[Cinéma] Horns – Sexe, meurtre et démon !

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Oh putain il y a Harry Potter qui se fait pousser des cornes par le mec qui nous a envoyé des piranhas et une colline qui a des yeux plein le miroir ! Hein ? Daniel Radcliffe (aka Harry Potter) tourne pour Alexandre Aja (aka le réalisateur français qui s’éclate aux USA depuis le remake de La Colline a des Yeux en 2006).

Et de quoi que ça parle ? D’un mec Ig (Radcliffe) accusé d’avoir massacré la femme de sa vie (Juno Temple) et qui du jour au lendemain se voit affublé de cornes qui lui permettent de manipuler et faire ressortir ce qu’il y a de plus sombre chez quiconque l’approchant.

Adaptation d’un roman de Joe Hill (fils de…Stephen King) que je n’ai pas encore lu, je dois avouer que pour moi Horns c’est un gros OUI ! À l’avant première j’ai entendu pas mal de petits cons gens cracher dessus en reprochant une simplicité voire même un simplisme au film. Pfff!

Alors oui, effectivement quand on est un peu rôdé aux arcanes du thriller, on se fait vite une idée sur l’identité de l’assassin de la pure Merrin (incarnée par la lumineuse Juno Temple) mais le coeur de l’histoire réside dans le fait qu’un homme est au pied du mur, accablé par toute une ville qui est persuadée qu’il est l’incarnation du diable. D’où un gros symbolisme religieux du début à la fin, qui pour certains spectateurs et spectatrices manquait de subtilité. Sauf, que je ne crois pas que c’était fait pour être subtile. Encore une fois, je n’ai pas lu le roman dont est issu le film, mais en ce qui concerne Horns sur grand écran, je l’ai trouvé drôle, empreint d’une aura toute particulière, simple, efficace et très, très bien joué.

Daniel Radcliffe est parfaitement juste et semble tout à fait à l’aise dans ce registre, en apparence, différent. Car si le grand public le connait pour la saga Harry Potter, depuis on peut dire qu’il n’a pas chômé. Penchant plus pour un cinéma indépendant, il sait varier sa palette de jeu et ose prendre des risques. Pour le moment, je dirais que son rôle de Ig dans Horns est l’une de ses meilleures interprétations post-HP, même si à mon humble avis, la meilleure reste celle dans Kill Your Darlings aux côté de Dan DeHaan et Michael C. Hall. Daniel Radcliffe est un acteur qui n’a pas fini de nous étonner et qui cherche sans cesse à s’améliorer. Dans Horns, il est à fleur de peau, tour à tour beau, sexy (oui j’ai eu envie de lui faire des choses très sales pendant ce film), flippant, dégoutant mais surtout : crédible !

Daniel Radcliffe et Nagini

Le reste du casting n’est pas en reste avec Juno Temple, la beauté raphaélique par excellence, retrouvée morte au pied d’un arbre. Virginale, sensuelle et (je l’ai déjà dit) lumineuse, sa présence, le plus souvent invisible, imprègne tout le film. Au travers de flash back et de reconstitutions, on apprend à mieux la connaitre sans jamais vraiment la cerner. Son histoire d’amour avec Ig est puissante, passionnée et tragique. Elle est la cause de sa déchéance, se plaçant toujours à portée de main mais inatteignable, tout comme la vérité piégée dans le mystère de sa mort brutale. Juno Temple est une habituée de ce genre de rôle où elle incarne une sorte d’utopie féminine, intouchable et désirable. Elle danse, minaude et ses yeux brulent d’un feu sensuel presque irrésistible. Son duo avec Daniel Radcliffe fait des étincelles, et ensemble ils me rappellent un Clarence et une Alabama qui foncent tête baissée dans une True Romance implacable.

Et puis on a aussi Max Minghella qui ramène sa tronche de premier de la classe, et incarne le meilleur ami de Ig depuis l’enfance. Ce nom ne vous dit probablement rien et pourtant il a joué dans The Social Network, Agora, The Darkest Hour ou encore Les Marches du Pouvoir. Quand vous le verrez vous vous direz probablement “Ah mais oui ! Sa tête me dit quelque chose.” Il fait partie de ces acteurs excellents mais qui ne sont jamais sous les feux des projecteurs, de ceux qui embellissent un film de par leur présence sans qu’on retienne leur nom.

Horns c’est une histoire d’amour mais aussi une histoire de vengeance. Vengeance divine sur un mortel qui se détourne et blasphème contre Dieu, mais aussi vengeance d’un homme qui vient de perdre l’amour de sa vie qui doute de sa propre innocence.

Ig et Merrin (Horns)

Alexandre Aja laisse (un peu) de côté l’horreur et le gore qui le caractérisaient jusque là, pour nous conter une histoire d’amour tragique, un drame fantastique. Je pourrais vous parler pendant des heures du symbolisme religieux, de la tension qui va crescendo à mesure que les cornes du héros grandissent, où de ces moments (pour moi) apaisants où l’ont voit une armée de serpent ramper un peu partout durant le film mais je ne veux pas vous gâcher la surprise.

Horns est un film qui mélange les genres. On rit, on sursaute, on pleure, on vomit, bref! On vit ! C’est un film à part dans la filmographie du réalisateur comme dans celle de Daniel Radcliffe. Cependant j’ai des doutes quant à son succès potentiel, car le mélange des genres et l’omniprésence des symboles religieux balancés comme les tartes de Noël Godin, risquent de déplaire à pas mal de monde, d’autant qu’on n’a pas forcément une explication très claire à la fin sur le pourquoi du comment. J’espère aussi que l’armada de fan pré et post pubère qui veulent arracher les chemises de Daniel Radcliffe, vont faire monter le taux d’entrée, sans pour autant effrayer les fans d’Alexandre Aja car pour moi, Horns est un bon film avec une ambiance, une musique et une image qui envoutent et un casting qui dépote.

En attendant la sortie (car j’irais sans doute le revoir) je vais me procurer le roman et pourquoi pas vous en faire la chronique, et aussi faire de la place sur les murs pour l’affiche (l’avantage de travailler dans un cinéma 😉 )

Horns réalisé par Alexandre Aja. Drame/Fantastique. 2h03 (c’est précis)

Sortie prévue le 1er Octobre 2014

Super Balzi

Animal étrange résidant un peu partout dans l'univers, Super Balzi n'a de super que le nom. Mégalo, hystérique et carnivore elle s'enflamme pour tout et n'importe quoi et alors...plus rien ne l'arrête. (Source : National Geographic)