[Cinéma] The Revenant – Pitié ! Ne donnez pas son Oscar à DiCaprio !

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À moins d’être complètement éloigné de la planète ciné, tout le monde sait que lorsqu’un film sort aux alentours de la saison des remises de prix et surtout autour des Oscars, si sur l’affiche on aperçoit la bobine de Leonardo DiCaprio c’est parce qu’il cherche encore à obtenir sa statuette dorée.

Malgré son immense talent, sa carrière sans fausse note et sa belle gueule, la muse des années 2000 de Scorsese n’arrive toujours pas à l’avoir son mec à poil couvert d’or mais pourquoi ? Les rumeurs vont bon train disant que c’est un immense $&§o* et qu’il est punit mais je ne pense pas que ça soit la raison car soyons honnêtes, Hollywood est rempli de $&§o* qui remportent un ou plusieurs Oscars. Des fois on donne même la statuette à des gens qui ne la méritent pas pour l’oeuvre grace à laquelle ils étaient nominés (oui je parle de Jennifer Lawrence pour Happiness Therapy !)

Cette année la cérémonie étant teintée de racisme (que des blancs nominés ça fait un peu tâche en 2016) donc je me dis que ces couillons sont fichus de donner ENFIN son Oscar à DiCaprio pour faire passer la pilule…mais bordel PAS POUR THE REVENANT !

Synopsis : Hiver 1823, Hugh Glass (Leonardo DiCaprio), un trappeur américain est attaqué par un grizzly puis laissé pour mort par ses compagnons. Mais l’homme refuse de mourir et s’accroche à la vengeance qu’il ourdit contre John Fitzgerald (Tom Hardy), celui qui assassina son fils devant ses yeux.

Réalisé par Alejandro Gonzàlez Iñárritu qui est sur un nuage hollywoodien depuis l’immense succès critique et public de son Birdman l’an dernier, revient avec un film encore plus attendu et excitant encore. Au casting Leonardo DiCaprio donc et surtout Tom Hardy qui offre là une des meilleures performances de sa carrière. On a aussi la joie de retrouvé Domhnall Gleeson (Ex Machina, Harry Potter, Star Wars 7) tout à fait convaincant en jeune capitaine d’expédition et Will Poulter qui a vraiment une implantation de sourcils…particulière.

The Revenant s’inspire de faits réels mais alors dans les largeurs ! Il faut savoir que la véritable histoire de Hugh Glass n’a jamais été écrite ni vérifiée car il n’y avait tout simplement pas de témoins lors des faits. On sait que c’était un homme avec qui il était souvent difficile de travailler (tiens ça me rappelle un certain acteur…) qu’il était lettré (pour l’époque c’était pas rien), qu’il n’a jamais été marié et encore moins eu un fils métisse amérindien ce qui change complètement sa quête de vengeance !

L’histoire de Glass fut relayé à l’époque par un jeune homme en mal de succès littéraire et très vite entra dans la légende de la Frontière.

Dans toute inspiration ou adaptation il y a une part de liberté légitime car il faut bien que ça fonctionne à l’écran. Mais la véritable histoire de Glass aurait donné une autre texture à The Revenant, un autre impact si le scénario n’était pas tombé dans la facilité en “cautionnant” sa quête de vengeance parce qu’on a tué son marmot (et en insistant à travers des flash backs onirique sur la vie de merde qu’il a eu avant ça).

Le film dure 2h30 ce qui en soit n’est pas étonnant étant donné le sujet et le contexte du film mais bon sang que c’est long, que c’est mou !

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Iñaritu part dans du semi-contemplatif (à croire que le consultant s’appelait Terrence Malik !) avec de longs plans fixes de paysages qui servent régulièrement de transitions. On comprend qu’il veuille mettre en lumière le côté majestueux du décor nord américain, qu’il souligne la solitude de l’homme face à la nature omniprésente et toute puissante, mais va pas non plus nous mettre toute ta panoplie de fond d’écrans HD ! Non seulement ça casse le rythme du film mais ça détend la tension à distance qui se construit entre Glass et Fitzgerald. C’est bien dommage car la mise en scène un coup Glass/un coup Fitzgerald nous permet d’avoir non seulement deux points de vue en parallèle, mais d’anticiper la rencontre qui sera forcément violente, implacable et sans doute jouissive. On n’attend que ça !

En même temps c’est le pitch du film et sans vous spoiler mes braves, laissez moi vous dire que la rencontre n’arrive que très tardivement et qu’elle n’est pas à la hauteur des attentes. En tout cas elle fut loin des miennes.

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Le film s’enlise dans une mise en scène ampoulée et une succession de plans qui laisse une impression de déjà vu très désagréable. Comme si on assistait à un Into The Wild de la vengeance qui se prend très au sérieux sans pour autant offrir quoique ce soit d’original ni de fort en émotions.

The Revenant est un beau film, c’est certain, mais c’est très conventionnel, se déroulant bien tranquillement sur une piste balisée familière aux spectateurs. Si ce n’était pour la prestation de Tom Hardy, qui incarne la colère froide et le salopard à merveille, j’aurais bien piqué du nez sur cette histoire de quête de vengeance qui camoufle en réalité une recherche ardente de rédemption. Sans déconneeeer !

Pour en revenir à la prestation de DiCaprio, je dois bien avouer qu’il n’est pas mauvais (il ne l’est jamais) mais il n’est pas non plus brillant. Son jeu est le minimum syndical qu’il puisse fournir alors que d’ordinaire – et sans être une fan – c’est un acteur qui s’empare du personnage, l’incarne jusqu’au bout des ongles si bien que jamais je ne peux imaginer qui que ce soit d’autre à sa place. Là, et encore une fois c’est peut-être lié au personnage de Glass pour lequel j’avais zéro empathie, ça aurait pu être joué par n’importe quel autre acteur hollywoodien, même moins sacré que le monstre DiCaprio. Et c’est pour ça qu’il ne devrait pas avoir sa statuette pour ce film.

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Dans The Revenant le personnage de Hugh Glass est tout simplement lisse. Il n’a pas vraiment de défaut mais il n’a pas non plus de qualité particulières si ce n’est une certaine pugnacité et beaucoup de chance.  De plus on est supposé admirer son instinct de survie et sa force inébranlable puisque sa quête de vengeance est parfaitement cautionnée dès le début.

Je me répète mais si le scénario avait mis de côté cette histoire de fils meurtri injustement, on aurait eu un protagoniste plus profond, un anti-héros poussé par un instinct de survie macabre puisqu’il aurait voulu tout simplement venger sa gueule car n’a pas apprécié d’être laissé pour mort dans le froid glacial des montagnes. Hugh Glass nous aurait alors confronté à notre nature animale la plus primitive avant, pourquoi pas, d’évoluer vers un être à la conscience plus claire (ce qui fut le cas en vrai). The Revenant aurait alors été un film surprenant, prenant des risques et qui nous aurait mis mal à l’aise car nous aurions été dans l’incapacité de discerner le gentil du méchant et nous serions restés accrochés à nos sièges, bouillonnant d’impatience de connaître le dénouement d’un affrontement inévitable, motivé seulement par un instinct animal et somme toute parfaitement humain.

The Revenant un film de Alejandro Gonzàlez Iñárritu. Drame/Thriller. Durée 2h36

Sortie prévue le 24 Février 2016

Super Balzi

Animal étrange résidant un peu partout dans l'univers, Super Balzi n'a de super que le nom. Mégalo, hystérique et carnivore elle s'enflamme pour tout et n'importe quoi et alors...plus rien ne l'arrête. (Source : National Geographic)