La Belle et la Bête - Chronique d'un navet annoncé.

La Belle et la Bête - Chronique d'un navet annoncé.

Pour ceux et celles qui vivraient sur une autre planète, ou dans une cave, je vous rappelle que la sensation du cinéma français de ce début d’année c’est l’adaptation par Christophe Gans (Le Pacte des Loups, Silent Hill) du conte la belle et la bête qui fut repris par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont au 18ème siècle.

Depuis le succès de ce conte intemporel, nous avons eu droit déjà à 8 adaptations dont l’excellente de Jean Cocteau et l’indémodable version de Disney. Gans signe donc la 9ème apparition du couple le plus étrange (un soupçon de syndrome de Stockholm mélangé à un amour des poils particulier) au cinéma. Quand on voit le casting Cassel/Seydoux on se dit que le choix est judicieux car tout en Vincent Cassel transpire la bestialité romantique tandis que Léa Seydoux est une véritable poupée à la peau laiteuse (les envolées lyriques de Balzi !) qui ne se laisse pas faire. De plus nous retrouvons André Dussollier dans le rôle du père. Et pour le reste ? Ben on s’en fout puisque tout le monde joue assez mal. Pire ! Même le duo principal n’est pas crédible et surjoue la majorité de leurs scènes ensemble.

Au final il n’y a que papi Dussollier qui s’en sort. Non seulement les personnages sont mal écrits, extrêmement caricaturaux, mais on a droit durant toute la première moitié à un jeu d’acteur d’un autre temps. Alors au début on peu trouver ça drôle car ça rappelle quelque classiques des années 40-50 sauf que très vite ça devient lourd. Hélas, c’est un trait que je retrouve dans beaucoup de films qui visent un public familiale. Comme si avoir un jeu d’acteurs décent allait perdre parents et enfants.

La Belle et la Bête - Chronique d'un navet annoncé. #2

Léa Seydoux (la Belle) nous conte donc son histoire avec autant de passion qu’un encéphalogramme plat. Pire ! La voix-off est présente durant TOUT le film. Pour vous faire sortir d’un univers il n’y a rien de mieux qu’une voix-off mal dosée. L’exercice est très difficile et si je peux comprendre la volonté de Gans et son équipe de jouer à fond la carte histoire avant d’aller au lit, je regrette que le procédé de la voix-off ait été aussi mal géré.

Et si seulement il n’y avait que ça.

Lorsqu’on voit la bande annonce on se dit que ça va être un très beau film, à l’esthétique enchanteresse mais qu’à part ça…cela semble un peu vide. Et c’est totalement le cas. Si on excuse un ou deux passages aux effets spéciaux pas très subtiles (quand vous verrez la  séquence de la biche, pensez à moi), l’image reste magnifique, parfois à couper le souffle mais j’ai envie de dire ENCORE HEUREUX !

De nos jours je ne pardonne pas à un film laid sauf si c’est une question de mini-budget ou que c’est une volonté de la part du réalisateur. Donc flatter l’image d’un film et ne se concentrer que sur ça pour dire que “Wouah c’est chouette !” c’est comme dire qu’une crêpe est délicieuse alors qu’on a gouté que le Nutella qui est dessus. Il faut savoir regarder au delà de l’emballage et c’est ce que j’ai fait avec la Belle et la Bête. Et pour tous ses défauts de scénario, de mise en scène et j’en passe et des meilleurs – je ne vais pas vous faire la liste de ce qui ne va pas dans ce film – : la version de Christophe Gans est un mauvais film qui en fait trop, à tous les niveaux. Je ne sais pas si on a lu le même conte tant il est évident que le réalisateur est passé totalement à côté du message original. Pire ! (j’aime dire ça aujourd’hui) il rend Vincent Cassel et Léa Seydoux insipides ce qui prouve que mêmes les meilleurs acteurs, sous une mauvaise direction peuvent être en deçà de leur performance.

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Pour infos : une 10ème adaptation est prévue pour “bientôt” avec Guillermo Del Toro aux commandes et Emma Watson dans le rôle de Belle (enfin je crois !). La vision unique du réalisateur sur les “monstres” associé au talent d’auteur Andrew Davies, qui signa d’excellentes adaptations des romans de Dickens pour la BBC, va apporter, j’en suis sûre, une plus value à ce conte que l’on connait déjà si bien. En attendant de l’avoir sous les yeux, moi je m’en retourne du côté de Disney pour aller faire la fête mais n’oubliez pas de vous faire votre propre et humble avis 😉

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La Belle et la Bête réalisé par Christophe Gans. Drame/Conte. Durée : 1h55

Sortie prévue le 12 Février 2014