Who watches the watchmen?

Si Hollywood persiste a traiter tous les comics possibles et imaginables sur le grand écran, on ne devrait pas tarder a voir fleurir toutes sortes d’adaptations bizarroïdes de types en collants pailletés défendant la veuve et l’orphelin, sourire Colgate a l’appui. En cherchant dans les super-héros célèbres pas encore adaptés, je parlais l’autre jour (a Philibert, mon ami imaginaire, sans aucun doute) en ricanant de Green Lantern, et quelle ne fut pas ma stupeur en découvrant que l’adaptation au ciné était déjà prévue! Enfin bref…

L’adaptation dont je vais parler est un peu particulière : il s’agit du roman graphique Watchmen – roman graphique est un terme utilisé outre atlantique pour désigner une BD sérieuse, en opposition aux comic-books qui sont, nous le savons tous, destinés aux ados pré pubères attardés et boutonneux – scénarisé par le grand Alan Moore. Connaissant le passif du monsieur – La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, V pour Vendetta, From Hell, … – vous adopterez surement mon point de vue quand au côté cynique et malsain des œuvres du monsieur. Watchmen ne dépareille pas avec le reste, et présente un univers uchronique sombre et fortement paranoïde.

Watchmen, c’est un team comics, une bande dessinée traitant d’un groupe de super-héros. Seulement, à la différence des 4 Fantastiques, on ne voit pas vraiment de super-pouvoirs ici : ces héros là sont humains, et c’est même le trait qui les caractérise le plus. Ils sont humains, avec leurs qualités, mais surtout leurs défauts : dépression, folie, désillusion… La grande majorité d’entre eux finit par péter les plombs en ouvrant les yeux sur le monde qui les entoure, un monde étrangement réaliste, a milles lieues de la brillante Metropolis ou de la sombre Gotham.

Ce monde est marqué par les années 60/70, la guerre du Viet-Nam, les relations internationales tendues avec l’URSS, la terreur de l’apocalypse nucléaire, le scandale du Watergate… La menace ne vient pas d’un empereur intergalactique tyrannique ou d’un sombre savant fou, mais de l’interieur : la corruption et la paranoïa sont les véritables ennemis des personnages centraux.

Bon, bon… Ça a l’air alléchant tout ça, on a l’air de s’éloigner des chefs d’œuvres du genre, style Superman Returns ou les 4 Fantastiques (encore eux?). En plus, c’est Zack Snyder qui le réalise (300, Dawn of the dead), et il a pas l’air si mauvais que ça, non? Le seul truc qui fait un peu peur, c’est le fait que le passage du comic book au grand écran, parfois, déforme sensiblement… non, massacre allègrement le produit original. Qui se souvient du somptueux The League of Extraordinary Gentlemen, qui ne gardait de l’œuvre originale que le nom des personnages? Ou du splendide Daredevil qui transformait l’oeuvre sombre et inspirée de Stan Lee (surtout a l’époque ou le scénario était tapé par Frank Miller et Roger McKenzie, passant de la série B au polar noir) en une insipide bobine molle bourrée de clichés? Mr. Snyder, tu as intéret a ne pas déraper.

God bless the United States of America.