famille en question ne peuvent pas se voir et où il y a toujours un cousin qui drague une cousine et où il finissent par dire “ah mais je savais pas que tu étais ma cousine” [Dédicace à Francky Vincent]

    Bah le cinéma français, c’est ça.

    On est mal barrés.

    • LES ACTEURS AMÉRICAINS JOUENT MIEUX QUE LES FRANÇAIS.

    L’exemple précis de la trilogie Dark Knight est révélateur. Entre Heath Ledger, monumental joker qui presque un peu mort à cause du rôle en question, Tom Hardy, qui au lieu de ne jouer qu’un bourrin, finit par donner à Bane un certain côté Lord Anglais, on peut dire que oui, les acteurs américains jouent mieux que les français. Et ce depuis toujours !
    A-t-on un homologue francophone de Bruce Willis ? (le premier qui dit Benoit Magimel, je le décapsule)
    A-t-on un Jim Carrey ? Je pourrais continuer encore longtemps ce questionnement non exhaustif des lacunes d’équivalences d’acteurs entre nos deux pays, mais je vais citer un seul et unique contre-exemple: José Garcia, c’est un peu notre Robert Downey Jr. (mais juste physiquement, et pas quand il joue Serge Benamou dans La vérité si je mens)

    Les acteurs américains jouent mieux parce qu’il y a une chose qu’ici en France on ne connait pas trop: l’implication. Etre dans un rôle 24h/24. Devenir celui que l’on joue. On entend souvent ça dans les making-of. Des phrases du genre: “quand Jim (carrey) a obtenu le rôle d’Andy Kaufmann, c’est comme si je revoyais Andy devant moi”… On a tous entendu ce genre de phrases ! enfin pour peu que l’on tienne devant les making-of toujours un peu suce-boules, mais quand il s’agit du Seigneur des anneaux ou même Matrix, ils ont le droit.

    Autre exemple de jeu d’acteur effroyablement efficace: les personnages de Sacha Baron Cohen (Hormis Ali G). Borat, Bruno et Aladdeen sont devenus des personnages que SBC a fait exister en dehors du cadre de la caméra. Et je pense qu’aucun acteur français n’a jamais fait et ne fera jamais ça.

    L’implication dont je parle, c’est aussi de l’immersion. Immersion dont certains se sentent(aient) exempts.. Je n’aurais qu’à citer cette phrase de Michel Serrault : “Pour jouer un fou, Robert De Niro passe quinze jours dans un hopital psychiatrique, moi j’en ai pas besoin”

    Pour en revenir à TDKR, la plupart des critiques, qu’elles soient bonnes ou mauvaises disent que Marion Cotillard joue mal.
    Donc Ouais, ils jouent mieux que nos acteurs.

    • LES ACTEURS FRANÇAIS JOUENT MOINS BIEN QUE LES AMÉRICAINS.

    Point qui ressemble un peu au précédent, Ouais, je sais, mais on a tellement des acteurs de merde qu’en plus d’expliquer pourquoi les ricains sont mieux, fallait aussi que je dise que les français sont craignoss.
    Bref, imaginons qu’un film comme ça se fasse. Oui Imaginons. Qui mettre dans la distribution ?
    Parce qu’un problème se pose: en France, un film sans têtes d’affiches a toute ses chances pour être un succès, mais aura des difficultés à se monter. A l’inverse, le dernier film de Christian Clavier avec Muriel Robin, Jean Réno et je-sais-plus-qui-mais-on-s’en-fout n’est pas à l’abri de faire un bide, mais m’est avis que la prod n’a pas eu de problèmes pour que le film se fasse. Le problème finalement c’est qu’on est dans une sorte de fonctionnariat des acteurs: Franck Dubosc (même s’il nest pas vraiment-vraiment acteur) jouera TOUJOURS LE MEME ROLE, il suffit de voir Bienvenue à Bord, Camping, et incognito, et plein d’autres.

    Et là je sais ce que vous allez dire.
    “Oui mais c’est pas pareeeeeeeil, Dubosc c’est pas un acteur, c’est un humoriste ! ”

    Et Robin Williams, il a commencé en tant que gardien de parking peut-être ?

    Des acteurs qui se remettent en cause, qui doutent, qui se remettent en question, en France on en a pas des masses. Un réalisateur avait proposé à Alain Delon (pas n’importe qui, vous en conviendrez) un rôle dans son film à la condition expresse que Delon se rase la tête pour camper le personnage. Alain Delon a refusé. N’est pas Bryan Cranston qui veut.

    J’ai malgré tout en tête un acteur qui a été parfait dans un rôle: Eric Elmosnino dans Gainsbourg, vie héroïque. Génial acteur. né pour jouer ce rôle !
    Le problème c’est qu’après le film… Bah moi quand je le voyais, je me disais “ah putain y’a Gainsbourg”

    Au finish, on a en France des acteurs un peu figés dans la cire d’un musée grévin construit durant les 30 glorieuses, et on arrive pas trop à en sortir.
    Mais le jour viendra où on aura un Edward Norton français.
    Mais pour l’instant on a Gaspard Ulliel.

    • LES SCÉNARISTES ? ON S’EN BRANLE.

    Oui ici en France, les scénaristes on s’en branle. La preuve: Vous les connaissez vous, les scénaristes de Louis la Brocante ?
    Non ? Bah heureusement. Par contre, J.J. Abrams, Damon Lindelof, Joss Whedon, Vince Gilligan… là, ça vous parle, n’est-ce pas ?

    J’aurais très bien pu faire un article qui se serait intitulé “Pourquoi il n’y aura JAMAIS DE Lost/24/Game of thrones/dexter/breaking bad/house/misfit /skins ” j’y aurai dit plus ou moins les mêmes choses, mais la télé, c’est encore assez différent du cinéma.
    Donc non, il n’y a pas de scénaristes dont l’oeuvre est assez inoubliable pour que la simple mention de leur nom fasse tilte dans nos neurones de spectateurs de “Joséphine Ange gardien”
    Et je clôturerai ce point assez rapidement vu que tout comme vous, aucun nom de scénariste français ne me vient.

    • TU VEUX DEVENIR RÉALISATEUR ? ALORS IL FAUT QUE TU SOIES RÉALISATEUR.

    Ce mignon paradoxe capillo-tracté m’a été narré par une personne dont je tairai le nom, mais qui est réalisateur pour la télé, il réalise une émission assez regardée, et il projette de faire du long métrage. On lui a expliqué gentiment que toutes ses réalisations pour la télé, c’est bien gentil, mais qu’il pouvait les rouler en boule et se les mettre là où il était possible de se l’enfiler parceque ça n’avait aucune légitimité pour travailler en tant que réalisateur au cinéma,
    et qu’il devait réaliser un court-métrage d’abord. Un peu comme ces diplômes québécois qui n’ont aucune valeur pour les instances universitaires françaises, vous voyez ?

    Bah voilà. Evidemment, je ne dis pas qu’il ne faut pas faire ses preuves. Mais cela démontre une certaine antipathie des milieux entre eux.
    Quoi qu’il en soit, ça prend du temps de faire tout ça, donc on finit par avoir des réalisateurs déjà du milieu, et certainement pas enclins à vouloir surprendre, tout installés qu’ils sont dans un système déjà assez sclérosé comme ça.
    Donc si tu voulais réaliser le film de ta vie, mec prépare toi, parceque tu vas devoir réaliser plein de trucs d’abord. (Petit Aparté, c’est quand même formidable ça, c’est comme si on devait faire un enfant “brouillon” avant de faire l’enfant qu’il faut, celui qui sera “le bon”)

    • IL FAUT RÉPONDRE AU CAHIER DES CHARGES.

    Le cahier des charges c’est les quotas. Le cahier des charges, c’est représenter les minorités dans le casting. Minorité qui se fera tuer à un moment, ou minorité “ressort comique” le syndrome Eddie Murphy. Bon ça c’est effectivement un cahier des charges américain. En France, il faudra (parfois) des jeunes de banlieue. Pas dans un film en costumes, encore que. Le cahier des charges c’est aussi des prérogatives de studio qui demandent:

  • pas d’armes
  • pas de gros mots
  • pas d’allusions à certains faits historiques et j’en passe
  • Inutile de dire que le cahier des charges n’autorise que très peu la possibilité de subversion…
    Et quand on répond au cahier des charges, c’est déjà qu’on a des producteurs… Mais !

    • LES PRODUCTEURS FRANÇAIS SONT FRILEUX. ET QUAND JE DIS FRILEUX, J’INSINUE QU’ILS N’ONT PAS DE COUILLES.

    Oui les producteurs français n’ont pas de couilles.
    Mais certains ne cherchent qu’à faire de l’argent. Les producteurs de Coco sont rentrés dans leurs frais alors que les spectateurs sont rentrés dépités.

    Et voici enfin le cercle vicieux et infernal de l’impossibilité de sortir un TDKR chez nous:

    •  Des talentueux scénaristes viennent de pondre le scénar de ouf dont ils avaient rêvé depuis des siècles
    •  Ils vont voir des producteurs, ça ne plait pas aux producteurs à moins que le scénario ne soit retravaillé pour répondre au cahier des charges
    •  Retravailler le scénario revient à changer les scènes et retravailler la cohérence du récit, donc pouf le scénar perd un bras
    •   Les Producteurs vont faire appel à un réal qu’ils connaissent, un de ces exécutants dont je parlais tout à l’heure
    •  Après tout ça, on pourrait se dire que le film est sauvé, mais il reste encore la censure ! Et oui, le cahier des charges est appliqué deux fois
      (au cas où ils auraient laissé passer un truc à leur insu)
    •  Le film sort. Les critiques sont mauvaises parceque le film n’a pas fait ce sur quoi on l’attendait (et pourtant le scénario de départ annonçait une bombe, et ne comportait pas les lacunes que les différents intermédiaires ont creusé soit en rajoutant ou en enlevant des choses

    Et ma conclusion sera celle-ci:
    Tant que le cinéma passera par des tonnes d’intermédiaires qui prendront pouvoir sur l’œuvre de l’auteur, un TDKR français est impossible.
    Christopher Nolan a su garder les manettes de son œuvre du début jusqu’à la fin.
    Et il semble qu’en France, il est rare qu’on puisse autant garder le contrôle à ce point.

    Voilà.
    Voilà pourquoi je pense qu’on n’aura JAMAIS d’équivalent de Dark Knight Rises chez nous.

    Mais ça, ça n’est que mon Humble avis 😉

    • Pourquoi il n'y aura JAMAIS de The Dark Knight Rises à la française #2
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