Raiponce : Disney tire sur la dread lock !

Raiponce : Disney tire sur la dread lock !

Novembre. La pluie, le froid, le temps gris… L’heure de ressortir vos moufles tricotées avec amour par Mamie Huguette, de se doper au chocolat chaud et de rester bien au chaud emmitouflés dans votre couette…

…Ou pas !

Comme à leur habitude, les studios Disney nous ont concocté leur traditionnel dessin-animé de Noël ! Au casting : une jolie ado reclue assoiffée d’aventures et de grand air, un brigand séducteur en cavale, une maman démoniaque liftée au botox et des cascades capillaires qui feraient pâlir Indiana Jones… Disney est décidément trop hype !

Raiponce est une charmante enfant née avec une toison blonde magique, ayant la vertu de préserver des ravages du temps ceux qui l’approchent. Attirant les convoitises au berceau, elle se fit kidnapper – bien sûr, sinon c’est pas drôle – par une vilaine chose toute vieille et toute fripée. Enfermée dans une  très haute tour, les hormones en ébullition, elle n’en sortira qu’au jour de son 18e anniversaire…avec l’arrivée de son prince charmant, d’jeuns brigand et séducteur kéké , fuyant la police à ses trousses !

Raiponce : Disney tire sur la dread lock ! #2

Bien que Disney nous offre avec Raiponce une variation sur le thème du détournement, vous serez déçus si vous imaginez que Raiponce va s’envoyer  en l’air le soir de ses 18 ans avec son beau hors-la-loi sans le sous, fumer des joints, braquer une banque et se lancer dans des initiatives capillaires sur la thèmatique dread locks ! C’est quand même une princesse Disney, et les princesses chez Disney, sont des femmes respectables !

Raiponce : Disney tire sur la dread lock ! #3

Toutefois, Disney innove  en nous présentant des personnages ENFIN un peu en lien avec notre temps, parodiant  – mais de très très loin, et avec des pincettes ! – des personnages et des névroses actuelles. Le personnage de Mère Gothel, maman castratrice et botoxée, condamnant sa fille à vivre enfermée afin de pouvoir rester éternellement jeune, en est l’illustration la plus frappante. Le prince charmant quant à lui est un séducteur loser, que Raiponce rembarre à la mode L’Oréal “Parce que je le vaux bien !” Quant à Raiponce elle-même, elle prend les traits d’un petit bout de femme en soif d’aventure et d’indépendance, qui refuse sa condition de femme d’intérieur et envoie valser les balais et les trousses de maquillage ! … Disney se mettrait-il à l’heure du féminisme ?

Raiponce : Disney tire sur la dread lock ! #4

Beaucoup d’imagination, d’humour et un grand esprit de parodie en somme…mais hélas, quelque peu renvoyés au placard pour faire rentrer le produit final dans les standards du Disney. Niveau animation, force est de constater que Disney a mis du sien sur le rendu de la fameuse chevelure dont Raiponce, en vraie cow-girl des temps modernes, manie comme un lasso pour piéger ses ennemie et défendre son beau prince ! Belle réussite également sur la traditionnelle féerie du happy end…mais le dessin reste lui aussi dans les standards : sympa, mais sans grandes innovations. Quelques scènes de baston sympa, des situations rigolotes…mais quand tous les personnages se lancent dans la chansonette, on se dit que Disney aurait vraiment pu se fouler un peu plus sur la musique et les paroles, qui desservent le film de manière assez radicale en le faisant tomber dans la mièvrerie mainstream typique de Disney…si vous n’êtes pas une fillette de moins de 8 ans et demi !

On accroche, mais on délire pas. Ça bouge, mais ça part pas en live. On sourit, mais pas de fous rires. On aime bien…mais on reste un peu sur notre faim.

Un bon Disney, en somme.

Sortie officielle en France le 1er décembre 2010

Véra,

En live du monde magique de Disney…