Saving Mr Banks: Superfragilisti-mouais

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Saving Mr banks est un film assez bizarre.

Plus fort que la prequel, pour surfer sur le succès d’une oeuvre précédente, on fait un making-of romancé avec une touche de biopic. Comme Pour Hitchcock, finalement (mais en beaucoup mieux).

Ici, il est question de la pré-production du film Mary Poppins. Ecrit par P.L. Travers, le roman Mary Poppins a connu un véritable “development hell” avant d’être finalement adapté au cinéma en 1962, plus de 20 ans après sa sortie. Pourquoi ? Comment ? Ce film nous l’apprend. Véritablement. On apprend TOUT. Pourquoi tel personnage est de cette couleur, pourquoi cet acteur a été choisi au lieu d’un autre, on apprend tout parceque le personnage de P.L. Travers détestait les films Disney et que submergée de dettes, elle a accepté à contre-coeur les avances desdits Studios pour adapter son roman en long-métrage.

Le film est semi-intéressant à ce niveau.

On apprend les changements qui sont effectués, mais à AUCUN MOMENT on n’aura l’envie de vérifier dans le film final. “Est-ce que c’est vraiment ça ? Est-ce que le numéro de la porte d’entrée a bien été changé ?” Pis, quand on connaît le film et qu’on entend P.L. Travers dire “Il n’y aura JAMAIS de pingouins en dessin animé dans Mary Poppins!!” On sait d’ores et déjà comment ça se passera. En fait, ce film est surtout une psychanalyse de P.L. Travers, australienne d’origine dont on voit en flash-back la jeunesse dans le bush Sydneyien (ça ressemble à Disney, t’as vu ?). La magie, la fantaisie de Mary Poppins lui viennent de son père, alcoolique mais rêveur -oui, c’est compatible- et même si l’on voit à un moment une personne ressemblant trait pour traits à Julie Andrews dans le film (vous suivez ?) Elle n’aura été qu’une petite source d’inspiration. Et c’est là où le film est trompeur.

On croyait qu’on allait découvrir une pseudo-Mary Poppins de chez les kangourous qui aurait été l’essence du personnage, et puis non. Ce n’est que son père. Dont je ne révèlerai pas les arcs narratifs, mais dont je peux au moins dire qu’il est joué par Colin Farrell.

Emma Thompson, dans le rôle titre de P.L. Travers (je me demande combien de fois j’ai écrit ce nom dans cet article?) est une anglaise acariâtre qui ne laissera rien passer à propos de l’adaptation de son oeuvre, et ce malgré son état de banqueroute. J’avais envie de la baffer quand je l’entendais hurler contre les idées des scénaristes de chez Disney. J’ai l’impression qu’elle joue toujours les mêmes rôles, cette femme.

Sinon, s’il y a bien quelqu’un qui est à saluer dans ce film, c’est tout de même Tom Hanks qui campe un Walt Disney plus que crédible, même si l’histoire n’est pas centrée sur lui. Il fait partie des meubles dans cette Californie brillante et neuve des années 60, tout brille et tout est beau, avec un minimum de background, puisqu’on le voit fumer et tousser, comme un clin d’oeil des scénaristes pour nous dire “vous avez vu hein ? On a bien retranscrit le fait qu’il allait mourir du cancer du poumon 5 ans après” *wink*

Saving Mr Banks n’est pas un mauvais film, mais peut-être -vu son sujet- un très bon téléfilm.

Je vous le conseille, quand même. Mais uniquement si vous êtes fan de Mary Poppins.

Et même si on l’a tous vu étant enfants, kiffe-t’on tant ?

GaneshDeux

On m'a invité pour que je fasse du mystère, je suis l'invité mystère