[GUEST] [CD] Mano Solo à l’Olympia

En fin d’année dernière est sorti le disque du dernier concert de Mano Solo : son live du 12 Novembre 2009, à l’Olympia. On a donc retrouvé, deux ans quasiment jour pour jour après cette date,   une partie des chansons qu’il a interprétées ce soir là. Petit retour en arrière sur une sortie qui a fait du bruit.

Ce concert faisait partie de la tournée du chanteur pour son dernier album,  Rentrer Au Port, sorti le  29 Septembre 2009.
On a le plaisir de retrouver l’artiste, accompagné de l’ancien guitariste de la Mano Negra, Daniel Jamet, du grand accordéoniste malgache Régis Gizavo  (que l’on a entendu notamment avec I Muvrini et Cesaria Evora), et du claviériste/trompettiste Fabrice Gratien ! Des musiciens d’exception qui ont donné aux deux derniers albums de Mano Solo, In The Garden et Rentrer Au Port leur couleur musicale particulière.

Alternant des chansons du dernier album et des chansons plus anciennes,  le live mélange douceur et passion. La puissante énergie de Mano Solo y cohabite avec des moments plus mélancoliques et intimistes, et toujours cette voix reconnaissable entre toutes, une voix de gamin amusé, ou celle d’un gars jamais fatigué de nous gueuler sa passion pour la vie et pour l’amour, avec toujours ce bagout naturel qui peut évoquer le Renaud des années 80 (un Olympia pour moi
tout seul).

A quatre sur scène, et dans une grande complicité, la bande nous emporte dans un tourbillon  d’images et de voyages.  Sur le disque, l’enchaînement des chansons semble nous raconter une histoire, où chaque musicien apporte ses propres  couleurs à l’ensemble.

Le disque débute  par la chanson éponyme du dernier album, Rentrer Au Port, avec ce refrain : « Les rues ne sont que des fleuves  de feu, où se consument les amoureux », et cette mélodie qui chaque fois  -est-ce un hasard ?- me rappelle l’intro de Nathalie, de Bécaud. Premières notes d’accordéon de Gizavo, et la guitare de Jamet qui déroule son solo électrique… cette chanson d’introduction sonne comme une chanson de marin, elle semble s’écouler paisiblement comme un fleuve qui ferait son lit dans les rues de Paris…jusqu’à l’Olympia.
Le voyage se poursuit avec la chevauchée musicale Aimer d’amour … Au galop ! « Aimer d’amour, être celui ou celle qui pourra vivre ; être celui en selle qui pourra suivre la chevauchée que son cœur a construit, la montagne de rêve et tous ses fruits».  On poursuit alors avec Des Années Entières, qui nous montre Mano sous un jour romantique :

« je sais bien que c’est la guerre et qu’aucun n’a son repos, mais j’ai jamais cru en l’enfer, et la vie reste un cadeau. Se battre des dix doigts pour le rêve d’une peau de satin n’a pas d’égal dans l’univers, au moins faisons le bien.  D’une vie entière inutile, il n’y aura eu que l’amour qui brille, ou peut-être bien mes petites chansons de merde pour y croire » encore ».

Puis viens le magnifique Tu m’as Vu,  et son crescendo entrainant, puis  des chansons plus anciennes alternant avec d’autres plus récentes, un mélange de rythmes, d’ambiances et de sentiments, une succession de chansons variées, dont je vous laisse le soin de la découverte, et qui permettront  à certains de découvrir l’univers de Mano Solo, qui est ici loin du « chanteur déprimant » dont beaucoup de gens ont l’image. Ceux qui connaissaient déjà revivront ce moment avec émotion, nostalgie, ou une immense joie de réentendre la voix perçante de ce grand artiste.
Le live se termine par l’enchaînement de trois chansons : le traditionnel Shalala , repris en chœur par le public ; puis deux  chansons,  qui surprendront  ceux pour qui Mano Solo chante surtout la douleur et le mal de vivre: d’abord, Chaque Matin, déclaration d’amour à celle qui partageait sa vie, puis Je n’y Peux Rien, chanson apaisée que l’on trouvait sur les Animals. « Je n’y peux rien, j’aime tant la vie que chaque jour elle recommence, je n’ai  cherché qu’une voie pour adoucir les violences ». Une dernière chanson se trouve en piste cachée à la fin du disque, je vous laisse la surprise !


Le disque ne contient malheureusement pas l’intégralité du concert, mais il permet de retrouver Mano Solo, le peintre des sentiments, dans ce qui restera comme un excellent concert dans la mythique salle qu’est l’Olympia, qui plus est sa dernière performance, avant son décès, en Janvier 2010, à l’âge de 46 ans.
Chose très importante à préciser :
L’intégralité des bénéfices du disque seront reversés à  Fazasoma, petite association que Mano Solo connaissait bien et soutenait depuis longtemps, et qui œuvre pour venir en aide aux enfants de Madagascar.
Plus d’informations ici.  :
A noter que Mano Solo avait créé sur le net un journal participatif qui continue de vivre aux rythmes des publications des netteurs. Rendez-vous pour ça sur son site !
Quant au disque, il est en écoute ici !

Paulopipouf.