Welcome to the Rileys, de Jake Scott

L’histoire bouleversante d’une tragédie familiale… le récit éblouissant d’une résurrection.

Welcome to the Rileys, de Jake Scott

“Wiley’s residence ?”, résonne mélodieusement la voix accueillante de Lois en décrochant le téléphone. Dans sa confortable maison de banlieue située à quelques kilomètres d’Indianapolis, Lois a tout d’une desperate housewife : la classe infinie d’une femme mûre qui a pris de l’âge en gardant des traits sublimes, le mari aimant mais s’enfonçant chaque jour davantage dans la dépression….et le désespoir. Car la “résidence Wiley” comme elle aime à l’appeler, est devenue, depuis la mort tragique et accidentelle de sa fille adolescente, la prison dorée dans laquelle Lois s’est condamnée à rester enfermée, rongée par le deuil et la culpabilité.



Face à la douleur et au mutisme de son épouse, contre lesquels Doug, impuissant, a cessé de lutter depuis de nombreuses années, il essaie de tirer de la vie les quelques petites miettes de bonheur qui de temps à autre, s’égarent sur son chemin. Le sourire, la gentillesses et la bienveillance de la serveuse d’un café, avec laquelle il entretient une liaison ; l’amitié de ses collègues de travail…

A l’occasion d’un voyage d’affaires à la Nouvelle-Orléans, Doug fera par hasard la rencontre d’une jeune fille de 17 ans, Mallory – fugueuse et strip-teaseuse de profession – qui réveillera en lui son instinct paternel et fera renaître le père, l’homme et l’époux qui étaient en lui, en entraînant son épouse dans cette étonnante résurrection.

Welcome to the Rileys, de Jake Scott #2

S’attaquant aux thèmes épineux du deuil et du délabrement de la vie de couple, Jake Scott signe avec Welcome to the Rileys un drame traité sous l’angle de l’après et du retour à la vie. Bien que le scénario de ce long-métrage aurait pu à maintes et maintes reprises tomber dans la facilité, Jake Scott guide la mise en scène de cette étonnante fable avec le talent et la dextérité d’un funambule. Ne tombant jamais à une seule seconde dans le pathos ou le mélo, le spectateur est certes d’abord un peu  gêné face à l’ambiguïté de la relation naissant entre le personnage de Mallory et de Doug.

Welcome to the Rileys, de Jake Scott #3

On craint la dérive voyeuriste et sentimentaliste tant l’exercice est subtil, mais James Gandolfini (personnage de Tony Soprano dans la série éponyme) jongle avec délicatesse et tact avec les figures de père, de protecteur et de confident dans l’interprétation du personnage de Doug, avec qui la jeune fille lie une amitié qui transcende leur différence d’âge et leurs classes sociales. Avec Kristen Stewart dans le rôle de Mallory, l’héroïne de la trilogie Twilight renvoie dans les filets nos préjugés et nos certitudes sur ses talents d’actrice : elle compose avec intelligence et raffinement un rôle d’ écorchée à vif avec une justesse peu commune. Se débarrassant de leurs préjugés respectifs, on voit l‘ado trash et l’épouse très BCBG renaître ensemble, retrouver l’une chez l’autre l’être perdu, et reprendre pied dans leur vie de femme.

Une fable mystique et contemplative filmée avec une virtuosité sans égal, un ode à la vie qui laissera sa trace dans le paysage du cinéma américain, quelque part entre La Chambre du Fils de Nanni Moretti, et l’American Beauty de Sam Mendes.

Vera,

live from New orleans.

  • Welcome to the Rileys, de Jake Scott #4