Cowboys & Aliens

En grand fan des films Pulp, une des sorties hollywoodiennes que j’attendais avec fermeté l’année dernière était la création de John Favreau au sémillant titre “Cowboys & Aliens“. Après des années de pratique du JDR Deadlands, je savais que le western pouvait admirablement bien se prêter au mélange des genres et à des cocktails improbables, et l’idée de voir des massacres de bétail et des abductions en plein far west me faisait salement de l’oeil…

Cowboys & Aliens

Malheureusement comme pour beaucoup d’autres productions j’ai loupé le passage en salles, et j’ai donc du attendre la sortie en DVD pour pouvoir rassasier mon appétit de cinévore ! Entre temps plusieurs de mes amis avaient pu le voir, dont Baaberith et Redwarp (qui n’ont pas fait de chronique les salauds!) et tandis que le premier m’assurait que c’était une daube, le second soutenait que c’était une bombe. Alors, qui dit vrai ?

Avant d’entrer plus en avant dans les détails du film, précisons qu’outre ce merveilleux titre (inspiré d’un comic book) le film avait pour lui l’atout de présenter également un casting assez prestigieux, avec ce bon vieux Indiana Jones en ancien combattant de la guerre de sécession et mon James Bond préféré (qui préfère cogner que parler) en protagoniste principal, armé d’un canon à plasma portatif. Yummy !

Cowboys & Aliens #2

Je dois dire que cela reste malheureusement les principaux atouts du film. Je ne tomberai dans aucun des excès de mes deux collègues AMHAesques, car le film n’est ni nullissime, ni une tuerie absolue même pour un fan de séries Z. Mes espérances n’ont été qu’en partie comblées. Ça commence très fort avec forces explosions de bovins, bagarres de saloon et envahisseurs envahissants, mais par la suite la trame de la chasse aux extra-terrestres se prend trop au sérieux tout en étant cousue de très gros fil blanc. L’équipe du film le dit dans les bonus du DVD, tout en conservant le côté pulp et le style grandguignolesque du comic, elle a voulu instiller une sensation de “réalisme” dans l’histoire et rendre l’histoire crédible pour une meilleure immersion…

Mais avec un titre (et un trailer) comme ça, qui veut d’un univers crédible ? Lâchez-vous un peu à Hollywood ! On est agréablement surpris par quelques trouvailles et effets spéciaux à gogo tout le long du visionnage, mais ce côté un peu “lisse”, conventionnel, saupoudré de bons sentiments et d’une histoire follement prévisible, empêchent le spectateur que je suis de prendre son pied au maximum.

Disons que nombre d’idées sont bonnes, mais, à mon humble avis, mal exploitées pour plaire à un vieux geek comme moi : soit très développées, soit pas assez.  Difficile de s’étendre plus sur le sujet sans vous dévoiler des pans de l’intrigue, mais on passe d’un projet qui aurait pu tout déchirer à un divertissement “sympa mais sans plus”. Mention spéciale à Daniel Craig qui illumine une bonne moitié du film avec ses attitudes de cow boy barbare au sang-froid implacable (après il devient trop gentil et faire du tir d’alien au pigeon c’est moins fun que le voir casser des phalanges).

Cowboys & Aliens #3Côté DVD, les deux making of sont corrects, on nous parle de l’idée d’origine et de certains effets spéciaux, ça se regarde vite et bien sans cependant révolutionner notre compréhension du film. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait une grande différence de contenu avec l’édition Blu Ray (une interview de plus peut-être), on choisira clairement ce dernier juste pour en avoir plein les yeux.

Pour résumer : un concept intéressant, un casting top, des bons effets spéciaux, quelques twists marrants, un début qui déchire, une intrigue convenue, quelques dialogues moches, du fun mais pas l’éclate, un blockbuster qui aurait pu se prendre moins au sérieux. A voir si vous aimez les films d’action et que vous aussi vous vous demandez si trouer la peau d’un alien avec six-coup ça peut marcher. Ah et par contre, tout de même recommandé à tout MJ de Deadlands, ça pourrait vous donner des idées !

FarWestement vôtre,

Jim.

P.S. : le titre français c’est “Cowboys et Envahisseurs”, mais comme je trouve ça moche (pourquoi avoir traduit?) je suis resté au titre en V.O. 🙂