Jean-Michel Basquiat: The Radiant Child

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Jean-Michel Basquiat: The Radiant Child

Le 36e Festival du Cinéma américain a déroulé hier matin le tapis rouge à Amha, avec à 11h00 la projection de Jean-Michel Basquiat : The Radiant Child, documentaire de 100 minutes réalisé par Tamra Davis. Consacrée à l’artiste graffeur et peintre new-yorkais, qui fut en son temps l’ami d’Andy Warhol et de Keith Harring, l’œuvre de Tamra Davis rend hommage à la carrière aussi brève qu’intense de ce jeune artiste afro-américain surdoué, pour lui rendre sa place au Panthéon de l’histoire de l’art contemporain underground made in USA.

Les images, dont le grain épais et la qualité assez grunge nous laissent deviner qu’elles furent tounées avec les moyens du bord, sont un témoignage poignant de la jeune Tamra Davis, alors jeune étudiante en cinéma, à cet artiste-bohême génialement inspiré qui fut son ami. Filmées en 1986 – soit deux années avant la mort tragique et prématurée de Jean-Michel Basquiat – elles ne furent à l’époque ni montées ni exploitées. « Enfermées dans un placard » par la cinéaste  trop bouleversée par la mort de son ami, Tamra Davis dévoile au travers de ce documentaire des images inédites de l’artiste, captant avec bienveillance, admiration et spontanéité le sourire tendre et confiant du  jeune virtuose déjà au sommet de sa carrière, caressant de sa caméra à trois-francs-six-sous le regard juvénile à la fois défiant et désinvolte de l’artiste adolescent.

Jean-Michel Basquiat: The Radiant Child #2

Tamra Davis nous plonge, avec ce documentaire visionnaire, au cœur de l’avant-guarde underground de la scène artistique new-yorkaise du début des années 80. Sur l’écran explosent des images fantasmées de New-York : ses fameux taxis jaunes se perdent dans un flou dans lequel on reconnaît les lumières de Times Square et l’ambiance de Manhattan… Des images filmées de rames de métro sublimement tagguées défilent pour laisser apparaître la ligne d’horizon de la Big Apple sur fond de be-bop et de jeunes vêtus à la mode fluo : on y est. On sentirait presque dans la salle les odeurs de hot-dog qui se vendent le long de Broadway, mélangées aux parfums d’une esthétique street art dont le spectateur voit renaître sous ses yeux les premières heures.

La cinéaste compose en un collage surréaliste les images d’archives et les témoignages plus récents de ceux qui furent, chacun à leur manière, les amis, les admirateurs et les mécènes de Jean-Michel Basquiat. De Suzanne, sa petite amie qui l’hébergea gratuitement et le laissa envahir son appartement de dessins et de taches de peinture, jusqu’aux directeurs de galerie et marchands d’art qui reconnurent en leur temps son génie et permirent à l’artiste de percer sur la scène artistique new-yorkaise, tous parlent avec amour, respect et fascination de celui qui devint pour beaucoup un mentor de l’art urbain.

Une œuvre pop-art, jazzy et vintage haute en couleurs, composée avec un talent égal à celui du prodige auquel elle tire son chapeau.

Vera.

P.S.: Vous trouverez dès demain quelques photos de la séance dans notre galerie Flickr, le temps de tout mettre en ligne!

  • Jean-Michel Basquiat: The Radiant Child #3