Kaboom, de Gregg Araki

Bada…Kabooooooom !!! Explosion d’hormones et de neurones garantie avec le dernier long métrage Gregg Araki, délicieusement sexy, flippant et…DEMONIAQUE !

Kaboom, de Gregg Araki

Pour ceux qui se souviennent de Smiley Face (2007) et du trip sous acides d’une jeune ado déjantée gavée de cup-cakes au LSD (Oui oui, chez Amha on est comme ça, on vous met direct dans l’ambiance !), vous retrouverez dans Kaboom la même touche teenage, kitsch et psychédélique traversant de bout en bout l’oeuvre de Gregg Araki. Dans son dernier film, le réalisateur nous ramène une nouvelle fois à nos college years, avec un teenage movie halluciné et dopé aux amphèt’, effaçant la frontière des genres.

Embarquement immédiat !!

Pour Smith, 18 ans, joli petit brun fashionista – et oh so gay ! –  l’heure a sonné de couper le cordon et de faire ses premiers pas sur le campus de l’université, terrain de jeu rêvé pour laisser exploser ses hormones en ébullition. Mis en scène avec humour et tendresse, les plans tournés à la manière d’extraits de journal intime nous font pénétrer dans la vie intime – voire TRÈS TRÈS intime ! – de ces jeunes étudiants californiens débridés et un brin narcisissiques, mais néanmoins attachants et bourrés d’intelligence. Gregg Araki filme, dans un décor Chupa Chups pétillant et coloré, la beauté et la vitalité adolescente des ses personnages, à l’époque cruciale que constitue leur émancipation vers la vie adulte. Tout va bien jusque là, mais les choses se gâtent lorsque les rêves juvéniles de Smith, étranges et angoissants, se multiplient. Entre rêve et réalité, une menace imminente va propulser les jeunes ados dans la vie adulte en les posant face à des choix décisifs les confrontant à leurs propres angoisses existentielles.

Kaboom, de Gregg Araki #2

Dans Kaboom, Gregg Araki revisite avec dérision le teenage movie en y rassemblant les ingrédients de base : la petite blonde sympathique mais légèrement nymphomane, le surfeur à 2 de QI, le jeune brun canon mais malheureusement homo, et les scènes de sexe désinhibées entre jeunes apollons et lolitas musclé(e)s et bronzé(e)s à la perfection. Bien qu’on aurait pu craindre, à la lecture du synopsis, une dérive  nombrilique vers une enième comédie adolescente américaine (oh, please, not AGAIN !!), Gregg Araki ajoute au genre, maîtrisé à la perfection, les ingrédients du thriller et du film d’exploitation des années 60-70, pour un rendu final totalement kitsch et déjanté…à prendre au 36e degré !

Kaboom, de Gregg Araki #3

Par ailleurs, l’immense talent d’Araki consiste également à jouer sur les différents niveaux  d’interprétation du film, ainsi que sur son pouvoir analogique. En dépit des considérations un chouilla superficielles de ces ados qu’Araki tourne en dérision, le cinéaste pose de manière sous-jacente de vraies questions : celle de la construction de l’identité, de la quête de soi, du rapport au père ou encore de l’angoisse suscitée par le passage à la vie adulte.

Kaboom, de Gregg Araki #4

Sauf que comme vous vous en doutez, il ne pourra pas faire ça comme tout le monde…pour notre plus grand bonheur ! Ce sera alors à coup de forces démoniaques, de sorcellerie lesbienne et de gros vilains étrangement affublés – qui raviront les plus geeks d’entre vous ! – que le réalisateur nous invitera dans une Odyssée freudienne, Araki style.

Une aventure loufoque, intelligente et totalement hallucinatoire.

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