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Critique & Rétrospective : Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator !

Welcome too the Repooblik of Wadiya !!!

Critique & Rétrospective : Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator !

Et oui, Amha a eu la joie, le plaisir le KIFF MONUMENTAL de découvrir en avant-première le tant attendu dernier film de Sacha Baron Cohen : The Dictator.

Ô joie, Ô bonheur, Ô sort délicieux !!! Moi qui chaque soir, depuis la sortie de Brüno, gravait un trait sur les murs de mon impitoyable cellule, comptant un à un les jours qui me sépareraient de la sortie du prochain film de mon mentor de l’humour provoc’ et politiquement incorrect du grand Sacha Baron Cohen…

Critique & Rétrospective : Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator ! #2

Petite session de rattrapage pour les noobs qui auraient raté un épisode !

Critique & Rétrospective : Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator ! #3

Sacha Baron Cohen, humoriste british d’origine juive, s’est d’abord fait connaître en 1998 à travers le personnage d’Ali G, fils de ganster, bling-bling et bien débile, caricaturant la jeunesse urbaine londonienne à la mode wesh-wesh.

Le pitch ? Mener des interviews fictives à coup de questions débiles auprès de personnalités souvent de très haut niveau, et notamment politiques. En un mot, une sorte de Raphaël Mezrahi briton…mais le mode streetwear et Shooga’ Daddy vient remplacer le côté garçon sage et mou du genou de Mezrahi. Pas plus mal !!

https://youtube.com/watch?v=-a–u88goso

Passé depuis 2006 au long-métrage, The Dictator semble à première vue s’inscrire dans la digne lignée des deux films précédents de Sacha Baron Cohen, reprenant quatre ingrédients essentiels qui avaient fait le succès de Borat (2006) et Brüno (2008) :

– le “clash culturel” sans ambages, faisant ressortir les travers et l’hypocrisie de la société occidentale, et avant tout américaine ;

– le portrait trash’ et très borderline (ie. souvent raciste et caricatural !) d’un pays, d’une culture ou d’une minorité ;

– le format “documentaire fictif”, constitué à base de détournements d’archives d’info réelles, de caméras semi-piégées, d’incrustes sur des plateaux télé et autres événements V.I.P ;

– la post prod’ “à l’arrache”, avec a posteriori  le sentiment assez jouissif d’un cocktail délirant et d’un résultat bien cousu, malgré un scénario et un montage qui semblent brodés au fil de l’eau.

Ainsi, après le décapant Borat, documentaire fictif relatant les chroniques tordantes d’un Kazakh qui prend la route de l’Amérique pour se faire donner des leçons de civilisation par des Yankees puritains…

Critique & Rétrospective : Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator ! #4

Puis Brüno, le fashion-addict germanisant so gay parti conquérir Los Angeles pour devenir la nouvelle star du showbiz et de la mode…

Critique & Rétrospective : Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator ! #5

Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator, dans nos salles depuis le 16 mai. Promesse d’un nouveau docu fictif, piquant et relevé comme on les aime, l’homme-caméléon y prend les traits de nos plus beaux dictateurs du Moyen-Orient (Sadam, Kadhafi, Moubarak) pour leur tirer un portrait corrosif, décapant et à première vue, TRES prometteur !

Ou plutôt, c’est ce que promettait le trailer…qui constitue plus ou moins, de manière diluée, les vingt premières minutes du film.

Certes, ce sentiment est déplaisant. Mais on a tout de même tendance à accorder à Sacha Baron Cohen le bénéfice du doute, car on salive tout de même à découvrir ce dictateur, présenté de manière dithyrambique par Obama et les responsables de l’OTAN comme l’ultime menace et l’incarnation du mal absolu, à coup d’extraits de déclarations officielles détournées !

Mais au-délà de ce savoureux prologue, The Dictator s’enfonce de manière assez abrupte dans un format de film de fiction insipide. Étonnant, car le film semble partir d’un format rôdé et d’un pitch maîtrisé à la perfection…pour passer à une simple comédie de fiction, forme qui n’a pas semblé jusqu’alors retenir l’intérêt du réalisateur.

Critique & Rétrospective : Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator ! #6

Manque de matière brute ?

Il est vrai que deux réalisations comme Borat et Brüno ont du demander à l’équipe du film un travail de titan. Outre le côté très polémique des deux productions – sans évoquer les quelques soucis judiciaires qu’elles ont causées au réalisateur – il a pu être difficile, pour un artiste s’étant rendu célèbre par son sens de la polémique et de la provocation, de perpétrer ses crimes incognito et de pouvoir ainsi rassembler la précieuse matière brute qui a pu faire le succès de ses eux premiers longs métrages.

Hypothèse : le réalisateur aurait alors pu choisir de passer sur un mode fictif, dépeignant avec dérision un dictateur rassemblant les traits de nos regrettés Moubarak, Saddam et autre Khadafi. Mais hélas, le personnage du Dictateur ne prend pas, et on voit tout un tas de bonnes idées potentiellement hilarantes…laissées presque inexploitées.

Critique & Rétrospective : Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator ! #7

Manque d’imagination ?

Sacha Baron Cohen aurait-il alors une panne d’idées ? Est-ce que l’amorce aurait fonctionné, mais qu’au-délà de quelques bonnes piques, l’imagination du réalisateur se serait tarie ? Car aussi étonnant que cela puisse paraître, le personnage du Dictateur, tout comme le scénario, semble tout-à-coup tourner à vide.

Le Dictateur, par un tout de passe-passe scénaristique et une bonne dose de poudre aux yeux, se retrouve alors contraint de se faire passer incognito pour un réfugié politique…et se fait recueillir par une militante hippie-bobo-pro-Droits de l’Homme, qui essaye de lui enseigner le Bien, la tolérance, l’amour de son prochain…et la masturbation.

Oui, vous avez bien lu.

Critique & Rétrospective : Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator ! #8

Conformisme ?

A partir de ce stade, le film aligne les lieux communs des teenage movies pseudo trash, revisités cent fois : humour sous la ceinture en mode pré-pubère, d’une tristesse et d’une banalité à pleurer. On s’attendrait presque à voir le Dictateur pris en flag’ en train de se faire plaisir avec une tarte aux pommes. On espère que ça n’arrivera pas…et bam. Pas loin.

Mercantilisme ?

S’est-on servi du nom de Sacha Baron Cohen pour nous faire avaler un produit étiqueté comme tel, qui semblait faire de The Dictator l’ultime pièce manquant du tryptique ? C’est ce que le trailer nous fait miroiter. Et si c’est le cas, l’objectif de la production a été accompli. Car au-delà d’un excellent trailer dilué, la bonne heure-et-demi nécessaire au format “long-métrage” semble comblée de vent, avec un scénario qui aurait pu être écrit par une bande de pré-ados bourrés à la téqu’ paff.

Critique & Rétrospective : Sacha Baron Cohen refrappe avec The Dictator ! #9

Le faux retour de Sacha Baron Cohen ?

The Dictator laisse donc flotter derrière lui un arrière-goût d’inaccompli, d’inachevé, de promesse non-tenue.

Reste à espérer que Sacha Baron Cohen n’ait pas renoncé au format, au style et à l’humour dans lequel il excelle. Il nous faudra alors prendre notre mal en patience avant de retrouver son cynisme, sa hargne, son mordant, son sens de l’auto-dérision, son esprit corrosif plein d’intelligence et de clairvoyance, son sens de la provoc’ et du trash, qui avait tant rafraîchi le paysage de la comédie anglo-saxonne au cours de ces dernières années.

Véra, live from  the Repooblik of Wadiya

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