STUPEFLIP, un truc stupéfiant!

STUPEFLIP, un truc stupéfiant!

Depuis le début de AMHA, et surtout depuis qu’on s’est dit qu’on allait parler de musique, je mourrais d’envie de faire un article sur un de mes groupes préférés. Bien que celui-ci m’accroche beaucoup plus que nombres d’autres groupes que j’ai eu l’occasion de chroniquer, vous savez ce que c’est lorsque l’on veut parler de quelque chose que l’on aime: on veut que ca soit parfait, profond, bien écrit, et que ça donne envie.. Et du coup, on procrastine. Deux ans que AMHA existe et je n’ai pas encore eu l’occasion de parler de STUPEFLIP!

J’ai donc solennellement décidé de me faire flageller par Gyr avec des orties fraiches et de venir faire mon mea culpa en un article, pas forcément le plus long qui soit, ni le mieux écrit, ni le plus parfait, mais très certainement le plus enthousiaste que l’on puisse faire!

STUPEFLIP, un truc stupéfiant! #2

Pourquoi? Parce que après une looongue absence (5 ans!), le groupe mélangeant “Rock, Rap, et ritournelles de variété” le plus déjanté qui soit revient sur le devant de la scène pour vous en mettre plein la vue et plein la tête !

Mais d’abord, c’est quoi ce groupe de dingues?

Vous connaissez Stupeflip si vous avez eu l’occasion d’entendre il y a un certains nombres d’années la chanson “Depuis que j’fume plus d’shit” qui a littéralement inondé les ondes en 2002. Si vous aviez été attiré par ce groupe et que vous vous êtes procurés l’album, vous êtes alors tombé sur un OVNI qui n’avait quasiment rien à voir avec cette chanson auto-proclamée “commerciale”. Les morceaux alternaient (et alternent toujours) entre du gros son punk qui tâche et qui crie, une sorte de hip-hop déjanté et des morceaux totalement acidulés aux forts accents de supermarché. Une fois les premiers instants passés à définir en vain ce style de musique, vous vous attardez alors sur les paroles. Et là, vous tombez sous le charme (ou pas, si vous êtes du genre a préférer Mozart ou BB Brunes). Totalement décalé et tombant toujours juste, le groupe fait preuve d’une force évocatoire à la fois délirante et cynique que je n’ai pas encore trouvée ailleurs. Lorsque l’on vous dit que la musique demande “beaucoup de travail, comme pour un album d’asterix” on sourie de la comparaison totalement incongrue mais instantanément compréhensible. De même, les mecs “qui sont dans les boîtes” “et tout ceux qu’ont les mains moites” nous font tout de suite penser aux cadres et autres business men obsequieux, formatés et suants à grosses gouttes l’argent et l’apathie… Pour ma part je me représente tout de suite ce qu’ils font passer plus ou moins crument, et la pertinence de leurs propos fait toujours mouche !

Un univers recherché

Outre leurs textes que je trouve très forts, ce qui est avant tout excellent dans leur groupe est l’univers qu’ils se sont créé tout autour. Lorsqu’ils parlent de dates, ils utilisent le “calendrier Stupeflip”. Les dates rappellant les étranges mois de l’époque napoléonienne (Brumaire & Co) ne correspondant à rien, et les deux premiers albums sont deux “ères” du Stup, avec leur propre univers, leur propre cartographie (région Nord, Est..), et leurs propres personnalités. Chaque membre du groupe a plusieurs identités, plus ou moins chargées de références, comme Rascar Capac, King Ju, Mc Salo, Cadillac, Casimor, Reverbman, et j’en passe et des meilleures (chaque artistes a au moins 3-4 noms de scènes). Alors que le premier album pose les bases, le second reprend le thème d’une grande bataille de religion (contre “la maison de disques”) avec forces châteaux, félons et autres vilenies dévastatrices… Au fil des titres on se prend a tenter de deviner les différentes personnalités fictives éructant leur haine, leurs peurs et leurs délires au micro.

Inclassables ?

Leur style est donc très difficile a déterminer, et aux antipodes de ce qui peut faire un “succès commercial” à notre époque. Ils le savent, et ils en jouent. Résolument contestataires d’un système qu’ils comprennent, rejettent et exploitent à la fois, ils se lâchent dans des chansons sur notre belle et véreuse société. Leurs morceaux trash sont alternés avec des petites mélodies sur synthé jouées par Pop-Hip, le mouton blanc du groupe, qui rêve d’un monde meilleur ou les gens sont gentils, mignons et pleins de pognon… Il se fait d’ailleurs constamment pourchasser par les autres membres du groupe qui n’hésitent pas à lui lâcher les chiens dessus. Le fait est que malgré tout, ce sont souvent “ses” morceaux (“depuis que j’fume plus d’shit”, “dans les cages en métal”), plus légers et comiques, qui passent d’abord sur les ondes, comme une sorte d’avant-garde gentillette précédant un raz-de-marée sonore bien plus brutal. Le groupe le dit: Pop hip, c’est pour faire du fric. Totalement assumé et savoureusement cynique.

STUPEFLIP, un truc stupéfiant! #3

Pourquoi je vous parle de ça déja ?

Ah oui! Je me suis perdu au fil de ma diatribe.. Si je vous parle de ça, c’est que STUPEFLIP fait son come back! Pas de grosse maison de disque cette fois, Plastoq le business-man a rejoint l’équipe et il est temps d’envoyer chier la Fnac et ses prix verts. Pour annoncer une très certaine 3e ère du Stup, le groupe a ouvert son Stupermarché où vous pourrez trouver, entre autres, un DVD sur le Crou avec reportages, clips et hystérie collective. Du tout bon ! J’ai même retrouvé le concert ou j’étais il y a un bail (le meilleur show que j’ai vu jusqu’à ce jour, d’ailleurs). Pour reprendre leurs termes, “ce DVD est très bon pour vos cervelles malades d’êtres humains mais en aucun cas il ne vous délivrera les clés du mystère au chocolat. Si c’est ça que tu cherches lapin, ne l’achète pas.”

Si vous avez tout lu jusque là, c’est que vous êtes soit des beaux acharnés déjà acquis à la cause, soit des gens très curieux, ce dont je vous félicite. Stupeflip est très loin de plaire à tous, mais je pense que tous devraient l’écouter pour se faire une idée. Même si malheureusement beaucoup s’arrêteront surement à un son agressif et ne verront pas plus loin que le bout de leur nez. Pour satisfaire vos âmes intriguées, j’aurai bien mis une playlist Deezer mais “bizarrement” le groupe n’est pas dessus. Ils ne semblent pas avoir intégrés ce système depuis leur nouvelle politique de diffusion, étrange non?

STUPEFLIP, un truc stupéfiant! #4

Voilà, si vous voulez encenser mon article superbement écrit ou insulter copieusement mes goûts de chiotte, c’est juste en dessous dans les commentaires!

Stupeflipement vôtre,

Jim.

A regarder/écouter:

  • STUPEFLIP, un truc stupéfiant! #5
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