Elles ont vu Star Wars 7 et nous confient leurs impressions…

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40 ans après la sortie du premier opus de La Guerre des Etoiles (renommé en 2000 A New Hope) et 10 ans après la fin de la seconde trilogie avec Revenge of the Sith, Lucas Art et Disney nous pondent un nouveau film, dont la pub et le marketing vantaient les mérites depuis plusieurs années déjà.

Elles sont quatres, toutes venues de divers horizons, tout âge confondu.

Nita, Kyo, Svetlana et Jeannine viennent d’assister à une séance privée de Star Wars 7.

Attention cet article raconte la quasi totalité de l’épisode 7
alors si vous ne l’avez pas vu… fuyez !

NB: Cette critique bien qu’humoristique et non assumée par certains de ses auteurs, révèle le ressenti globale sur ce film…

SW7 commence comme à l’accoutumé par le défilé d’un prologue écrit qui pose le contexte. 3 paragraphes écrit en jaune qui défilent sur un fond étoilé, et qui nous racontent que Luke Skywalker a disparu depuis plusieurs années et qu’un nouvel ennemi a fait son apparition dans la galaxie Le Premier Ordre, résurgence des cendres de l’Empire.

Cela commence plutôt bien, nous confie Jeannine, 64 ans retraitée de la Fonction Publique et grand mère, de sept petits enfants. Nombreux sont ceux qui furent profondément déçus par les aventures d’Obi Wan et de son padawan Anakin avec la sortie des films 1, 2 et 3, et c’est donc avec grande impatience que les fans inconditionnels attendaient la sortie de The Force Awaken, histoire de pouvoir rétablir l’équilibre de la Force suite au raté de Phantom Menace et de Attack of the Clones.

“Sans oublier cette horreur de Jar Jar Binks, glisse discrètement Kyo, 32 ans, tatoueuse professionnelle et vendeuse d’articles goth dans une boutique des halles.

La mise en scène des différents personnages est rapide, efficace. On assiste assez rapidement à l’entrée théatrale d’un nouveau seigneur Sith, Kylo Ren, au réveil d’un Stormtrooper, Fin, ainsi que les apparitions de Poe et Riley, l’un étant un pilote d’élite et l’autre une pilleuse d’épave.

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 Kyo se montre rapidement très critique.

“C’est un Disney, même si la situation est critique pour Riley, on apprendra bien à un moment qu’elle est une princesse. Pour le Stormtrooper, son nom de base, ‘FN’ est franchement moche. Heureusement, comme le suggère Poe, on l’appellera Finn, ce qui est beaucoup plus agréable mais un peu tiré par les cheveux. Heureusement que Poe est là, il relève clairement le jeu des acteurs. C’est un personnage très charismatique et agréable à regarder.”

Jeannine se montre plus satisfaite.

“Il y a un soin tout particulier à la cohérence visuelle de cet épisode avec la trilogie 4,5,6. Moins d’effets spéciaux sur fonds verts, plus de décors réels, beaucoup de costumes et de maquettes…”

“Il est vrai que les acteurs jouent bien, tempère Kyo finalement, entretemps, il suffisait peut être de dégager Georges Lucas du casting et tout serait allé beaucoup mieux.”

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Svetlana 27 ans et gérante d’un Night Club parisien claque de la langue. Ses lèvres sont pincées. Son expression de visage trahit comme un léger agacement.

“Les trois héros qui se retrouvent ensemble pour être poursuivis par le Premier Ordre, puis qui croisent sur leurs routes Han Solo et Chewbacca, font un bout de chemin ensemble avant de se faire à nouveau attaquer par Kylo Ren et ses troupes. Tout cela s’enchaine trop vite, sans vraiment aucun lien, sans cohérence, exprime la jeune femme. C’est l’ensemble du film qui me semble brouillon. Les personnages se rencontrent tous presque exclusivement par hasard. Soit, la Force fait bien les choses, mais quand même, c’est un peu gros. La bande va être sauvée in extrémis par l’Alliance, reconstituée autour de Leia. Là encore on enchaine les rencontres sans trop savoir où l’on va.”

Kyo exulte.

“La Princesse Leia a tenu tête à Dark Vador et voit sa planète natale exploser sous ses yeux en guise de punition pour son insolence, il n’y avait qu’elle qui pouvait reformer l’alliance !”

Nita, 45 ans, agent de propreté sur la place Clichy, s’exprime pour la première fois. 

L’intrigue est intéressante. On apprend aussi que Kylo Ren est le fils de Solo et Skywalker, et que contrairement à la bande annonce du film, seul Riley possède la Force, Finn ne fait qu’utiliser le sabre laser faute de mieux.”

“Sabre qu’il manie maladroitement du coup, mais cela est compréhensible, Finn ne souhaite pas spécialement vaincre son adversaire, il ne veut qu’échapper à une mort violente,” surenchérit Kyo.

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Le film enchaîne les scènes. On y découvre Kylo Ren en train de se recueillir sur les restes de son grand père, puis le face à face avec Riley et enfin sa confrontation avec son père Han Solo. Ces trois scènes ont visiblement fait réagir assez énergiquement nos invités.

“Les méchants de cet opus ressemblent vraiment à des méchants de Marvel ou de Disney. Je fais notamment référence au maitre de Kylo, Snoke, le leader suprême du Premier Ordre. Lorsque Kylo retire son masque il me fait penser à un adolescent sous hormones, qui pique une crise de jalousie sans que l’on sache pourquoi. En résumé un enfant qui ne mérite qu’une fessée et une privation de sortie, dommage qu’il maitrise la Force,” déclare Svetlana.

Nita est plus tempérée.

“L’attente était immense. Il fallait un ‘méchant’ capable de rivaliser avec Dark Vador. L’entrée en la matière de Kylo Ren n’a rien à envier à celle de son grand père. Il tue sans état d’âme, arrête un tir de blaster avec ses pouvoirs, camouffle sa voix et son visage à l’aide d’un masque effrayant. Il est à noter que Dark Vador finit par se repantir et redevient à la fin de Return Of The Jedi Anakin Skywalker.

Avec son ‘coming out’ de fin, on ne peut pas le considérer comme méchant à proprement parlé. Palpatine lui l’est. On pourra donc comparer ce dernier à Snoke lorsqu’on en saura plus dans les opus suivants. Il est par ailleurs intéressant de noter que Snoke est très probablement Dark Plagueis, le mentor de Dark Sidious alias Palpatine, qui assassina son maitre. Ce dernier serait probablement revenu d’entre les morts. Concernant le petit fils de Vador, ce dernier veut clairement reprendre le flambeau. Là où Anakin succombe au côté obscur par fourberie, Kylo lui veut s’y engouffrer à toute hate.”

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Kyo reste sceptique

“Moi, j’ai juste l’impression de voir un sociopathe qui veut tout détruire, et encore… Il épargne Poe après l’avoir torturé, mais apprécie de massacrer tout un village entier juste pour son propre plaisir. On dirait simplement un méchant débile en manque d’affection paternelle, une sorte de racaille des cités.”

“C’est là que l’on sent que quelque chose cloche, intervient Jeannine, le problème vient plus du fond que de la forme. Kylo joue en effet très bien son rôle jusqu’à la moitié du film. On découvre rapidement un adolescent sur le tard (Kylo a bien 25 ans passés), caractériel, incontrôlable et incontrôlé.”

Le film arrive au face à face entre Kylo et son père, amenant ce dernier à mourrir. Kyo exprime une déception amère concernant cette scène qu’elle estime ratée au plus haut point.

“Il faut comprendre que le Han Solo que l’on voit dans cet opus n’est pas le même que celui que l’on a connu quarante ans plus tôt. Ici notre contrebandier fait preuve de gentillesse et de tendresse avec Chewie, il aide Finn et Riley, leur donne des armes. Solo a quelque chose sur le coeur et cela se voit dès qu’il revoit Leïa. Il a comme une faute qui lui pèse terriblement. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la perte de leur fils qui a basculé vers le côté obscur. Solo semble avoir manqué à son devoir de père.

Il y a quelque chose ici de trop ‘cul-cul-la-praline’. Kyo marque une pause, en tirant une latte sur sa malboro avant de reprendre. Han Solo va se retrouver à poser des pains de plastiques pour sauver l’univers. L’endroit est symbolique. Il a toute son importance. Le lieu est énorme et abrite une mince passerelle au dessus d’un gouffre dantesque. Les principaux personnages, à l’exception de Poe, sont réunis. Tous les ingrédients sont réunis pour nous rejouer une scène similaire à la mort de Kenobi.

La passerelle sonne comme un lieu d’exécution. C’est également un clin d’oeil aux anciens épisodes. Pourquoi Ren avance t’il sur la passerelle ? C’est le signe clair d’une mise à mort va bien avoir lieu. Han Solo se découvre et avance vers son fils. Le bien devrait l’emporter sur le mal, mais nous avons ici un jeune face à un ancien, il ne fait quasiment aucun doute que le vieux contrebandier va mourrir.

Un dialogue s’entame entre le père et le fils. Ce dernier demande à son paternel lui venir en aide. Le contrebandier tente de reprendre le sabre de son fils. Accompagné d’un jeu de lumière qui passe du lumineux à l’obscurité, Kylo retourne sa veste et transperce Solo de son sabre. Il n’y a ici quasiment aucun suspense, aucune originalité.”

“Bien évidemment que l’on sait que Han Solo va mourrir,
réplique Nita, la question que l’on se pose est surtout de savoir quand et à quelle seconde ? De quelle façon exactement ? Cet opus n’avait pas forcément vocation à faire table rase totalement des épisodes précédents. L’abime, les jeux de lumières, les mises en scènes théâtrales ont toujours été des grands classiques de Star Wars.”

Ce qui m’agace profondément, ce n’est pas tant la mort de Han Solo, mais le combat qui s’ensuit entre Ren et Finn, puis avec Riley, dit Svetlana. Ren a le sang des Skywalker qui coule dans ses veines. Il a eu une formation de la part de son oncle et il a déjà prouvé à plusieurs reprises son aptitude à maitriser la Force. Pourquoi n’est il pas capable de tenir plus d’une minute face au commis des poubelles ? Finn parvient à lui faire face. Pire, Riley parvient même à le mettre à genoux. Soit, la Force est puissante en elle, mais elle n’a aucune pratique. Le combat est vraiment brouillon. Dark Vador n’aurait fait qu’une bouchée des deux.”

Il faut se souvenir que Ren vient de se prendre un coup d’arbalète wookie dans le dos, argumente Nita, cette arme est connue pour être la plus puissante de toutes les armes de la galaxie. Même Solo l’avoue. On voit d’ailleurs très bien du sang couler à ses pieds et se frapper le torse comme pour évacurer la douleur. Par ailleurs même si le sang des Skywalker coule dans ses veines, sa formation n’est pas achevée, Snoke est le premier à le dire. De plus, rien ne dit que le sang de Luke et d’Anakin ne coule pas non plus dans les veines de Riley. Ce serait même assez peu surprenant après tout. Elle semble tout de même partager certains souvenirs de Luke.

On arrive à la fin du duel entre Riley et Kylo. Kyo se pince le nez en secouant la tête.

“Qu’est ce que cette fin en carton ? Lache t’elle, d’où sort cette crevasse ? On dirait vraiment que les scénaristes de Disney sont des fainéants. Ca sonne la médiocrité intellectuelle. Ne pouvaient ils pas trouve une meilleure solution pour permettre à Kylo de s’enfuir ?”

Jeaninne revient un moment sur le combat entre Kylo et Riley ainsi que sur la mort de Solo.

C’est dans ces moments là où on assiste presque à une incohérence. Solo doit mourrir parce qu’il est le plus ancien. Mais Riley doit gagner parce qu’elle est la plus gentille. A croire que le fait que Kylo ai été à l’école de son oncle ne pèse en aucune façon dans la balance. A ce niveau d’incohérence, pourquoi ne pas avoir épargner le contrebandier. Il a été mon héros préféré dans la première saga, le vaurien de toute une génération, celui qui tirait le premier, sans état d’âme. Là j’ai comme l’impression que Disney a assassiné Solo. C’est la lacune en terme de méchant dans cette saga qui me gène. Le vide que Solo laisse est immense, et Ren avec sa défaite face à Riley, n’est pas près à le combler.

“Il faut laisser le temps au temps, intervient Nita, la mort de Solo est aussi une façon de permettre à Kylo de monter en puissance.”
“N’allez pas croire qu’on a pas aimé The Force Awaken, conclut Kyo, nous avons passé un bon moment et nous irons surement revoir ce remake de la première saga, qui nous rappelle de bons souvenirs. Le film est dynamique, punchy, rigolo, émouvant, autant qu’un film d’action peut l’être.
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Les acteurs sont bien castés et surtout ils jouent bien. L’actrice de Riley est excellente, Poe est vraiment appréciable. Finn est la caution courage et humour. Harrisson Ford sait convenable mourir lui, contrairement a d’autre (voir Marion Cotillard dans The Dark Knight Rise). Hélas le film bascule effectivement un peu avec Ren, sa une tête d’enfant martyrisé à l’école et ses oreilles qui doivent servir à la NASA pour capter des ondes gamas.

Disney avec sa profondeur habituelle et leur zeste d’élégance qu’on leur connait font appliquer la maxime à la lettre par Ren pour évoluer dans la vie : un moment dramatique, plein d’émotion et de stupeur, complètement inattendue et aussi chargé émotionnellement qu’un “Luke, je suis ton père… NOONNN!”